Les boîtes noires sont cruciales pour comprendre un crash


Les "boîtes noires", qui enregistrent toutes les données d'un vol, y compris les conversations dans le cockpit, révèlent des informations cruciales et des axes d'enquêtes pour déterminer les causes d'un accident aérien.


Le vol MH370 de Malaysia Airlines a disparu samedi 8 mars © Boeing
Le vol MH370 de Malaysia Airlines a disparu samedi 8 mars © Boeing
Grâce aux boîtes noires, près de 90 % des accidents aériens peuvent être expliqués. Ces enregistreurs, introduits dans l'aviation à partir des années 60, se trouvent à l'intérieur de boîtes métalliques particulièrement solides, conçues pour résister à des chocs extrêmement violents, à des feux intenses et à de longues immersions en eaux profondes. Après vingt-trois mois immergées à 3.900 mètres de profondeur dans l'océan Atlantique, les données contenues dans les boîtes noires de l'AF447 d'Air France avaient ainsi pu être intégralement recueillies, ce qui avait permis de lever le voile sur le mystère du crash Rio-Paris survenu le 1er juin 2009.

Orange avec des bandes blanches


D'un poids de 7 à 10 kg chacune, elles sont en fait orange avec des bandes blanches réfléchissantes, afin de les retrouver plus facilement. Les données sont protégées par une enceinte blindée qui assure la protection des données en les préservant des grandes immersions (jusqu'à 6.000 mètres) ou d'exposition à très forte température (1 heures à 1.100 °C). Le support de données des tout premiers enregistreurs de vol était du papier photographique protégé dans une enceinte noire, d'où l'expression "boîte noire". Un avion commercial possède réglementairement deux boîtes noires, appelées DFDR (Digital Flight Data Recorder) et CVR (Cockpit Voice Recorder). Le DFDR enregistre seconde par seconde tous les paramètres sur une durée de vingt-cinq heures de vol (vitesse, altitude, trajectoire, etc.). Le CVR, l'enregistreur de vol "phonique", comprend les conversations, mais aussi tous les sons et annonces entendus dans la cabine de pilotage. Une analyse acoustique poussée permet même de connaître le régime des moteurs. Elles sont équipées d'une balise qui se déclenche en cas d'immersion et émet un signal à ultrason toutes les secondes pendant une durée d'au moins 30 jours consécutifs avec une portée de détection moyenne de 2 km.
À la suite du crash du Rio-Paris, les enquêteurs français du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) avaient recommandé d'allonger de 30 à 90 jours la durée d'émission des balises fixées aux enregistreurs de vol. Ils avaient en outre suggéré que la balise émette désormais à une fréquence plus basse de 8 à 9 KHz au lieu des 37.5 KHz actuels pour ne pas être limités par les moyens d'écoute. "La mise en œuvre de la première recommandation n'a pas été rendue obligatoire pour le moment par les instances de sécurité internationales mais rien interdit à une compagnie de s'en doter", a indiqué Jean-Paul Troadec, ancien directeur du BEA, soulignant que la technologie était disponible.
Les autorités françaises avaient également émis une autre recommandation de sécurité à l'Aviation civile internationale (OACI) pour que soient menés des travaux relatifs à la transmission satellitaire d'une sélection de paramètres de base (position, altitude, vitesse, cap, etc.) pour faciliter les recherches et localiser plus facilement l'épave ou encore pour que les avions soit dotés de système de déclenchement d'un signal d'alerte en cas d'imminence d'accident. La disparition inexpliquée samedi 8 mars du vol MH370 de Malaysia Airlines, à destination de Pékin avec 239 à bord, pourrait pousser les autorités internationales à accélérer l'évolution de la réglementation.

AFP

Vendredi 14 Mars 2014



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