Le port de Sète veut renforcer ses bases


Malgré le contexte de crise sanitaire qui devrait plomber le chiffre d’affaires de 12 % en 2020, le port de Sète tire son épingle du jeu en misant sur deux filières phare : la consolidation des flux de remorques et conteneurs de DFDS et la montée en puissance des imports de clinker pour le cimentier Cem’in’Log.


© Port de Sète
© Port de Sète
Si les grèves du début d’année ont davantage pesé sur les liaisons ferroviaires que sur le traitement des navires en escale, Sète a fait les frais dès mars 2020 de l’arrêt brutal des rotations de ferries et de la suspension sine die de la croisière.
"Après six années de croissance ininterrompues et 4,9 millions de tonnes en 2019 l’activité a fortement chuté, subissant une réduction de 75 % du nombre d’escales. Les produits pétroliers ont fortement reculé. Notre chiffre d’affaires devrait atteindre 19 millions d'euros en 2020, soit 12 % de baisse. Nous avons perdu deux ans et nous avons du mal à retrouver notre niveau d’activité", explique Olivier Carmes, directeur du port de Sète.

Coup de frein sur la filière automobile

La filière automobile a particulièrement souffert de la suspension des chaînes de production des constructeurs et de la chute de la consommation européenne. Conséquence : un coup de frein donné par DFDS aux rotations des car-carriers. "Nous importons environ 100.000 véhicules par an de Turquie, de Roumanie et du Maroc à raison de trois escales hebdomadaires. Or, cette année, nous sommes tombés à une escale par semaine, voire pas d’escale du tout en mars et avril. Néanmoins, nous maintenons notre niveau d’investissement", promet le directeur.

"Triplement de capacité de la plateforme ferroviaire"


Ainsi, avec le transfert d’activité de DFDS de Toulon à Sète, la plateforme ferroviaire (au départ de laquelle des services étaient proposés vers Noisy-le-Sec, Calais et Bettembourg) s’avère sous-dimensionnée pour absorber ces nouveaux trafics. "Nous investissons 3 millions d'euros pour tripler la capacité de la plateforme à compter de juin 2021. Nous avions déjà le trafic d'Ekol avec 30.000 remorques par an. Avec la consolidation de DFDS, nous visons un potentiel de 80.000 remorques", ajoute Olivier Carmes. Sète a l’ambition de proposer trois départs quotidiens de trains notamment vers l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

Appel à projets

Aujourd’hui, les liaisons ferroviaires sont à l’arrêt mais le port héraultais mise sur un redémarrage à compter de décembre. Pour accompagner la montée en puissance des trafics, le port a lancé début novembre un appel à projets divisé en trois lots sur un terrain de 6 hectares hors domaine public maritime. Il vise l'exploitation d’un entrepôt de 3.500 m2, la construction d’un entrepôt de 8.000 m2 et la création d’un pôle d’accueil des transporteurs routiers (parking sécurisé, restaurant et station-service à hydrogène à terme). "Nous avons des demandes de cross-docking et de stockage sur le port avec le développement de la ligne sur la Turquie", détaille le directeur.
Ce dernier fonde de grands espoirs dans la montée en puissance d’un trafic de clinker à l'import dont les premières escales remontent à juin 2019 pour le compte de Cem’in’Log.
Le cimentier possède une usine de broyage à Tonneins et construit une deuxième unité à Porte-lès-Valence qui devrait générer un flux supplémentaire de 200.000 tonnes. Dès 2021, Sète mise sur un flux import de 250.000 tonnes. Raison pour laquelle le port investit dans l’achat d’une deuxième grue sur rail. Cet investissement de 6 millions d'euros se concrétisera au premier trimestre de l'année prochaine.

Nathalie Bureau du Colombier

Jeudi 5 Novembre 2020



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