Les ports et leur évolution remis en question à La Rochelle


Toutes les questions relatives à l'évolution de leurs statuts ou de leur gouvernance, celles portant sur l'amélioration de leurs dessertes ferroviaires ou sur leur coopération ont été posées sur les ports à l'occasion des 12e Assises de l'économie de la mer, qui se tenaient la semaine dernière à La Rochelle. Points de vues...


© GPMLR
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Réforme de la gouvernance, statuts des établissements portuaires, desserte ferroviaire, coopération... Les ports ont été analysés sous toutes les coutures par des spécialistes à l'occasion des 12e Assises de l'économie de la mer.
S'exprimant sur le thème de la gouvernance portuaire, Hervé Martel, le président de l'Union des ports de France (UPF), estime : "Ce n'est pas une urgence. C'est une question politique". Bouleversant les codes établis, il juge que "les autorités portuaires doivent fonctionner comme des entreprises". Prenant pour modèle les ports d'Anvers ou Rotterdam, il déclare toutefois que la présence du secteur public reste indispensable mais que les entreprises privées doivent avoir droit au chapitre.
Quant au périmètre d'action des ports, il rappelle la création de Haropa sur l'axe Seine. Le président de l'UPF, par ailleurs président du Directoire du Grand Port maritime du Havre (GPMH), se dit convaincu que "chaque système pourrait trouver une solution interportuaire".
Abordant la réforme portuaire de 2008, il a affirmé : "Il fallait privatiser la manutention portuaire. On était en retard. C'était indispensable !"

"Il n'y a pas d'hinterland protégé"

Pour Xavier Beulin, président du conseil de Surveillance du Grand Port maritime de La Rochelle, la réforme a permis au port rochelais de voir son activité croître de 4 % et gagner une place. Selon lui, "le développement du ferroviaire a permis de dynamiser le port". Hervé Martel met toutefois en garde à cet égard : "Il n'y a pas d'hinterland protégé. L'action commerciale et collective est importante".

"Chacun doit pouvoir trouver une solution interportuaire"


Et d'évoquer le rapport Revet-Fourneyron, un document sur l'attractivité et la compétitivité des ports français remis par des parlementaires à Alain Vidalies, le secrétaire d'État chargé des Transports en juillet dernier. Il s'interroge sur le double problème auquel doivent faire face les ports actuellement. Déplorant que la croissance mondiale ne soit toujours pas au rendez-vous, il regrette également que l'État n'apporte pas de financements suffisants. "On a un problème de modèle économique", lance-t-il, ajoutant l'importance de la desserte ferroviaire pour un port mais aussi de la nécessité pour le foncier d'être compétitif.

Dominique Bussereau prône le changement de leur statut

L'intervention de Dominique Bussereau, président du Conseil départemental de la Charente-Maritime et surtout ancien secrétaire d'État aux Transports et à la Mer, a retenu l'attention de l'auditoire. Le père de la réforme des ports de 2008 a dressé un constat sévère. Selon lui, "si la réforme a donné des résultats, le plan de relance des ports n'en a donné aucun". Il juge nécessaire de "lancer une nouvelle réforme de la gouvernance et de changer le statut des ports. Il faut créer le statut de SA pour les ports. Ils doivent passer du statut d'Epic à celui de SA". Évoquant le dossier de la ligne Serqueux-Gisors, il lance : "Il faut faire sauter les blocages car on a encore des blocages qui nuisent à la massification". Quant aux plus petits des Grands Ports maritimes, il déclare : "Je ne verrai pas d’inconvénient à ce que les plus petits des Grands Ports maritimes deviennent régionaux. Si la coopération par façade fonctionne pour Haropa, elle reste virtuelle entre Nantes, La Rochelle et Bordeaux. Plus on ira vers la décentralisation et la coopération par façade maritime, mieux on se portera". Selon lui, "mis à part le GIE Haropa, les autres n'ont pas fonctionné. Nous avons donc encore des efforts à faire".
Enfin, concernant le dossier des opérateurs ferroviaires de proximité, il affirme que, "quand la volonté politique de faire du report modal est au rendez-vous, les OFP sont un beau succès".

Vincent Calabrèse

Lundi 14 Novembre 2016



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