Les transitaires dénoncent une crise s'apparentant au "choc pétrolier de 1974"

Stéphane Salvetat, le président du Syndicat des transitaires de Marseille-Fos (STM), continue de s'inquiéter du "durcissement des relations commerciales" avec les armateurs. Les annonces de CMA CGM et Hapag-Lloyd portant sur un plafonnement des prix est bien accueillie par une profession en restructuration.
Au Syndicat des transitaires de Marseille-Fos, son président, Stéphane Salvetat, estime que la crise a affecté diversement la profession en 2020. Selon lui, "les commissionnaires de transport de la place dont les activités sont les plus diversifiées au plan géographique sont ceux qui s'en sont le mieux tirés". À cet égard, il rappelle que l'Algérie reste un marché difficile depuis la mise en place des mesures restrictives imposées le gouvernement local.

Stéphane Salvetat perçoit néanmoins une évolution du marché en faveur des transitaires portuaires. Selon lui, il existe un attrait supplémentaire de la part des multinationales pour les commissionnaires de transport en matière de fret maritime. Il en veut pour preuve que 15 à 20 % d'entre eux demandent aux transitaires des cotations au lieu de passer directement par les compagnies. "Ce sont les effets de la crise", analyse-t-il.

Interrogé sur l'annonce de CMA CGM du gel de ses taux de fret jusqu'en février 2022, il s'en est félicité, rappelant que la croissance régulière des prix avait déjà incité en 2020 les membres de TLF Overseas et de son syndicat à organiser un webinaire avec des PME de l'Apex pour dénoncer la tendance.

Un secteur en restructuration

"La hausse des taux de fret et la baisse de qualité de service nous inquiète. Dans la profession, on s'alarme de cette évolution qui s'apparente au choc pétrolier de 1974. On s'attendait à une baisse du commerce mondial. Pourtant les volumes sont là", explique-t-il. Selon lui, les difficultés à importer incitent certaines entreprises à arrêter de se tourner vers l'international et songer à la relocalisation.

Il reste convaincu que la hausse continue des taux de fret impose à la profession "des avances de fonds parfois bien plus importantes pour une marge brute qui reste normale". "Nos relations avec les compagnies maritimes sont devenues plus difficiles. Il a fallu un an pour que nos prises de position portent leurs fruits auprès des armateurs. CMA CGM en a pris conscience et c'est une annonce forte", a-t-il expliqué.

Autre tendance qui prouve, selon lui, que le marché évolue, la restructuration du secteur de la commission de transport internationale qui se matérialise par des alliances ou des fusions. Ces derniers mois, le partenariat entre le francilien Crystal et le lyonnais Dimotrans, le rachat de l'allemand Hillebrand par Deutsche Post-DHL ou du koweïtien Global International Logistics (GIL) par le danois DSV Panalpina illustrent son analyse.

Déplacement du PIF-PEC et dossiers informatiques

Pour ce qui concerne les dossiers locaux, les transitaires marseillais continuent de travailler sur l'externalisation du Poste d'inspection frontalier-Point d'entrée communautaire (PIF-PEC). "Nous souhaitons que le PIF-PEC soit sorti de l'enceinte portuaire. La surface qu'il occupe à Fos pourrait être utilisée par Seayard ou Eurofos, un des deux opérateurs", explique Stéphane Salvetat.

En matière informatique, il indique qu'une commission du STM est dévolue à Ci5. Selon lui, le Cargo Community System (CCS) conçu par MGI est plus complet à Dunkerque qu'à Marseille. "Nous nous sommes lancés dans un travail introspectif", lance-t-il.
Autre question informatique dont l'organisation syndicale s'est saisie, du Pre-Arrival notice (PAN). Un dossier sur lequel elle travaille aux côtés de l'AACN, du Semfos et de l'UMF pour en améliorer l'efficacité.

Au plan de la commission de fret aérienne, le président du STM indique que les transitaires locaux s'y intéressent toujours beaucoup. "On souhaite un développement fret sur les plateformes de Marseille-Provence et Nice-Côte d'Azur", indique-t-il.

Reconduit en juin à la présidence du Syndicat des Transitaires de Marseille-Fos pour un cinquième mandat, Stéphane Salvetat est donc parvenu à résoudre certains dossiers mais il se voit contraint de poursuivre le travail sur des sujets de longue haleine.
Il mise sur sa nomination à la présidence de la délégation de TLF Overseas à la Fiata (Fédération internationale des associations de transitaires et assimilés) pour rester aux aguets de l'évolution du métier ou trouver plus rapidement des solutions aux problèmes que rencontrent les commissionnaires de transport de Marseille-Fos.

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