Méditerranée-Rhône-Saône : une stratégie fondée sur la chaîne logistique


Le monde des transports et de la logistique n’est pas inconnu de Jean-Christophe Baudouin. Il a effectué sa carrière au sein de plusieurs collectivités territoriales et, avant, de devenir, en mai 2017, le délégué interministériel au développement de l’axe portuaire et logistique Méditerranée-Rhône-Saône, il était directeur stratégie au commissariat général à l’égalité des territoires.


Jean-Christophe Baudoin, délégué interministériel au développement de l’axe portuaire et logistique Méditerranée-Rhône-Saône © Annick Béroud
Jean-Christophe Baudoin, délégué interministériel au développement de l’axe portuaire et logistique Méditerranée-Rhône-Saône © Annick Béroud
En quoi consiste votre mission ?

Il s’agit de bâtir une stratégie de développement économique fondée sur la chaîne logistique sur l’axe Méditerranée-Rhône-Saône. Beaucoup d’acteurs sont impliqués dans la démarche, les ports maritimes et fluviaux, quatre régions, des métropoles, VNF, CNR, la CCI, les transporteurs, les bateliers, les acteurs économiques… Nous travaillons ensemble sur des dossiers prioritaires, comme les flux de marchandises, le tourisme et la croisière, le foncier, les transitions numériques et écologiques… J’insiste sur le fait que les entreprises sont très "preneuses" de la démarche.

Quels sont les dossiers que vous traitez actuellement ?

Ils concernent les ports maritimes et fluviaux. On a un défi à relever avec les ports fluviaux qui peuvent stimuler tout l’axe et le trafic fluvial en général. Mais ils n’ont ni la taille ni l’activité qu’ils mériteraient. Ils sont loin d’exploiter leurs potentiels. Les équipes de professionnels de tous ces secteurs font du bon travail mais il faudrait arriver à changer d’échelle et de dynamique. 1 + 1 peut égaler 3 !

"On a un défi à relever avec les ports fluviaux"


Le GPMM a des ambitions avec son hinterland auralpin et voudrait voir augmenter la part de 50 % des trafics qui passent actuellement par Marseille-Fos. Prend-il les bonnes mesures pour cela ?

Oui. Car ce port est performant. Sa qualité doit être maintenue et amplifiée pour qu’il devienne incontournable. Marseille-Fos, Le Havre, Dunkerque sont fiables au niveau mondial. Il faut arriver à ce que l’articulation port, fleuve, fer soit optimisée pour que le port phocéen soit encore plus attractif à l’international et pour les grands armateurs. Marseille-Fos devient une plateforme importante au niveau industriel et notamment pour les industries du futur. Pour que les bateaux s’arrêtent, il faut de bonnes raisons. Marseille et Lyon doivent optimiser leurs relations et leurs complémentarités.  Marseille et Lyon ont des destins liés, l’une étant le débouché de l’autre et inversement. Il faut parvenir à cette approche intégrée à laquelle participent activement les ports de Sète et de Toulon et les autres ports fluviaux et maritimes. Nous y arriverons.

La batellerie marchande souffre sur le bassin Rhône-Saône. Quelles mesures prendre ?

Il faut lui donner une meilleure visibilité sur ce qu’elle pourrait faire sur cet axe avec, par exemple, l’économie circulaire, la logistique urbaine, la requalification des quartiers, le transport chimique qui concerne tout l’axe rhodanien. Il faut aussi résoudre le problème de manutention à Fos qui altère l’efficacité du transport fluvial. La direction du port y est très attentive. Nous allons ensemble faire des propositions.

Comment travaillez-vous avec Medlink Ports ?

Il s’agit de la première structure qui a permis de faire réfléchir ensemble les acteurs de cet axe et qui a même servi de modèle pour Nordlink. Cette association est très impliquée dans notre démarche. C’est un partenaire incontournable. Notre raison d’être est d’explorer tous les possibles. 75 % des marchandises qui arrivent en Europe sont traitées dans le range Nord. Donc, l’enjeu de rééquilibrage est très fort d’où l’intérêt d’avoir une façade méditerranéenne où les ports et les plateformes logistiques fonctionnent bien ensemble. On ne peut raisonner qu’à l’intérieur de strictes frontières car les frontières n’ont jamais arrêté les flux. Nous croyons énormément à la réussite économique de cet axe Sud-Est…

Annick Béroud

Vendredi 1 Décembre 2017



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