"Le gouvernement n'abandonne pas la grande vitesse"


Au lendemain des grands investissements de transports annoncés mardi 9 juillet par Jean-Marc Ayrault, le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, essuie les critiques des élus régionaux et défend sa politique qui revient à "abandonner le tout TGV, mais pas la grande vitesse".


© RFF/Alstom/SNCF/D. Lefranc
© RFF/Alstom/SNCF/D. Lefranc
Le gouvernement est accusé d'abandonner la grande vitesse. Fallait-il vraiment freiner le TGV ?

"Seul le "tout TGV" est abandonné, c'est-à-dire les annonces de chantiers pharaoniques au mépris des besoins des autres territoires. Une lecture a été faite par un certain nombre, qui consiste à dire : nous sommes dans la France qui dit "stop" aux TGV et à la grande vitesse. Ce n'est pas la formulation du rapport Duron et ce n'est pas la politique retenue. Ce sur quoi nous revenons, c'est sur une forme d'accélération au cours des dernières années, où quatre lignes à grande vitesse (LGV) ont été engagées en même temps, à crédit. Le rythme avant le dernier quinquennat, c'était une ligne à grande vitesse tous les six ans. Mais pendant que nous nous lancions dans une course à la grande vitesse, nous ne répondions pas au désenclavement du territoire. Par ailleurs, aucune étude n'est arrêtée sur les projets qui sont pertinents".

"Seul le tout TGV est abandonné"


Certains élus du Sud-Ouest menacent de ne pas financer la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, prévue en 2017, s'ils n'obtiennent pas le tronçon Bordeaux Hendaye avant 2030 ? L'État peut-il faire face à ce chantage ?

"Ce n'est pas un chantage. Quand on lance quatre LGV, il faut bien trouver des financements. Il a donc fallu essayer de trouver des montages plus ou moins heureux : 57 collectivités ont été appelées au financement de Tours-Bordeaux. On en arrive à cette situation assez rocambolesque d'avoir contraint des collectivités à aller financer des barreaux qui ne les concernent pas directement. Pour le moment, c'est vrai que Toulouse paie pour Tours-Bordeaux. Effectivement, il y a cet engagement de la parole de l'État. Les élus, légitimement, disent : "Nous avons été engagés pour un projet global". C'est pour cela qu'il faut à l'avenir éviter ce genre de montages sophistiqués. Cela revient à vendre, si ce n'est du rêve, en tout cas des promesses à crédit. Mais la question du chantage ne se pose pas. Je suis en train de recevoir toutes les régions et elles voient que notre démarche est construite et cohérente, et permet aux régions et aux départements d'avoir une poursuite raisonnable et cohérente des projets".

Comment réagissez-vous aux vives critiques des élus alsaciens sur le report de la dernière phase de la LGV Rhin-Rhône ?

"Je trouve qu'il ne faudrait pas qu'on aille jusqu'à l'indécence. L'aménagement du territoire ne peut pas être une action de lobbying. En dix ans, 9 milliards ont été investis sur les deux branches de LGV vers l'Est. Ces élus exigent, alors même que l'effort de la nation leur a amené deux LGV, des investissements d'un milliard supplémentaire, alors que d'autres territoires n'ont pas la chance d'avoir ne serait-ce que des Trains d'équilibre du territoire (TET ou Intercités) ou de la régularité dans les dessertes. J'assume une approche responsable et équitable envers les différents territoires, notamment ceux du centre ou du Sud. Nous devons avoir une vision d'ensemble et il ne doit pas y avoir de sous-régions ou de régions dégradées. Le maillage territorial doit assurer, en fonction des situations, une égalité de chance des territoires face aux transports. Et ce transport n'est pas nécessairement de la grande vitesse".

Propos recueillis par Romain Fonsegrives

Jeudi 11 Juillet 2013



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