La Norvège projette le premier tunnel pour navires


Ressuscitant un vieux projet voulu par l'Allemagne nazie, la Norvège ambitionne de construire un tunnel pour navires, le premier de ce genre au monde selon ses promoteurs, destiné à éviter des eaux extrêmement périlleuses que redoutaient déjà les Vikings.


© Stad skipstunnel
© Stad skipstunnel
Le gouvernement norvégien a annoncé vendredi 12 avril qu'il allait mettre de côté 1 milliard de couronnes (133,6 millions d'euros) en vue de creuser au pied d'une montagne le tunnel maritime de Stad, du nom d'une péninsule du Sud-Ouest du royaume réputée difficile pour la navigation. D'une longueur de 1.700 mètres à travers une langue de terre, la galerie permettra de relier deux de ces fjords qui sont la marque de fabrique du pays. "Le projet contribuera à accroître la sécurité et la navigabilité" dans la région, a fait valoir le gouvernement. Estimée à 1,6 milliard de couronnes, la construction devrait commencer au plus tôt en 2018, après des études complémentaires veillant à garantir l'intérêt de l'infrastructure, et durer quatre ans.
Ailleurs dans le monde, des tunnels pour péniches existent déjà, comme sur le canal du Midi en France, mais celui de Stad serait le premier à pouvoir accueillir des navires de grosse taille - d'une jauge brute de jusqu'à 16.000 tonneaux - transportant fret et passagers. "Ce sera le premier tunnel au monde par lequel pourront transiter de gros bateaux comme des cargos ou l'"Express côtier"", le célèbre navire de tourisme qui croise le long du littoral norvégien, a déclaré Ottar Nygaard, maire de la petite municipalité de Selje et responsable du projet.

"Cette idée a germé dès les années 1870"


La mer du Nord est souvent démontée au large de la péninsule et bon nombre de navires doivent attendre une accalmie avant de pouvoir passer au large. Déjà à leur époque, les Vikings, pourtant navigateurs émérites, hésitaient à emprunter ces eaux et préféraient hisser et faire transiter leurs embarcations par la terre. Selon un décompte du groupe Nordvest Fjordservice, la zone a été le théâtre de 46 accidents ou quasi-accidents qui ont coûté la vie à 33 personnes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
L'idée d'un tunnel n'est pas nouvelle. Elle a germé dès les années 1870 et, pendant l'Occupation, les nazis ont sérieusement envisagé de lui donner corps mais la fin de la guerre les en a empêchés. Mais elle ne fait pas l'unanimité. Une étude a mis en cause la viabilité économique du projet l'an dernier et des chercheurs estiment qu'il ne s'impose plus. "C'était une bonne idée autrefois quand les navires étaient petits et passaient relativement près des côtes où la mer est la plus dangereuse", estime le Pr Knut Samset de l'Université norvégienne des Sciences et des Technologies. "Aujourd'hui les navires sont plus gros, plus sûrs et vont plus au large. Les graves accidents maritimes sont de l'histoire ancienne", écrivait-il l'an dernier. Selon lui, le projet est désormais surdimensionné et risque de servir essentiellement à la navigation de plaisance.

Décongestion des routes côtières

Mais Ottar Nygaard n'en démord pas : "Le tunnel est justifié d'un point de vue socio-économique", assure-t-il, en faisant valoir que l'étude ayant conclu au contraire avait omis de prendre en compte de nombreux facteurs tels que le tourisme et la réduction du temps de transport du saumon vivant dans une région largement tournée vers l'aquaculture. Il devrait aussi permettre de reporter vers la mer une partie du transport routier et de décongestionner les étroites routes côtières d'une partie des poids lourds, ce qui représenterait en outre un gain environnemental.

Pierre-Henry Deshayes

Lundi 15 Avril 2013





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