Flambée mondiale des cours des céréales et oléagineux


Les records tombent tous les jours : l'invasion russe de l'Ukraine a conduit à une envolée totalement inédite des cours des céréales et des oléagineux, et a bouleversé les routes traditionnelles des grains qui cherchent désormais à contourner la mer Noire.


© GPMR
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"Ce sont les montagnes russes", ose un courtier qui suit le cours du blé sur Euronext : record battu le 24 février 2022, jour de l'invasion russe, puis à nouveau les 28 février et 1er mars.

En séance le matin du 2 mars, maïs et blé sont arrivés quasiment à parité, autour de 370 euros la tonne sur l'échéance de mars, "à un niveau jamais vu" en Europe, souligne Damien Vercambre, du cabinet Inter-Courtage.

Après la sidération, les marchés se rendent compte qu'on entre dans du "long terme", souligne Arlan Suderman, économiste au sein de la plateforme de courtage StoneX. "Les marchés tentent de réallouer les approvisionnements [...] et pour l'instant, c'est surtout la peur qui domine", explique-t-il, alors que Russie et Ukraine sont deux exportateurs majeurs.

Au septième jour du conflit, la mer d'Azov était totalement fermée à la navigation et quelques chargements russes étaient en cours sur la mer Noire, mais avec des chances minces de débouchés.

"Est-il raisonnable aujourd'hui d'envoyer des bateaux charger en mer Noire au milieu des navires de guerre ? Les opérateurs réfléchissent à deux fois", souligne Sébastien Poncelet, analyste au cabinet Agritel (Argus Media France). Et "depuis que plusieurs navires ont été touchés par des missiles, les primes d'assurance ont fortement augmenté", abonde Arlan Suderman.

Tensions sur le tournesol et le blé

Le produit "le plus sensible" est l'huile de tournesol, dont l'Ukraine assure la moitié du commerce mondial, ce qui représente 14 % des échanges des huiles végétales, soulignent les analystes.

"Cela va être très compliqué de remplacer le tournesol : la crise est arrivée dans une situation déjà très tendue sur ce marché, avec des récoltes insuffisantes pour l'huile de palme en Asie, après les campagnes catastrophiques de colza au Canada et une tension grandissante pour le soja du fait de la sécheresse en Amérique latine", résume Sébastien Poncelet.

La Russie et l'Ukraine représentent 30 % du commerce mondial de blé : les importateurs, notamment l'Égypte, cherchent de nouveaux approvisionnements.

Pour Alan Brugler, de Brugler Marketing and Management, les acheteurs vont se tourner vers la France et les États-Unis, plus marginalement l'Australie. L'Inde peut être un recours pour les marchés asiatiques. S'il reste des stocks au niveau mondial, la situation pourrait très vite se tendre.

"Dans l'hémisphère nord, nous n'avons pas encore commencé à planter certains produits clés. [...] Et nous commençons à subir une sécheresse historique dans la ceinture de blé d'hiver du Kansas, de l'Oklahoma et du Texas", explique Michael Zuzolo, président de Global Commodity Analytics and Consulting.

Inquiétudes sur le maïs

"Normalement au printemps, ce sont plus de 3,5 millions de tonnes de maïs par mois qui sortent d'Ukraine", rappelle Sébastien Poncelet. En Europe – importatrice nette – des pays comme "les Pays-Bas se tournent vers la France, mais le surplus de maïs français ne dépasse pas les 400.000 à 500.000 tonnes : il n'y a vraiment qu'aux États-Unis qu'il y a encore de solides réserves", explique-t-il.

Or les États-Unis prévoient cette année "une légère baisse des superficies plantées, au profit d'autres cultures plus rentables" comme le soja, le blé ou le coton, indique l'économiste Arlan Suderman.

Le Brésil, qui planifie actuellement ses semis, étend ses surfaces de maïs en réponse à la flambée des cours, et pourrait être un recours pour la prochaine campagne.

Pour tous ces produits, seuls "deux éléments peuvent arrêter la hausse des prix : un apaisement de la crise et un rationnement de la demande" qui n'interviendra qu'à un très haut niveau de prix, estime Sébastien Poncelet.

Sur Euronext, le 2 mars 2022, le prix du blé tendre progressait de 21,50 euros à 372,75 euros la tonne sur l'échéance de mars, et le maïs gagnait 15 euros à 355 euros la tonne sur la même échéance. Le colza perdait 1,75 euro à 824 euros la tonne sur l'échéance de mai.

À la Bourse de Chicago (CME), peu après l'ouverture, le prix du blé de variété SRW atteignait 10,59 dollars le boisseau, en hausse de 7,62 % pour le principal contrat à terme, avec livraison en mai. La hausse était bloquée par les limites fixées par le CME pour contenir la volatilité du marché. Le maïs était lui en progression de 1,89 % à 7,39 dollars le boisseau, et le soja en baisse de 0,68 % à 16,78 dollars.

AFP

Jeudi 3 Mars 2022



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