Flexiloire doit trouver son modèle économique


Lancé le 16 janvier 2018 entre Nantes et Montoir-de-Bretagne, le service fluvial Flexiloire vient d’être inauguré en grande pompe, le 18 avril, au pied du pont de Cheviré, à Nantes. Ce nouvel outil logistique doit aussi contribuer aux enjeux écologiques du territoire métropolitain.


Pierre Vermande, directeur des Transports "oversize" d’Airbus, Jean-Pierre Chalus,  président du directoire de Nantes-Saint-Nazaire Port, Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole, David Samzun, président de la Carène, Françis Bertolotti, président du conseil de surveillance de Nantes-Saint-Nazaire Port © F. Thual
Pierre Vermande, directeur des Transports "oversize" d’Airbus, Jean-Pierre Chalus, président du directoire de Nantes-Saint-Nazaire Port, Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole, David Samzun, président de la Carène, Françis Bertolotti, président du conseil de surveillance de Nantes-Saint-Nazaire Port © F. Thual
Rodé depuis le 16 janvier 2018, le scénario s’est déroulé sans encombre sous un soleil radieux devant les objectifs des caméras : chargé par Airbus avec des morceaux de l’A350, le convoi exceptionnel a descendu la rampe, viré doucement sur le ponton et embarqué à bord du "Jules Verne", une barge de 860 tonnes, guidé par un pousseur, affrétés par la Compagnie ligérienne de transport (CLT), filiale du groupe CFT (Compagnie fluviale de transport). Demi-tour sur la Loire et cap sur Montoir-de-Bretagne, que le chargement rallie en 3 à 4 heures de navigation, selon l’humeur des marées. L’avionneur, qui a revu ses schémas logistiques, s’est engagé, sur cinq ans, à assurer au moins 240 rotations par an. Une base qui doit permettre de faire émerger le modèle économique de ce nouveau service de logistique fluviale, fruit d’un partenariat public-privé.
Après quelques tentatives ratées, Nantes-Saint-Nazaire Port y réfléchissait depuis cinq ans avant de lancer les études de faisabilité il y a deux ans. Porté, cette fois par les transitions écologique et énergétique engagées sur le territoire, le projet a trouvé des vents porteurs. "C’est l’une des trente initiatives retenues à l’issue du Grand Débat engagé sur le rapport de la Loire, de la métropole et des habitants, rappelle Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole. Alors, on a décidé d’expérimenter et de soutenir l’amorçage de ce nouveau service". Les collectivités de Nantes Métropole (60 %) et de la communauté d’agglomération nazairienne (40 %) se sont engagées à couvrir un déficit maximal de 420.000 euros HT sur cinq ans. Un moyen d’amorcer la pompe de la navigation fluviale industrielle sur la Loire. À la Compagnie ligérienne de transport, ensuite, de faire en sorte que le modèle économique devienne viable.

Une évidence pour Airbus

Partenaire de CLT depuis dix ans, Airbus, qui jusque-là effectuait 70 rotations par an, se dit en phase d’accélération pour permettre la livraison de dix avions A350 par mois, soit 240 rotations par an, au rythme d’un à deux colis par jour, sur cinq à six jours par semaine. "L’intérêt, c’est qu’on travaille le jour et qu’on transporte la nuit. C’est un gros avantage par rapport à la route. On va monter en puissance progressivement dans les semaines et les mois à venir. Notre objectif est de réduire nos volumes sur le trafic routier", explique Pierre Vermande, directeur des Transports "oversize" d’Airbus, qui a fait de Saint-Nazaire l’un de ses hubs logistiques. "Le fluvial est devenu une évidence pour Airbus. Nous l’avons déployé à Hambourg, à Bordeaux, en Angleterre. Nous allons faire de même dans quelques semaines aux États-Unis pour relier un territoire fluvial et maritime".  

"L’intérêt, c’est qu’on travaille le jour et qu’on transporte la nuit"

       
Pour Lenaïk Le Faou, directrice de la CLT, dont l’investissement revient à 5 millions d'euros pour l’acquisition de la barge, du pousseur et des équipes, il s’agit de construire la pérennité financière du service. "Nous travaillons pour inscrire ce schéma logistique dans la durée et tentons de convaincre d’autres chargeurs de l’utiliser. On fait le pari d’opérer et d’équilibrer un service multi-sites et multi-filières à trois ans", dit-elle. D’ores et déjà, les hypothèses émises en faveur du transport de déchets verts entrant dans l’expérimentation d’un procédé de co-combustion de biomasse à la centrale de Cordemais lui semble encore très prématurées. "On a besoin de trouver un alignement de principe, résume-t-elle. En revanche, nous étudions le transport de déchets et matériaux de construction pour le CHU de Nantes et la mutualisation de ce service", suggère-t-elle, au regard d’une seconde barge pouvant être mise en service et accueillir 100 camions ou 170 conteneurs équivalents vingt pieds. "Une solution qui intéresse vivement la société Cupa Stone", a indiqué Ana Carballeira, directrice logistique de la multinationale, spécialisée dans l’extraction de pierre. Présente dans neuf pays, celle-ci exporte vers 70 territoires dans le monde. "Pour 2019, notre ambition est de proposer un service de pré et post-acheminement de conteneurs qui permettra de se connecter aux lignes maritimes existantes", précise Lénaïk Le Faou. Une offre rive Nord-rive Sud serait également à l’étude pour le transport de colis de grand gabarit. Ce qui permettrait d’alléger les trafics routiers des ponts de Saint-Nazaire et de Cheviré. Et de satisfaire aux enjeux économiques de Flexiloire et écologiques du territoire.

Frédéric Thual

Mercredi 2 Mai 2018



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