Le projet de rocade de Strasbourg devant le tribunal administratif

La concession accordée à une filiale de Vinci pour la construction d'une rocade autoroutière à Strasbourg ne doit pas être annulée, a estimé mercredi 15 mars le rapporteur public devant le tribunal administratif de Strasbourg, saisi par une association de défense de l'environnement. Le rapporteur public, dont l'avis est généralement suivi par le tribunal, a recommandé de rejeter sur le fond cette requête d'annulation adressée par l'association Alsace Nature et la commune de Vendenheim (Bas-Rhin). Né dans les années 1970 mais régulièrement abandonné avant d'être relancé à la fin des années 1990, le projet de Grand Contournement Ouest de Strasbourg (GCO) a pour but de délester l'autoroute A35, régulièrement engorgée, qui dessert la capitale alsacienne. Ses opposants, défenseurs de l'environnement, riverains et élus de communes qui doivent être touchées par le chantier, organisent depuis des mois des marches de protestation. Ils construisent une à une des cabanes sur le tracé de la future autoroute, long de 24 km. "La résistance à ce projet est grande", a reconnu mercredi le rapporteur public, estimant que si "la mobilisation n'a pas encore l'importance des Zad (Zones à défendre, un concept popularisé par l'action des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, NDLR), cela y ressemble de plus en plus". Le gouvernement a approuvé par décret en janvier 2016 la concession à une filiale de Vinci de la construction du GCO. En 2012, une première procédure de mise en concession du projet n'avait pas pu aboutir et s'était soldée par le retrait de Vinci. Devant le tribunal administratif, l'avocate d'Alsace Nature, Me Marion Badoc, a notamment estimé que des changements apportés au projet depuis la déclaration d'utilité publique modifiaient les caractéristiques essentielles de l'opération. Elle a également souligné l'insuffisance de certaines compensations pour l'environnement, par exemple des passages pour le grand hamster prévus tous les 700 mètres quand des études préconisent d'en installer tous les 500 mètres. Les écologistes dénoncent la mise en danger par le projet de GCO de ce mammifère emblématique de la région Alsace, qui figure sur la liste rouge des espèces menacées. Toutefois, pour le rapporteur public, les modifications apportées au projet "ne sont pas substantielles, les grandes caractéristiques du projet demeurent inchangées" et les arguments avancés par l'association manquent de précision. Le décision du tribunal est attendue le 29 mars.
D'ici-là, les opposants au projet n'entendent pas relâcher leur mobilisation. Une nouvelle "marche des cabanes" est prévue dimanche 19 mars, organisée par le collectif "GCO non merci". Stéphane Giraud, directeur d'Alsace Nature, craint qu'un échec des opposants sur le terrain juridique mène à une radicalisation du mouvement. "Cela fait un petit moment qu'on tire la sonnette d'alarme en disant qu'à force de traiter les riverains, les citoyens, les gens qui se préoccupent de la nature de cette manière-là, vous allez obtenir l'effet inverse de ce que vous recherchez, c'est-à-dire une radicalisation dans les méthodes", estime-t-il, soulignant qu'"on commence à avoir des gens qui prennent des initiatives, sans savoir très bien d'où elles proviennent, de s'approprier le territoire, en occupant des cabanes".

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