Fincantieri retenu pour la reprise de STX France


L'italien Fincantieri a été retenu mardi 3 janvier par la justice sud-coréenne pour la reprise de STX France, officiellement mis en vente, tout comme son actionnaire majoritaire, en octobre.


Les chantiers de Saint-Nazaire vont changer de mains pour la troisième fois en moins de dix ans © STX France
Les chantiers de Saint-Nazaire vont changer de mains pour la troisième fois en moins de dix ans © STX France
Seul candidat à avoir déposé une offre pour reprendre la filiale florissante du groupe sud-coréen STX Offshore and Shipbuliding, Fincantieri a été retenu pour reprendre le chantier naval de Saint-Nazaire par le tribunal de commerce du district central de Séoul, chargé d'examiner la procédure de redressement judiciaire de sa maison-mère. Le constructeur naval italien basé à Trieste compte près de 19.000 employés.
Revendu à STX en 2008 par le Norvégien Aker Yards qui l'avait racheté en 2006 à Alstom, le dernier fleuron naval français, avec ses quelque 2.600 salariés, a un carnet de commandes rempli jusqu'à 2026 : quatorze paquebots de croisière à construire, mais aussi des sous-stations électriques dans le domaine des énergies marines renouvelables.

Minorité de blocage pour la France

L'arrivée prochaine d'un nouveau propriétaire met fin à une longue période d'incertitudes sur l'identité du repreneur de STX France, dont l'actionnaire majoritaire se débat depuis des années avec des pertes croissantes provoquées par une gestion défaillante et une demande mondiale en berne. Mais avant qu'un accord soit signé pour acquérir 66,6 % de STX France, Fincantieri doit encore se mettre d'accord sur un prix d'achat avec le groupe sud-coréen et entrer en discussions avec l’État français, qui en détient le tiers restant, et dispose d'une minorité de blocage.
"On est désormais fixé, mais ce n'est pas demain qu'on repeindra le portique aux couleurs italiennes. Il y a encore quelques étapes à franchir" et des interrogations sur une possible entrée au capital de l'industriel français DCNS ou d'armateurs, souligne Christophe Morel, délégué CFDT chez STX France. Les craintes des syndicats du chantier naval sont loin d'être levées, tant sur le plan industriel et stratégique que sur la question de l'emploi. "On ne sait toujours pas comment Fincantieri va nous faire fonctionner, quelle stratégie ils vont développer pour les chantiers", déplore François Janvier, délégué CFE-CGC, pour qui l'arrivée du constructeur italien "n'est pas la meilleure nouvelle possible".

Craintes de transfert de technologie

Pour Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée Force ouvrière (FO), "c'est une grosse déception". Le syndicat, qui réclame de longue date la nationalisation du chantier naval, estime qu'il est "encore temps pour l’État d'intervenir", en mettant en place la loi Montebourg de protection des entreprises stratégiques.
Les syndicats s'inquiètent qu'à moyen terme des synergies soient mises en place pour "supprimer des postes en doublons" entre Fincantieri et STX, qui réalisent tous deux des paquebots de croisière, mais aussi des navires militaires. Autre crainte des syndicats, un transfert du savoir-faire français vers la Chine, Fincantieri ayant signé il y a quelques mois un accord de transfert de technologie avec un groupe chinois, et, à plus long terme, une délocalisation de la production.

"L'État doit défendre la poule aux œufs d'or"


Majoritaire chez STX France, la CGT entend demander au secrétaire d’État à l'Industrie Christophe Sirugue, attendu le 5 janvier à Saint-Nazaire, "des garanties en terme d'emploi et un véritable plan de développement sur trois à cinq ans au regard du carnet de commandes", explique son secrétaire général, Sébastien Benoît. "Cette poule aux œufs d'or, il faut la défendre", assure-t-il.
Fincantieri, qui se présente comme le principal constructeur naval occidental, a construit plus de 7.000 navires en quelque 230 années et compte parmi ses clients des croisiéristes mais aussi de nombreuses marines étrangères, dont l'US Navy. Il compte vingt sites répartis sur quatre continents. Le groupe italien visait pour 2016 une croissance de ses ventes de 4 à 6 % par rapport à l'année précédente et un bénéfice net, contre une perte de 175 millions d'euros en 2015.

Anne-Sophie Lasserre

Mardi 3 Janvier 2017



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