Pollution atmosphérique : un capitaine de paquebot poursuivi pour la première fois



© P&O Cruises
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La justice a frappé un coup en matière de lutte contre la pollution atmosphérique causée par les navires en engageant pour la première fois des poursuites à Marseille contre le capitaine d'un navire de croisière qui avait enfreint les normes. Le renvoi devant le tribunal correctionnel du capitaine de l'"Azura", un géant des mers de la compagnie P&O Ferries de 300 mètres de long pouvant accueillir jusqu'à 3.000 passagers, est une première sur le littoral méditerranéen, a expliqué le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux. Il s'agit même probablement d'une première en France, depuis l'imposition de nouvelles normes sur le carburant employé dans les navires, sous l'impulsion de l'Europe en 2015, a précisé une source proche du dossier.
Comme dans d'autres villes dotées de grands ports, la pollution atmosphérique est un point noir dans la cité phocéenne, où le développement rapide du trafic des paquebots, très polluants, inquiète les défenseurs de l'environnement. France Nature Environnement évoque un nombre de particules fines "100 fois plus élevé" à proximité du port que dans d'autres parties de la cité phocéenne. Cette pollution s'explique par la teneur en soufre des carburants, jusqu'à 3.500 fois plus élevée que le gasoil des voitures, selon FNE. Évoquant les poursuites engagées contre le capitaine de l'"Azura", Richard Hardouin, référent "air" de France Nature Environnement, a salué "une très bonne nouvelle, un signal positif sur la réalité des contrôles et leurs effets".

"Un signal très fort juste avant l'été"

Le député LREM des Bouches-du-Rhône Saïd Ahamada, rapporteur spécial de la Commission des finances sur les affaires maritimes à l'Assemblée nationale, y a aussi vu "un signal très fort juste avant l'été". En croisade contre la pollution maritime qui affecte notamment les quartiers Nord de la ville, où il a été élu, il prône "la tolérance zéro pour la pollution en mer" et dénonce "l'avantage concurrentiel des navires qui ne respectent pas la législation" - le fuel lourd, plus polluant, étant moins cher.
Le fuel brûlé par l'"Azura", un paquebot construit en 2010, a été contrôlé le 29 mars, dans le port de Marseille, par des spécialistes du bureau de contrôle des navires, selon la source proche du dossier. Lorsque les analyses sont tombées, le navire était reparti mais les militaires de la gendarmerie ont pu "le tracer", ainsi que son "pacha", et l'auditionner lors d'une nouvelle escale, jeudi 19 avril, à la Seyne-sur-Mer, dans le Var. L'homme, qui n'est pas français mais dont la nationalité n'a pas été précisée, a été entendu avec un interprète et a reconnu avoir employé un carburant ne respectant pas la concentration réglementaire maximale en soufre, a précisé le procureur de Marseille.
La teneur en soufre relevée atteignait 1,68 %, au-dessus de la limite de 1,5 % inscrite dans la loi fin 2015 pour les navires transportant des passagers en Méditerranée. Pour les autres navires, la limite est à 3,5 %. Après le 1er janvier 2020, la limite sera abaissée à 0,5 % pour tous les navires. Pour FNE, cette législation reste trop souple, et "fait de la Méditerranée une poubelle, puisqu'on y recycle les vieux navires trop polluants, interdits en Baltique par exemple où la règle est plus dure" et où le seuil est fixé à 0,1 %.
Le capitaine de l'"Azura" a été convoqué devant le tribunal correctionnel de Marseille pour le 9 juillet, et risque un an de prison et 200.000 euros d'amende. La compagnie britannique P&O Cruises, filiale du géant de la croisière Carnival et propriétaire du navire qui bat pavillon des Bermudes, n'est à ce stade pas poursuivie.

Francois Becker et Julie Pacorel

Lundi 23 Avril 2018



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