Olivier Ferrand : "Les investisseurs croient en notre capacité de développement"


À la sortie espérée de la pandémie, Haropa Port présente des chiffres contrastés mais compte bien, selon son directeur de la stratégie et du développement Olivier Ferrand, sur une vague d’investissements publics et privés sans précédent, sur la transition écologique et sur les phénomènes de congestion de ses concurrents.


© Haropa Port
© Haropa Port
Haropa Port a été créé le 1er juin sur l’axe Seine. Cette nouvelle entité entraîne-t-elle un changement dans la stratégie des ports ?

La peinture de la fusion est encore fraîche, nous déployons une nouvelle organisation et renforçons notamment notre dispositif d’intelligence économique qui doit nous permettre de mieux identifier nos pistes de développement, nos principaux relais de croissance comme les synergies industrielles nous permettant de renforcer notre tissu industriel. Cette nouvelle direction compte plus d’une vingtaine de collaborateurs spécialisés en études économiques, marketing, opportunités commerciales…
Mais seul l’outil a changé, qui nous donne les moyens de nos ambitions, et non pas notre stratégie multi-filière à horizon 2025. De même, les équipes commerciales et marketing ont été regroupées au sein d’une même direction "Flux et filières".


Les chiffres à l’heure des bilans, semblent difficiles à interpréter. Quelle lecture en faites-vous ?

Il y a façon et façon de lire le développement d’un port. On peut se pencher sur les chiffres. Ils existent, mais ce n’est là que l’écume. Prenez la filière des céréales : avec 5,4 millions de tonnes en septembre 2021, elle affiche une baisse de 23 % par rapport à 2020. Mais le chiffre seul ne vous dit pas que 2020 a été la campagne la plus forte jamais connue puisqu’elle approchait les 10 millions de tonnes.

"Nous mettons sur le marché de nouvelles disponibilités foncières sur nos trois ports pour prolonger cette vague d’investissements"


D’ailleurs le segment des céréales ne raisonne par en termes de trafic, mais de part de marché, et Haropa en réunit plus de 50 %. Il en va de même pour la filière touristique pour laquelle les croisières ont seulement repris à la fin de l’été. Il y a eu quatorze escales pour Rouen et Le Havre et ces chiffres n’indiquent rien du service d’hiver lancé par MSC Croisières, qui est une nouveauté.

Si les chiffres sont de piètres outils, comment lisez-vous la situation actuelle ?

Sous l’écume des chiffres, il faut considérer une vraie lame de fond portée par deux éléments : des investissements publics à hauteur de 1,45 milliard d’euros d’ici 2025 pour développer notre offre et améliorer nos infrastructures et une vague d’investissements privés de la part de clients plus importante que pendant toute la période 2020-2025. Beaucoup d’investisseurs se sont penchés sur notre berceau parce qu’ils croient en nous, en notre capacité de développement. Il n’y a pas, par exemple, la même congestion routière qu’à Anvers et Rotterdam, il y a la de la place pour une croissance sereine et équilibrée.

Quelle sera donc votre priorité pour 2022 ?

Sans nul doute l’offre foncière. Nous avons beaucoup de demandes pour des terrains. Et bien sûr, revers de la médaille, nous avons moins de terrains. Il faut donc préparer la suite. Nous mettons sur le marché de nouvelles disponibilités foncières sur nos trois ports pour prolonger cette vague d’investissements enclenchée cette année.


En quoi la transition énergétique vous affecte-t-elle ?

Un constat : d’un côté, la fermeture de la raffinerie de Grandpuits, qui entraîne une perte de sèche de 3,5 à 4 millions de tonnes de pétrole, de l’autre, l’émergence de nouvelles filières à des stades de maturité différents. Ainsi la biomasse, qui semble promise à un bel avenir et pour laquelle Haropa est le premier port. Nous essayons de basculer les flux vers la vallée de la Seine, en mettant, par exemple, des terrains à disposition.

Et puis, il y a la filière du bois de construction. Dans le cadre de la transition énergétique, elle suscite un fort intérêt. Il nous appartient de construire toute la chaîne logistique pour permettre à ce produit de trouver son marché. L’enjeu, car le marché de la maison en bois va croître, est de trouver les bons relais logistiques à travers nos trois ports.
Il s’agit, aussi, de "fluvialiser" ce bois de construction et de répondre ainsi à une demande émergente. Enfin, la filière des bioplastiques ne manque pas d'intéresser si on s’en réfère aux nombreux prospects. Il y a d’ailleurs le projet d’une nouvelle production industrielle sur le site de Total. Les bioplastiques et les biocarburants représentent l’avenir.


La transition énergétique serait donc un atout pour vous ?

Un nombre de plus en plus élevé de grands groupes et d’acteurs logistiques ont bien intégré le fait qu'il va falloir construire des chaînes logistiques plus vertueuses. Il y a la pression écologique, mais il y va aussi de leur intérêt. D’ailleurs, ils se font auditer par des organismes de certification pour démontrer que leurs choix logistiques, entre autres, sont les moins générateurs de CO2.
À cet égard, il est préférable de faire du fluvial à partir du Havre que de décharger des marchandises à Anvers et de les redescendre en camion sur l’Île-de-France. Après une période de prise de conscience, nous sommes entrés dans une phase décisionnelle qui va mener au verdissement des chaînes logistiques.

Natalie Castetz

Mardi 30 Novembre 2021



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