Nouvelle-Calédonie : Édouard Philippe défend le "rééquilibrage" économique


Édouard Philippe, lors de son déplacement en Nouvelle-Calédonie avec une longue étape en province du Nord, territoire indépendantiste, a insisté sur les efforts menés depuis l'accord de Nouméa pour un rééquilibrage économique et social.


© Suez
© Suez
Depuis les accords de Nouméa (1998) qui prévoyaient un rééquilibrage territorial en faveur des zones majoritairement peuplées par les Kanak, "le développement économique est au rendez-vous", a souligné le Premier ministre au troisième jour de son déplacement en Nouvelle-Calédonie. Édouard Philippe a notamment visité l'un de ses emblèmes, l'usine de nickel KNS (Koniambo Nickel SAS), à Koniambo.
"Cette usine constitue un des éléments importants du dispositif de rééquilibrage de l'économie et de la production vers la province du Nord", a indiqué Édouard Philippe, soulignant l'effort de la société, codétenue par Glencore et la SMSP, société minière de la province Nord gérée par les indépendantistes, pour employer en majorité des Calédoniens. Au total, 85 % des 813 salariés sont Calédoniens. Un accord spécifique pour l'emploi des populations locales priorise l'emploi des habitants de la Province Nord.
"Ça fonctionne, de plus en plus de salariés sont originaires de Nouvelle-Calédonie et ont vu leur compétence évoluer", a salué le Premier ministre. "Le projet avance en dépit des difficultés liées au prix du nickel" et de problèmes techniques. "La deuxième ligne de production fonctionnera dans quelques semaines".

Le nickel, l'or vert du Caillou

Le minerai de nickel constitue avec les transferts publics de l'État la principale richesse de l'économie de la Nouvelle-Calédonie, dont la santé est très dépendante du cycle des cours de cette matière première. On le surnomme le "Roi Nick", tant le nickel incarne un personnage prédominant de la vie du Caillou, qui a marqué son histoire, sa démographie, son développement mais aussi ses paysages, saignés par l'extraction minière. L'île abrite, selon l'USGS (United States Geological Survey), 9 % des réserves mondiales, et se situe au sixième rang des producteurs. Opérateur historique du nickel calédonien, la Société Le Nickel (SLN), filiale du français Eramet, dont l'usine métallurgique se trouve à l'entrée de Nouméa, a longtemps été le seul maître à bord de cette industrie. Dans les années 2010, deux autres usines métallurgiques sont entrées en production et sont toujours en phase de montée en puissance. Koniambo, au nord de la Grande-Terre, que le premier ministre, Édouard Philippe, a visité lundi 4 décembre, est détenu à 51 % par la SMSP, société minière des indépendantistes de la province Nord, et à 49 % par le géant anglo-suisse Glencore. Au sud, le brésilien Vale exploite le vaste gisement de Goro dans une unité utilisant un procédé de traitement chimique innovant, qui a été confronté à de nombreuses péripéties techniques et à l'hostilité des populations locales. Du minerai brut (5,8 millions de tonnes en 2016) est également exporté en Chine, au Japon et en Corée, où la SMSP possède, en partenariat avec l'aciériste Posco, une usine métallurgique. Indispensable à la fabrication d'acier inoxydable, le nickel fournit 11 % de l'emploi privé (6.800 personnes) en Nouvelle-Calédonie, et environ le double si on inclut les emplois indirects et induits. Sa contribution à la valeur ajoutée oscille entre 3 et 20 %. En crise, ce métal a vu son cours divisé par deux entre 2011 et 2016, en raison de la progression des stocks et d'une montée en puissance de pays producteurs à bas coûts, Chine, Indonésie, Philippines... En Nouvelle-Calédonie, l'industrie a bénéficié d'un soutien financier de l'État mais tous les opérateurs ont mis en place des plans d'austérité et de compétitivité, tandis que toute l'économie est en repli.

Cécile Azzaro

Jeudi 7 Décembre 2017



Lu 510 fois



Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 22 Février 2018 - 14:24 Cobalt : Kinshasa joue avec les nerfs des marchés €


     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers





Accès rapide





















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 1/03/2013
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse