La filière portuaire et maritime appelée à s’unir face à la cyber-menace

Face à la cyber-menace, le Cluster maritime français (CMF) encourage le secteur à s’unir autour de la cyber-menace et à participer au financement de ses projets.
Selon le Secrétariat général de la mer, 83 % des entreprises du secteur portuaire et maritime s’estiment exposées à la cyber-menace contre 18 % il y a deux ans, et seules un tiers s’estiment capables d’assurer elles-mêmes leur cyber-sécurité. En 2020, plusieurs cyber-attaques ont démontré la vulnérabilité des systèmes d’information utilisés dans la filière. Rappelées lors d’un webinaire du Cluster maritime français (CMF) début décembre, ces intrusions informatiques ont touché à titre d'exemple des armements tels que MSC, CMA CGM et Carnival, les sociétés Med Europe Terminal à Marseille, DNV-GL et les systèmes satellitaires GNSS/AIS. Leurs conséquences se chiffrent en millions voire en dizaines de millions d’euros, se traduisent par des pertes de données, des services inopérants… Le secteur prend conscience de la menace et au 1er janvier 2021, la résolution MSC 428 (98) de l’Organisation maritime internationale (OMI) entrera en vigueur. Elle impose aux armements de mettre en œuvre un système de management de la cyber-sécurité. Le contrôle de cette obligation sera assuré par l’État du port lors d’inspections au titre du Code de la gestion de la sécurité (ISM).

Déploiement territorial

En France, cette prise de conscience s’est concrétisée lors du Comité interministériel de la mer de 2018 ("L’Antenne" 20/11) suivi par la création du Conseil de la cyber-sécurité du monde maritime (C2M2) en novembre 2019. Il rassemble des fédérations professionnelles maritimes et portuaires, des organismes publics tels que l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), plusieurs directions générales ministérielles, et des industriels français spécialisés dans la cyber-sécurité, le maritime et la défense. Dans la foulée a été lancé un groupe de travail pour préfigurer le futur Centre national de coordination de la cyber-sécurité pour le maritime. Après avoir défini ses missions, un projet d’organisation territoriale est aujourd’hui finalisé autour de quatre pôles de compétence à Brest, Marseille, Le Havre et La Défense. Chacun étant chargé de concevoir et d’exploiter les outils du futur centre national ("L’Antenne" 20/11). Pour animer et déployer ce projet, l’association France Cyber Maritime a été créée à Brest le 17 novembre et est présidée par Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du CMF et co-président du Comité France Maritime.  

Trouver les financements

Le Centre national de coordination de la cyber-sécurité pour le maritime pourrait être opérationnel à 100 % d’ici fin 2022. Pour son financement, on fera appel à l’État, aux collectivités territoriales, à l’Europe et au secteur privé. Dès mi-2021, son système de pilotage (Computer Emergency Response Team – CERT) baptisé M-CERT devrait entrer en service puis monter progressivement en puissance jusqu’à fin 2022. Dans cette perspective, les missions de France Cyber Maritime seront notamment de fédérer les expertises et de trouver des financements publics et privés.
 

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