Notre-Dame-des-Landes : le projet d'aéroport abandonné après des années de controverse



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Après des années de controverse, l'exécutif a choisi mercredi 17 janvier d'abandonner le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, malgré des décisions de justice et une consultation locale favorables, au profit d'un réaménagement de l'actuel aéroport de Nantes. "Les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet de Notre-Dame-des-Landes", devenu "l'aéroport de la division", a jugé Édouard Philippe lors d'une déclaration à l'issue du Conseil des ministres.
S'il a, comme attendu, appelé les "squatteurs" dans la "zone de non-droit" de la "Zad" à quitter les lieux, le Premier ministre leur a donné "jusqu'au printemps" pour partir "d'eux-mêmes". Dans l'immédiat, Édouard Philippe les a sommés de rendre les routes bloquées "à la libre circulation de tous", faute de quoi les forces de l'ordre "procéderont aux opérations nécessaires", "dans quelques jours".
La maire PS de Nantes, Johanna Rolland, a parlé de "trahison" et de "déni de démocratie", tout comme son prédécesseur, l'ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le président socialiste du conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, a dénoncé le premier "reniement de la parole" d'Emmanuel Macron.
Malgré les multiples rejets des recours en justice des anti-aéroport, le soutien au projet d'une majorité des élus de Bretagne et des Pays-de-la-Loire, et une consultation locale favorable (55,17 %) en Loire-Atlantique en juin 2016, l'exécutif a préféré lâcher "NDDL". "Grande victoire des zadistes", a déploré le patron des sénateurs LR et ancien président des Pays de la Loire, Bruno Retailleau. "Il n'y avait pas de bonne décision", s'est défendu le Premier ministre devant l'Assemblée nationale dans l'après-midi.
L'opinion publique, elle, est massivement favorable : de 74 à 78 % des Français approuvent l'abandon du projet d'aéroport selon les instituts Elabe pour BFMTV et Harris Interactive pour RMC et Atlantico.
L'alternative retenue est d'aménager l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, qui sera "modernisé" et dont la piste devra être prolongée. L'annonce de la décision a déclenché une explosion de joie dans la Zad. "C'est une immense joie pour tous ceux qui ont lutté contre le projet. Je pense aux anciens de la lutte qui sont partis", s'est réjoui Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, principale association d'opposants. À Nantes, environ 500 personnes ont fêté la décision en défilant dans le centre-ville en scandant : "Ce n'est qu'un début, continuons le combat !" Le mouvement anti-aéroport s'est engagé à rouvrir les accès à la Zad, tout en disant son "refus de toute expulsion" de ceux qui se sont installés illégalement sur place. Une "grande fête de l'abandon" est prévue sur place le 10 février.

Discussion avec Vinci

Né dans les années 60, relancé en 2000, attribué à Vinci par appel d'offres en 2010, le projet d'aéroport "du Grand Ouest" était devenu le symbole des atermoiements du quinquennat Hollande et le conflit environnemental le plus emblématique du pays. Pour ses partisans, le nouvel aéroport devait permettre d'accompagner le développement attendu du trafic aérien depuis Nantes, une des villes françaises à la plus forte croissance.
Le Premier ministre a reçu les parlementaires de Loire-Atlantique en début d'après-midi à Matignon. L'un d'eux, le LREM Yves Daniel, envisage de "renvoyer sa carte d'électeur" à son parti. Politiquement, la décision est une victoire pour le ministre de l'Écologie, Nicolas Hulot. "Je ressens du soulagement car il était temps pour tout le monde de décider, et de passer à autre chose", a-t-il dit au "Parisien", saluant "la moins mauvaise des solutions". "Gouverner c'est choisir" : c'est ce qu'après des années de tergiversations vient de faire courageusement Édouard Philippe", a écrit mercredi soir l'ancien Premier ministre Alain Juppé.
Pour ses opposants, Notre-Dame-des-Landes était devenu un de ces "grands projets inutiles" sacrifiant le bocage au nom du développement d'un mode de transport contradictoire avec les objectifs de la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Son abandon soulève la question de l'indemnisation prévue pour Vinci qui, selon le rapport remis à Édouard Philippe, pourrait aller jusqu'à 350 millions d'euros. Il y aura "une discussion entre l'État et son concessionnaire, qui portera sur les conditions dans lesquelles il peut y avoir ou non indemnisation", a dit Édouard Philippe à TF1, rappelant que Vinci exploitait déjà l'aéroport nantais actuel. Elle portera aussi sur "les conditions dans lesquelles on va exploiter à l'avenir Nantes-Atlantique, y compris en finançant un certain nombre de travaux", a-t-il précisé.

Marc Préel et Anne-Sophie Lasserre

Jeudi 18 Janvier 2018



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