"Les priorités du gouvernement en cohérence avec celles du COI", selon Philippe Duron


Pour le Conseil d'orientation des infrastructures, les arbitrages et les priorités affichées par le gouvernement pour la programmation des infrastructures de transport présentent une grande cohérence avec celles remises par le Conseil en février dernier.


© COI
© COI
En réaction à la présentation faite le 11 septembre dernier par la ministre chargée des Transports, Élisabeth Borne, le Conseil d'orientation des infrastructures (COI) estime que "les efforts annoncés sont significatifs. S’ils ne se situent pas au niveau du scénario 2 proposé et espéré par le conseil, ils n’en restent pas moins conséquents puisqu’ils atteignent 13,4 milliards d'euros et augmentent de 40 % par rapport au quinquennat précédent".
Son président, Philippe Duron, salue "une démarche inédite de transparence et de dialogue qui crédibilise les engagements pris par le gouvernement". Il se félicite que celui-ci se soit appuyé "sur les travaux du conseil qui a travaillé avec la seule perspective de l’intérêt général". Il apprécie que le projet de Loi d’orientation des mobilités (Lom) "pérennise le conseil afin d’assurer le suivi et l’évaluation de la loi de programmation des infrastructures de transports et de mobilité".

"Le Parlement devra se montrer vigilant"


Le président du COI met toutefois en garde : "Il n’en reste pas moins que le Parlement devra se montrer vigilant sur la mise en œuvre de ces engagements. Il devra veiller notamment à ce que les crédits affectés à ces projets et à l’Afitf ne fassent pas l’objet de gels ou restrictions budgétaires". Selon lui, "il devra s’assurer que la dynamique des appels à projets soit engagée sans tarder pour être bien au rendez-vous du quinquennat. L’État devra rechercher les optimisations possibles en matière de travaux de régénération pour les réaliser au meilleur coût". Et d'ajouter : "Il s’efforcera d’apporter, aux collectivités territoriales qui le demandent, l’expertise technique dont elles ont besoin pour assurer une mobilité efficace, durable et sûre sur l’ensemble du territoire et pour toutes les populations".
Rappelant les annonces faites par la ministre chargée des Transports, le COI souligne que "la régénération des infrastructures constitue la première priorité (du gouvernement). Ce que chacun peut comprendre après le dramatique accident de Gênes". Autre sujet, "la désaturation des nœuds ferroviaires qui vise à fluidifier le trafic autour des grandes gares et le plan de désenclavement routier répondant aux attentes des villes moyennes et des territoires ruraux". Il évoque également des appels à projets ayant pour objectif de "dynamiser les transports en commun et permettront le développement des mobilités actives". En outre, il mentionne "l'effort particulier qui viendra améliorer la liaison entre les ports et leur hinterland et encourager le fret ferroviaire et fluvial". Selon le comité, la réalisation des grands projets qu'il avait proposés s’inscrira "dans un phasage réaliste".
Il estime enfin que "l’inscription de ces programmes et de ces projets dans une loi de programmation pluriannuelle apportera sécurité et transparence aux financements nécessaires à leur réalisation".

"L'exécutif doit revoir sa copie"

Pour sa part, le sénateur Hervé Maurey (Eure), président de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable et membre du COI, déplore que le montant des investissements (13,4 md EUR) annoncé "ne soit pas à la hauteur des enjeux et des urgences en la matière". Selon lui, il est en effet inférieur au scénario 2 (14,6 md) : "bâti pour permettre de satisfaire les priorités fixées par le président de la République", d'après les termes du rapport du COI.
Pour Hervé Maurey, il manque en réalité 1,5 md pour que les objectifs du président de la République soient tenus. "Une différence de budget qui ne permettra pas d’apporter de réponse suffisante à l’état dramatique du réseau ferroviaire et à l’évolution inquiétante du réseau routier et ce malgré l’actualité récente et la sonnette d’alarme tirée par le Sénat de mars 2017", juge-t-il. "Les territoires et les collectivités locales seront les premières victimes de cette situation puisque les crédits sur les contrats de plan État-Régions et les trains d’équilibre du territoire seront revus à la baisse", explique-t-il.
Il redoute que "cette sous-budgétisation affecte en premier lieu les dessertes les moins fréquentées et donc les territoires ruraux".
Par ailleurs, le sénateur "s’étonne que ce plan n’indique rien quant aux financements de ces investissements". Il y a néanmoins, selon lui, "tout lieu de craindre la mise en place d’un nouveau prélèvement sur les usagers de la route alors qu’il conviendrait d’affecter prioritairement les ressources déjà créées pour les routes (TICPE, radars, etc.) aux routes".
Pour Hervé Maurey, "les territoires sont les premières victimes des intentions du gouvernement en matière de financement des mobilités". Et de lancer : "Le gouvernement doit revoir au plus vite sa copie !"

Vincent Calabrèse

Jeudi 13 Septembre 2018



Lu 679 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers





Accès rapide





















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

L'Antenne est édité par SPI (sarl au capital de 1.000 euros)
R.C.S. 823 175 435. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0319T79480
Dépôt Légal à parution
Associés : Info6tm (99 %) et Raisin blanc (1 %)
Siège social : SPI - Immeuble Valmy B - 137, quai de Valmy - 75010 Paris
Tél.  : 04.91.33.25.81 - Fax : 04.91.55.58.97
Site internet : www.lantenne.com   
Directeur général : Jean-Christophe Klein
Directeur de la publication : François Grandidier
Publicité : Frank Revenaz (directeur commercial) 04.91.13.71.60
Philippe Scremin (commercial Paris/Normandie) 06.21.88.97.42
Abonnement : Françoise Uhlmann (assistante commerciale) 04.91.13.71.62    
Annonces maritimes : 04.91.33.83.02 
Rédaction : Vincent Calabrèse (rédacteur en chef) v.calabrese@lantenne.com 
Franck André (rédacteur) f.andre@lantenne.com 
Virginie Grunchec (secrétaire de rédaction) redaction@lantenne.com 
Graphistes : Michel Durand et Adelina Miganne - pao@lantenne.com 
Imprimerie : Riccobono - 115 chemin des Valettes - 83490 Le Muy