"On ne peut éternellement exonérer les camions"


Le secteur des poids lourds devra aussi faire sa part en faveur de la transition écologique, a dit le ministre Nicolas Hulot, interrogé sur la possibilité d'introduire une taxe sur les camions transitant en France.


© Scania
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Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, s'est dit contre un projet d'"écotaxe" tel que celui lancé en 2009 puis abandonné en 2014. "On ira d'échec en échec sur ce type de dispositif quand on le fait dans la brutalité", a-t-il estimé jeudi 6 juillet. "Mais en même temps on ne peut pas exonérer éternellement certains secteurs de la transition énergétique. Donc il va falloir un certain nombre de signaux. Cette exonération ne peut être définitive", a-t-il prévenu. "Maintenant, on peut programmer pour que cette exonération petit à petit se réduise. Il faut donner à ces secteurs la possibilité de s'y préparer", a-t-il ajouté, après avoir présenté son plan contre le réchauffement climatique.

Compenser une hausse par une diminution

Selon lui, "dans le transport routier il existe beaucoup de technologies qui permettraient probablement aux camions de réduire leur consommation et donc leurs émissions. Des dispositifs assez simples, par exemple pour récupérer l'énergie sur les pots d'échappement et la réinjecter dans le moteur. Je voudrais inciter à la créativité et à l'imagination : on peut compenser une hausse par une diminution".

"Il faut bien que quelqu'un paie les infrastructures"


La ministre chargée des Transports, Élisabeth Borne, a justifié jeudi son intention de taxer les poids lourds en transit dans l'Hexagone, expliquant qu'"il faut bien que quelqu'un paie" les infrastructures de transport alors qu'"il manque 10 milliards" d'euros pour les financer d'ici 2022. "Entre les besoins pour maintenir nos réseaux en état, les moderniser, et les engagements qui ont été annoncés" par le précédent gouvernement, "il manque 10 milliards sur le quinquennat", a-t-elle déclaré lors d'un débat organisé par la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et le journal économique "La Tribune".
"À un moment donné, il n'y a pas de mystère. C'est l'utilisateur ou le contribuable qui paye", a insisté Élisabeth Borne, soulignant que "beaucoup de poids lourds sont en transit sur notre territoire et ne participent pas au financement des infrastructures". La ministre chargée des Transports avait affirmé mardi 4 juillet sa volonté de "faire payer ces poids lourds" sans pour autant "relancer en l'état" l'écotaxe abandonnée par ses prédécesseurs. Plusieurs fédérations patronales de transporteurs routiers ont fait savoir mercredi 5 juillet que l'écotaxe, "sous quelque forme que ce soit", demeurait "une ligne rouge pour la profession".
"Je n'ai clairement pas annoncé le retour de l'écotaxe", a répondu Élisabeth Borne, préférant "apporter des réponses qui tiennent compte de la spécificité des différents territoires" plutôt que d'imposer "une réponse inventée à Paris qui s'applique partout". Ouverte aux demandes des "régions qui ont envie d'avancer sur ce point", la ministre a aussi lancé un appel aux sociétés concessionnaires d'autoroutes pour apporter leur savoir-faire technique. "Il y a des gens dont c'est le métier de collecter des péages, je compte sur eux pour nous proposer des bonnes réponses", a indiqué celle qui fut, il y a dix ans, responsable des concessions du groupe Eiffage.
Selon le Commissariat général au développement durable, l'activité de transport de marchandises des poids lourds immatriculés en France (mesurée en tonnes-kilomètres) a augmenté de 1,9 % au premier trimestre après une stabilisation fin 2016. Le transport national a progressé de 2,2 %.

AFP

Vendredi 7 Juillet 2017



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