LGV POCL : une longue marche sans garantie de succès


La LGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon mobilise les élus auvergnats, qui y voient une initiative obligatoire pour désenclaver l'Auvergne, mais l'aboutissement de ce projet n'est toujours pas garanti.


© RFF/GIRAUD Philippe
© RFF/GIRAUD Philippe
La future ligne à grande vitesse (LGV) Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est encore loin d'aboutir, avec des embûches sur la voie. Première de ces embûches : le coût d'un tel projet qui se chiffre entre 12 et 14 milliards d'euros, somme considérable que les cinq régions intéressées ne pourront certainement pas trouver seules. "J'ai toujours dit que nous n'avions pas le premier centime et que ce n'était finançable ni par le gouvernement ni par les collectivités sans l'aide forte de l'Europe", souligne le président de la région Auvergne, René Souchon.
Le préfet de région, Éric Delzant, a été mandaté par le gouvernement cet été pour devenir le coordonnateur du projet, qui mettrait Clermont à moins de deux heures de Paris contre près de quatre actuellement. Il a annoncé le 3 octobre la mise en place d'une nouvelle convention prévoyant des études complémentaires d'une durée d'un an. Il s'agit d'"une nouvelle étape d'environ un an, au cours de laquelle les études et la concertation permettront d'affiner le scénario final", a-t-il expliqué. Une nouvelle convention a été signée entre l’État, RFF et les cinq régions concernées (Auvergne, Bourgogne, Rhône-Alpes, Île-de-France et Centre), qui répartit entre ces trois entités à parts égales le coût évalué à 3 millions d'euros de ces nouvelles études.
Mais cet été, le gouvernement a remis en cause de futures lignes à grande vitesse pour cause de rigueur budgétaire, l'incertitude planant depuis sur plusieurs LGV dont cette ligne POCL.
Outre M. Souchon, qui est l'une des chevilles ouvrières du projet, le président du Conseil général du Puy-de-Dôme, Jean-Yves Gouttebel, en est aussi un soutien fervent. "Mon sentiment est que la LGV POCL est une impérieuse nécessité". "Il nous faut une LGV qui traverse le Massif central, c'est essentiel pour le développement économique de la région", dit-il. MM. Souchon et Gouttebel voient cependant un atout maître dans le fait que l'actuelle LGV Paris-Lyon risque l'engorgement d'ici quelques années, rendant nécessaire la construction d'une nouvelle ligne. "L'idée de la ligne POCL est née d'un constat de la SNCF que le Paris-Lyon allait être saturé d'ici 2020-2025 et qu'il fallait trouver une alternative. À partir de là, plusieurs sont montés au créneau. Moi-même, d'autres", affirme M. Souchon. "Le déterminant a été la loi Grenelle de l'environnement de 2009 qui a acté la nécessité d'une POCL en alternative au Paris-Lyon. La loi l'a actée. À partir de là la procédure s'est enclenchée", insiste-t-il.
Mais tous ne sont pas sur la même longueur d'ondes. Ainsi Michèle André, sénatrice socialiste du Puy-de-Dôme, estime que "dans la situation actuelle de nos finances publiques, ce sera difficile". "On peut vivre sans TGV. Je ne suis pas certaine que nous ayons l'argent et je me demande où on va le trouver", ajoute-t-elle. La sénatrice explique que le changement de gare d'arrivée de la ligne existante Clermont-Lyon à la gare de Paris-Bercy plutôt que la gare de Lyon depuis décembre 2011 a irrité bien des Auvergnats. S'ajoutent à cela des matériels roulants vétustes qui tombent régulièrement en panne et le tableau ferroviaire auvergnat est sombre. "On est malheureux. La SNCF nous a trompés", dit encore Mme André. D'ici l'ouverture éventuelle de la nouvelle LGV entre 2025 et 2030, il y aura encore plusieurs étapes dont un accord entre les régions sur le tracé. Clermont est déterminé à sa battre pour une LGV qui soit la plus proche de la capitale auvergnate.

Pierre-Antoine Donnet

Lundi 12 Novembre 2012





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