Marseille-Fos : les évolutions nuisent à l'activité de remorquage


Ses résultats s'améliorent mais l'évolution globale des flottes de navires et des trafics du port de Marseille-Fos ne satisfait pas Boluda France. La société de remorquage voudrait compenser le déséquilibre interbassin en faisant payer directement les armateurs pour son service de veille.


© Franck André
© Franck André
"Notre activité suit à peu près celle du port, l'année va se terminer sur une hausse de 2 % comparé à 2016", annonce Denis Monserand. Le directeur général France de Boluda, unique prestataire du service de remorquage sur le port de Marseille-Fos, a dénombré une moyenne de 23,56 interventions par jour sur les neuf premiers mois de 2017, contre 23,19 en 2016.
Si l'activité du Grand Port maritime de Marseille-Fos s'est reprise depuis la crise économique, celle du remorquage reste plombée par la diminution constante du trafic de pétroliers. Comme eux, les vraquiers et les méthaniers ne peuvent se passer du service de remorquage car ils ne peuvent manœuvrer par leurs propres moyens. La quasi-totalité de ces trois catégories de navires sont opérées à Fos.
Denis Monserand constate une diminution progressive du nombre d'escales de porte-conteneurs mais ces derniers sont aussi de plus en gros. Ils recourent donc plus fréquemment aux services de Boluda et sollicitent davantage de remorqueurs simultanément. Les plus imposants sont aidés par une à trois unités à l'entrée pour la manœuvre d'évitage et par un remorqueur en sortie de darse.

Évolution des trafics désavantageuse

Cette tendance se vérifie à Fos mais pas à Marseille et le déséquilibre est persistant, voire grandissant, entre les deux sites du port. "En 2007, nous faisions 5 remorques par jour dans les bassins Est, on est à 3,5 aujourd'hui. C'est descendu jusqu'à 3", regrette Denis Monserand.
Au regard de la structure du trafic côté ville, les opportunités de développement sont rares pour le remorquage.

"70 % des navires bénéficient d'un service qu'ils ne paient pas"


La remise en service de la plus grande cale sèche de Méditerranée en est une. "La forme 10 peut être une bonne chose, elle peut contribuer à redorer les résultats des bassins Est qui en ont bien besoin", admet le responsable. Boluda tire déjà une partie de son activité de la réparation navale et des formes 8 et 9. Quant aux paquebots, touchés eux aussi par le virus du gigantisme, ils sont plus maniables que la moyenne, grâce à de nombreux et puissants propulseurs d'étrave et se passent le plus souvent du remorquage.
Afin de combler ce déséquilibre, Denis Monserand demande depuis plusieurs années la création d'une taxe à l'escale. Un tel système permettrait de mettre à contribution chaque utilisateur du port pour financer le service de veille, soit l'obligation de sécurité 24 heures sur 24. "Dans les bassins Est, 70 % des navires n'utilisent pas nos services de remorquage, ce qui signifie que 70 % des navires bénéficient d'un service de veille qu'ils ne paient pas, résume le patron de Boluda France. L'idée serait de mutualiser cette charge à l'aide d'une taxe d'un montant raisonnable".

Volonté de diversification

À Fos-sur-Mer, la société exploite six remorqueurs et possède une coque de rechange. À Marseille sont positionnés deux navires et une coque de rechange. Malgré les difficultés, l'armateur a demandé et obtenu cette année le renouvellement de son agrément pour opérer dans le port de Marseille-Fos. "Nous sommes confiants dans la capacité du GPMM à développer son activité", justifie Denis Monserand.
Boluda France a aussi répondu à l'appel d'offres pour acheminer à Monaco les 18 caissons de béton destinés à l'extension du territoire de la principauté et qui doivent être fabriqués dans le port de Marseille à partir de l'an prochain.
Selon son directeur général, la présence de Boluda France en Afrique et dans l'océan Indien permet des compensions entre ces différents marchés au gré de leurs fluctuations. La société opère dans 16 ports et terminaux une flotte totale d'une centaine de remorqueurs.
Depuis plusieurs années, la filiale du groupe espagnol se positionne aussi sur les énergies marines renouvelables (EMR) et sur le marché de l'acheminement de personnel technique sur les sites de production. Elle a assuré, le 16 octobre, le déhalage dans le port de Nantes-Saint-Nazaire de la future première éolienne flottante française.

Franck André

Jeudi 30 Novembre 2017



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