La croisière, un marché qui continue de croître


Contrairement à d'autres secteurs du shipping qui se sont toujours montrés très volatils, la croisière poursuit sa croissance à bon rythme. L'Isemar a publié une note sur un marché très concentré.


L'"Allure of the Seas", le plus gros paquebot du monde, construit à Saint-Nazaire et ici au port de Marseille © Franck André
L'"Allure of the Seas", le plus gros paquebot du monde, construit à Saint-Nazaire et ici au port de Marseille © Franck André
Selon la dernière note de synthèse de l'Isemar, 300 navires de croisière sillonnaient les mers du globe en 2017, soit 0,38 % de plus qu'en 2016.
"Les commandes de paquebots n'ont jamais été aussi nombreuses. Entre 2018 et 2027, on comptera 122 navires de plus, soit un tiers de la flotte actuellement en service, pour un montant de 71 milliards de dollars et 288.668 couchettes supplémentaires", écrit Camille Valero, auteure du document.
Elle note un réel engouement pour les très grands navires. Quant aux paquebots de taille intermédiaire, ils ont tendance à se raréfier. "Le véritable changement réside dans l'augmentation spectaculaire du nombre de couchettes ainsi que du tonnage de ces navires", souligne le document. À l'instar des porte-conteneurs, les navires de croisière sont de plus en plus grands. Le phénomène du gigantisme a débuté dans les années 90, observe l'auteure de la note. "De 5.000 passagers aujourd'hui, on en prévoit 8.500 demain et 10.000 après demain", relève-t-elle.

Le gigantisme au rendez-vous

Tout comme dans le transport de conteneurs, l'objectif est de réaliser des économies d'échelle en comprimant les coûts d'exploitation. Un phénomène qui a également des conséquences pour les ports qui, "s'ils ne veulent pas se voir disqualifiés par les compagnies de croisière, doivent investir dans les infrastructures d'accueil", indique l'Isemar. Certains d'entre eux se trouvent dans une impasse car ils ne peuvent pas supporter de tels investissements. "Le rapport de force semble déséquilibré entre, d'une part, quelques compagnies qui jouent la concurrence à plein et, d'autre part, des ports qui souhaiteraient aboutir à une vision commune et équitable du marché de la croisière", explique l'auteure du rapport.
Et de poursuivre qu'en 2017, les compagnies de croisière ont dépensé 5,6 milliards d'euros dans les chantiers navals européens, soit une hausse de 22,4 % par rapport à 2015. Un total de 65 paquebots de plus de 2.000 passagers figurent dans les carnets de commande des chantiers navals pour des livraisons d'ici à 2027, soit une valeur totale de plus de 59 milliards de dollars.

Un marché très concentré

L'Isemar relève que le secteur de la croisière est un marché très concentré. Carnival Corporation & PLC détient à lui seul 50 % des parts de marché mondiales avec neuf marques, dont le leader européen Costa Croisières. Carnival décline son offre entre des prestations "bon marché" proposées par Aida et Costa et des prestations dites "haut-de-gamme" avec Cunard.
Les trois autres grands acteurs de la croisière sont Royal Caribbean Cruise Line (24 % de parts de marché), Norwegian Cruise Line (9 %) et MSC Croisières (7 %). Le chiffre d'affaires du secteur a bondi en dix ans dans le monde. Il est passé de 23 milliards de dollars en 2007 à 38 milliards en 2017, écrit Camille Valero.

"65 paquebots de plus de 2.000 passagers dans les carnets de commande des chantiers navals"


Selon la note de l'Isemar, les Caraïbes et la Méditerranée concentrent encore 50 % du marché de la croisière. Les Caraïbes avec la Floride, les Bahamas, les Bermudes représentent 40 % des parts de marché mondiales du secteur. Avec plus de 4 millions de passagers par an, les trois premiers ports du monde sont en Floride.
L'Isemar ajoute que le marché de la croisière dans les Caraïbes croît lentement (+ 2,5 % par an depuis 2005), pendant que l'Amérique du Nord recule (- 0,8 % par an). Quant à la Méditerranée et l'Europe du Nord, ces secteurs profitent d'une embellie (+ 8 %) et la zone Pacifique assoit sa place dans le monde (+ 12,2 %).
La note de synthèse souligne qu'en Europe, "la Méditerranée occidentale reste la destination la plus prisée, avec 25,9 millions de passagers pour 2017". Le volume de croisiéristes a augmenté de 33 % depuis la fin des années 2000. Barcelone, Rome-Civitavecchia et Palma de Majorque sont les trois ports leaders dépassant les 2 millions de passagers.
En Europe du Nord, Southampton concentre la moitié du nombre de croisiéristes de la zone avec 2 millions de passagers embarqués. Hambourg, Kiel et Rostock se partagent 585.000 passagers. Les 410.000 autres sont répartis entre les ports scandinaves et ceux du Benelux.
"Être un port tête de ligne suppose d'avoir à proximité un aéroport international ainsi que des autoroutes. Une bonne desserte multimodale est impérative. Cette multimodalité est devenue d'autant plus vraie avec le développement des compagnies aériennes low cost", ajoute Camille Valero.
Elle observe en revanche que les destinations d'Amérique du Sud souffrent d'un déclin depuis 2012 pour des raisons d'instabilité politique, de crises économiques et sociales. À ses yeux, ces destinations sont devenues moins compétitives avec la mise en place de lourdes taxes et pour raisons de cherté de l'escale.

Vincent Calabrèse

Mercredi 26 Septembre 2018



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