Novatrans : mauvais présage pour le report modal


Les difficultés de Novatrans, filiale de transport combiné du groupe SNCF, et sa liquidation éventuelle sont un mauvais présage pour le report modal, de la route au rail, pourtant voulu par le Grenelle de l'environnement.


© Novatrans
© Novatrans
L'avenir de Novatrans (257 salariés) restait incertain vendredi 8 juin après l'échec d'une rencontre entre les syndicats et le directeur général du groupe SNCF Geodis, Pierre Blayau, qualifiée de "simulacre" par les représentants des salariés. Acquis en 2009 par la SNCF, le transporteur a accumulé depuis près 50 millions d'euros de pertes, malgré l'injection de 60 millions d'euros par sa maison mère. "Novatrans sera peut-être le premier opérateur historique européen de transport combiné à mettre la clé sous la porte, ce qui n'est pas de bon augure pour l'avenir du report modal", a dit un spécialiste du secteur.
Dans les conclusions du Grenelle de l'environnement, le transport combiné faisait partie des solutions à promouvoir pour réduire l'impact environnemental des transports de marchandises. Or, le dispositif qui consiste à associer le camion au train pour le transport de fret ne concerne en France que 4 % du trafic total dont l'essentiel est aujourd'hui assuré par la route (environ 80 %). "C'est une spécificité nationale alors que le transport combiné se porte plutôt bien en Europe et notamment en Allemagne", affirme un spécialiste du secteur qui raconte que la France a fait "le choix politique de privilégier le transport de voyageurs par le train au détriment du fret". "Le résultat, ce sont des sillons incertains, parfois modifiés peu de temps avant la circulation du convoi qui altèrent la fiabilité du système et accentue son déclin", analyse-t-il. Compliquent la situation aussi les travaux en cours pour remettre le réseau à niveau, effectués prioritairement la nuit, période occupée par les convois de marchandises.
"Certains de nos clients chargeurs, même parmi ceux qui ont fait l'expérience de combiné ferroviaire, reviennent vers la route", explique-t-on à la fédération des entreprises de Transport et logistique de France (TLF). Autre argument justifiant le faible score du duo rail-route : l'option n'est techniquement et économiquement pertinente que pour de longues distances (au-delà de 500 km). "Or, la plus grosse part des transports s'effectue à courte distance (moins de 200 km) et donc par la route", souligne-t-on à TLF. Mais la débâcle de Novatrans est aussi révélatrice d'une autre spécificité française, "l'omniprésence de la SNCF sur le secteur, via Geodis qui est aussi leader du transport routier en France", analyse un professionnel. "Le nom de Geodis est associé à la route alors les opérateurs routiers rechignent à apporter du fret à celui qu'ils considèrent comme un concurrent", ajoute-t-il.
À l'issue de la réunion de vendredi, les syndicats ont réclamé "une véritable table ronde pour trouver des solutions afin que le transport combiné tienne la route". Ils avaient récemment déclaré que le projet de cession de l'entreprise n'avait recueilli "qu'un repreneur potentiel sérieux". Une source proche du dossier a informé vendredi que le groupe de transport multimodal Charles André Transports (GCATrans) avait étudié le dossier Novatrans. "C'est une hypothèse qui est possible lorsque l'on sait que le secrétaire général de CGA, Jean-Christophe Pic, est aussi président de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), CGA et FNTR possédant environ 2 % du capital de Novatrans", a ajouté cette source. D'autres professionnels penchent plutôt pour un arrêt de l'activité avant la reprise possible "de certaines activités de Novatrans" par une autre filiale de SNCF Geodis, Naviland Cargo, spécialisée dans le conteneur maritime.

Franck Iovène

Lundi 11 Juin 2012





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