Regards croisés sur la réforme portuaire


À l’heure des premiers bilans, entreprises de manutention et autorités portuaires semblent satisfaites de l’application de la réforme portuaire ainsi que de la nouvelle convention collective unifiée. UPF et Unim identifient toutefois plusieurs lacunes présentées lors d’un débat à l’initiative conjointe du Propeller Club de Paris et du Cercle du conteneur.


© RFF/Giraud Philippe
© RFF/Giraud Philippe
Sur le fond, les objectifs de la réforme ont été atteints selon l’Union des ports français (UPF) et l’Union nationale des industries de la manutention portuaire (Unim) : "Elle met fin au déficit récurrent de l’exploitation des outillages dans les comptes des autorités portuaires, normalise l’organisation des ports français par rapport à leurs concurrents européens, et clarifie les règles commerciales et contractuelles entre entreprises de manutention et armements à travers le commandement unique, la gestion des investissements, des outillages et des personnels liés", déclare Christian Paschetta.

François Soulet de Brugière, président de l’UPF © UPF
François Soulet de Brugière, président de l’UPF © UPF
Avec sa double casquette de président de l’UPF et de chargeur, François Soulet de Brugière salue le "retour de la fiabilité et le changement d’état d’esprit sur les quais concrétisés par la reprise de parts de marché et des gains de productivité de 15 à 18 %... qui n’apparaissent pas encore dans les tarifs des compagnies maritimes". Quant à la convention collective unifiée, "une fois résolus quelques cas individuels, sa mise en œuvre sera achevée fin juin", assure-t-il. Passé ce satisfecit, les deux unions identifient plusieurs lacunes à commencer par la gouvernance des Grands Ports maritimes. Dans le but de mieux remonter les attentes du terrain, Christian Paschetta se prononce pour "l’ouverture des Conseils de surveillance aux acteurs économiques privés". Et pour justifier cette position, il souligne "la difficulté de dégager des consensus" au sein des Conseils de développement en raison de la grande diversité de collèges et d’intérêts qu’il héberge. Plus tempéré, François Soulet de Brugière rappelle que "la composition actuelle des Conseils de surveillance répond au souci des Pouvoirs publics d’empêcher la prise illégale d’intérêt". Sur les Conseils de développement, il constate que leur fonctionnement diffère selon les ports et reconnaît que leur poids pourrait être renforcé.

D’assembliers à investisseurs

S’agissant des détachements, le transfert des personnels de conduite "s’est globalement bien déroulé mais il reste encore du travail dans la maintenance", concède Christian Paschetta.

Christian Paschetta, président de l’Unim © E. D.
Christian Paschetta, président de l’Unim © E. D.
Chez les manutentionnaires, le passage du rôle "d’assemblier imposé par l’organisation antérieure, à celui d’investisseur a été mal apprécié. L’organisation précédente supposait une faible surface économique et n’a pas permis l’émergence de grands groupes de manutention. Aujourd’hui, nous sommes dans un environnement où l’entreprise de manutention engage de lourds investissements, supérieurs à 100 millions d'euros, nécessitant des garanties auprès des banques. Focalisés sur le social, cette dimension économique et financière a été sous-estimée". Sur le coût de la réforme et les emplois créés enfin, "c’est sur la durée qu’il faudra les évaluer", insiste-t-il. Non candidat à sa réélection à la tête de l’Unim, il note par ailleurs que le paysage capitalistique de la manutention portuaire française a déjà profondément évolué avec l’arrivée de grands manutentionnaires étrangers et de compagnies maritimes.

Les suites de la réforme

Si la tension née de l’avis de la Cour des comptes sur les cessions d’outillages portuaires n’est pas tout à fait apaisée, Unim et UPF se rejoignent sur les suites à donner à la réforme. "Faite pour sept Grands Ports maritimes métropolitains, elle est loin de répondre aux préoccupations de tous les ports", constate François Soulet de Brugière.

"Aménager la réforme pour les ports concédés"


Pour quatre ports ultramarins*, une réforme est lancée, "ne manque plus qu’un décret d’application", précise-t-il. Le travail de réforme est toujours sur la table dans les vingt ports concédés en revanche. L’Unim a fait des propositions d’aménagement en avril en y incluant, de façon plus globale, la fiscalité sur le dispositif de cessation anticipée d’activité. L’UPF semble elle aussi prête à une adaptation sur les ports concédés. "Au regard de leurs trafics et du nombre d’opérateurs, il est toutefois difficile d’y créer une réelle compétition. Il apparaît donc plus facile que les autorités portuaires gardent un périmètre de gestion élargi", avance François Soulet de Brugière. Unim et UPF se retrouvent aussi contre le nouveau projet européen Port package. Elles s’interrogent enfin sur l’impact pour le secteur des prochaines négociations sociales annoncées par le nouveau gouvernement préférant une pause sociale dans l’immédiat.

* Fort-de-France, Dégrad-des-Cannes, Pointe-à-Pitre et Port Réunion

Érick Demangeon

Vendredi 1 Juin 2012





     

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