Les navires fluvio-maritimes



Selon les experts, les navires fluvio-maritimes représentent l’avenir de ce type de transport. Il s’agit de bateaux dont les caractéristiques de tirant d’eau et de tirant d’air lui permettent aussi bien d’affronter les océans que de remonter profondément à l’intérieur des terres par fleuves et canaux à grand gabarit à relativement faible tirant d’eau.

Ces navires sont capables de transporter plus de 2.000 tonnes de marchandises en disposant d’un volume de cale de 4.000 m3 environ. La capacité théorique reste directement liée aux réseaux empruntés.

Les contraintes strictes de navigation en fleuve leur imposent la double coque avec ballasts. Ils sont généralement de type box shape (cale unique parallélépipédique). Les écoutilles (panneaux de couverture), de la largeur de la cale, sont composées soit de quatre panneaux se repliant à l’aide de vérins soit de huit panneaux, l’ouverture se faisant alors par levage.

Ces unités sont sans quille, à fond plat et aux mâts et cheminées repliables.

La passerelle (ou timonerie) est généralement montée sur une base télescopique afin de permettre le passage sous des ponts de hauteur classique. Les divers mâts et les antennes sont montés sur des axes permettant leur basculement à l’aide de vérins. Ainsi, des villes comme Paris, Lyon et Chalon-sur-Saône sont accessibles à des navires de 2.000 tonnes de charge.
Lors des manœuvres, la passerelle est en position haute, offrant une très bonne visibilité. En navigation, elle est en position basse et la visibilité est bien moindre.

Par leurs mâts rabattables, leur timonerie escamotable et leur système de ballast rapide, ils se distinguent des caboteurs.  

En mer, ces bateaux de petite taille à la motorisation souvent limitée souffrent beaucoup. Ils circulent en cabotage, le long des côtes européennes mais, souvent, ils peuvent suivre des parcours de plusieurs jours dans des mers difficiles où ils sont alors très malmenés.

Ces navires sont au transport maritime ce que les semi-remorques affrétés de 40 tonnes sont au transport terrestre. Ils opèrent souvent en tramping (affrètement de lot complet pour le compte d’un chargeur), chargeant n’importe quel type de marchandises, vracs solides ou marchandises générales en cale mais parfois aussi en pontée. Ils sont en outre souvent employés pour un transport de pièces lourdes et encombrantes car ils peuvent acheminer jusqu’à 3.000 tonnes de marchandises entre deux points sans rupture de charge.
Navire fluvio-maritime remontant la Seine entre Le Havre et Rouen © Jean-Claude Cornier
Navire fluvio-maritime remontant la Seine entre Le Havre et Rouen © Jean-Claude Cornier

Les avantages économiques


Les grands automoteurs comme les convois poussés offrent une capacité de transport utilitaire inégalable parmi les modes terrestres. Ainsi, les automoteurs porte-conteneurs les plus récents peuvent emporter jusqu’à 398 EVP quand un train plafonne à 80 mètres au maximum. Cette massification autorise un gain significatif en termes de coût. L’échelle des prix fluviaux s’établit à 1 à 2 centimes d’euro par tonne et par kilomètre sur le réseau à grand gabarit national. Ils descendent à 1 centime par t-km sur le bassin rhénan. Les prix ferroviaires sont de 1,5 à 3 centimes par t-km.

En prolongeant le parcours maritime par voie fluviale, ce mode de transport présente certains avantages : suppression du transbordement maritime et des contraintes associées (coûts de manutention élevés, casses et pertes…), livraison de la marchandise au plus près de l’utilisateur final… Mais, s’il fait l’économie du transbordement, ce mode génère des surcouts liés aux trajets à la fois maritime et fluvial.

À distance et tonnage équivalents, le fluvio-maritime ne garantit pas donc pas des coûts de fret inférieurs au fluvial ou au maritime mais il peut être une alternative intéressante selon la valeur ajoutée de la marchandise ou pour éviter une ou plusieurs ruptures de charge.

Les limites techniques du fluvio-maritime

 
Ces navires sont un compromis entre le fluvial et le maritime et ne sont donc parfaitement adaptés ni à l’un ni à l’autre. Ils doivent passer les écluses et sont donc longs et effilés comme les caboteurs. Ils ont la proue surélevée pour la mer, d’où des coûts de fabrication élevés.

Leurs limites rencontrent aussi celles des bassins sur lesquels ils naviguent. Jusqu’à Arles, le tirant d’air est de 9,50 mètres et le tirant d’eau de 4,25 mètres. Au-delà, les capacités se réduisent sensiblement, avec un tirant d’eau de 3 mètres et un tirant d’air, de 6,30 mètres. Les capacités de tonnages sont alors de 1.500 à 1.800 tonnes maximales pour Lyon, de 1.500 tonnes pour Chalons et de 2.500 tonnes pour Arles.

La cale, qui a une capacité moyenne de près de 3.000 tonnes de port en lourd, se caractérise par une diversité fonctionnelle.

En effet, elle est multifonction car elle convient parfaitement tant au transport de vrac que de conteneurs. Il existe également des caboteurs fluvio-maritimes spécialisés dans le transport de produits pétroliers (bruts et raffinés), de produits chimiques ainsi que de gaz de pétrole liquéfiés. D’autres sont spécialisés dans le transport de bois, de marchandises réfrigérées et enfin dans le transport roulier.

Cette flotte n’est pas standardisée. Cette diversité est à la fois un atout et un handicap. Un atout dans la mesure où les chargeurs peuvent trouver le navire qui convient le mieux aux infrastructures portuaires et au type de marchandises à transporter. Un handicap car la diversité des caboteurs combinée à celle des voies navigables réduit le nombre de navires adaptés à une demande spécifique.
 


< Fiche précédente     I     Sommaire général     I     Sommaire de section     I     Fiche suivante  >







     

Les navires fluviaux | À chaque marchandise son moyen de transport





 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

L'Antenne est édité par SPI (SARL au capital de 1.000 euros)
R.C.S. 823 175 435. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0319T79480
Dépôt légal à parution
Associés : Info6tm (99 %) et Raisin blanc (1 %)
Siège social : SPI - Immeuble Valmy B - 137, quai de Valmy - 75010 Paris
Tél.  : 04.91.33.25.81 - Fax : 04.91.55.58.97
Site internet : www.lantenne.com   
Directeur général : Jean-Christophe Klein
Directeur de la publication : François Grandidier
Publicité : Frank Revenaz (directeur commercial) 04.91.13.71.60
Philippe Scremin (commercial Paris/Normandie) 06.21.88.97.42
Abonnements : 01.40.05.23.15 – abonnements@info6tm.com    
Annonces maritimes : 04.91.33.83.02
Petites annonces : 04.91.13.71.60
Rédaction : Vincent Calabrèse (rédacteur en chef) v.calabrese@lantenne.com 
Franck André (rédacteur) f.andre@lantenne.com 
Virginie Grunchec (secrétaire de rédaction) redaction@lantenne.com 
Graphisme : Pixel Images jm.tappert@groupe-atc.com
Imprimerie : Riccobono - 115, chemin des Valettes - 83490 Le Muy