Les Chantiers de l'Atlantique ballottés depuis 2006 entre divers repreneurs


Dernier grand constructeur de navires en France, les Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire ont été ballottés depuis 2006 entre divers repreneurs, malgré un carnet de commandes de plus en plus étoffé et un savoir-faire mondialement reconnu.


Les Chantiers de l'Atlantique emploient environ 3.000 salariés directs et 5.000 chez ses sous-traitants © Les Chantiers de l'Atlantique
Les Chantiers de l'Atlantique emploient environ 3.000 salariés directs et 5.000 chez ses sous-traitants © Les Chantiers de l'Atlantique
Les chantiers navals ont livré en mars 2018 le plus gros navire de croisière jamais construit, le "Symphony of the Seas", après avoir fabriqué des paquebots mythiques comme le "France" (1960) et "Queen Mary 2" (2003). Ils affichent un carnet de commandes "plein" pour les prochaines années. Les chantiers emploient environ 3.000 salariés directs et 5.000 chez ses sous-traitants.
Créés en 1861 et regroupés en 1955 sous le nom de Chantiers de l'Atlantique, les chantiers de Saint-Nazaire sont cédés en janvier 2006 par le groupe Alstom dont ils étaient la filiale depuis 1984. Les Chantiers, en déficit chronique, sont vendus à 75 % au norvégien Aker Yards, donnant naissance au numéro 2 mondial des paquebots avec 40 % de part de marché, derrière Fincantieri.
Le constructeur naval sud-coréen STX Shipbuilding, déjà actionnaire de référence d'Aker Yards, lance en 2008 une offre sur la totalité du groupe norvégien, avec comme ambition de former le numéro un du secteur. Il passe un pacte avec le gouvernement français garantissant à l’État une minorité de blocage dans les chantiers de Saint-Nazaire. Le groupe sud-coréen prend en août 2008 le contrôle d'Aker Yards qui devient STX Europe. Les Chantiers de l'Atlantique deviennent pour leur part STX France. Ils reprendront leur nom historique en juillet 2018.
Faute de commandes, STX France multiplie les mesures de chômage partiel et de départs volontaires en 2009. La commande d'un paquebot par MSC arrive comme une première bouffée d'oxygène. L'horizon se dégage en décembre 2012 avec une commande historique d'une valeur d'un milliard d'euros pour la construction d'un paquebot géant pour Royal Caribbean. D'autres commandes pour des navires "de très haut niveau de luxe" suivent.

Nationalisation temporaire

Lourdement endetté, STX Offshore and Shipbuilding est mis en vente en octobre 2016 par la justice sud-coréenne. Les chantiers de Saint-Nazaire, seule unité rentable du groupe, sont offerts séparément à un potentiel acquéreur. Seul candidat, Fincantieri est retenu comme "repreneur exclusif" en janvier 2017 par la justice sud-coréenne pour les 66,66 % de STX France détenus par le groupe coréen, placé en redressement judiciaire. Le gouvernement français obtient de Fincantieri qu'il ne reprenne que 48 % du capital et reste minoritaire pendant sept ans, épaulé toutefois par la Fondazione CR Trieste (7 %), l’État français conservant environ un tiers du capital et un droit de veto.
Le 19 mai, l'italien signe un accord pour la reprise de la participation pour un montant de 79,5 millions d'euros. Mais le 31, le nouveau président Emmanuel Macron annonce son intention de "revoir" l'accord. Le 26 juillet, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire menace d'exercer son "droit de préemption" sur STX France, dont l'État détient toujours 33,34 %, si son offre d'en "maintenir le contrôle à 50-50" avec Fincantieri est rejetée. Les Italiens insistent pour avoir au moins 51 % du capital et le contrôle du conseil d'administration.
Le lendemain, Bruno Le Maire, qui veut des garanties sur le transfert du savoir-faire et le maintien des postes de travail, annonce une nationalisation temporaire de l'entreprise, le temps de trouver une "solution industrielle" avec l'Italie et Fincantieri. Le 27 septembre, un accord entre Rome et Paris prévoit de donner de fait la majorité à Fincantieri et, en contrepartie, un rapprochement entre l'italien et le français Naval Group est envisagé dans le domaine de la défense navale. Fincantieri doit obtenir 50 % des chantiers navals, auxquels il faut ajouter 1 % "prêté" par l'État français, avec "droit de retour" pendant "douze ans" si l'italien ne respecte pas ses engagements. Le 2 février 2018, Fincantieri annonce la signature d'un accord définitif avec l'État français.
Mais l'autorisation des autorités de la concurrence européennes se fait attendre. Le 8 janvier 2019, la Commission européenne se dit préoccupée par le projet, estimant que cette "opération pourrait nuire à la concurrence au niveau européen et mondial". L'exécutif européen annonce le 30 octobre l'ouverture d'une enquête approfondie.

AFP

Mardi 24 Décembre 2019



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