SNCF : les cheminots se prononcent massivement contre la réforme


Près de 95 % des cheminots ayant participé à la "vot'action" syndicale ont dit non à la réforme ferroviaire, qui a commencé à être examinée mercredi 23 mai par le Sénat, avant de nouvelles rencontres bilatérales à Matignon vendredi 25 mai entre le Premier ministre et les syndicats de la SNCF.


180 cheminots grévistes ont bloqué les accès d'une plateforme Geodis à l'Est de Lyon lundi 14 mai © Sud-Rail
180 cheminots grévistes ont bloqué les accès d'une plateforme Geodis à l'Est de Lyon lundi 14 mai © Sud-Rail
Organisée du 14 au 22 mai, la consultation a enregistré un taux de participation "exceptionnel" de 61,15 %, avec 91.068 cheminots (sur près de 147.000) qui ont pris part au vote dans les "564 urnes déployées dans le pays", a annoncé Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots, appelant le gouvernement "à écouter les cheminots" et exigeant de "véritables négociations".
Les syndicats CGT, Unsa, Sud-Rail et CFDT ont adopté mercredi 23 mai "une position commune sur les demandes" qu'ils présenteront à tour de rôle à Édouard Philippe vendredi 25 mai, ont-ils indiqué. "On ne fait pas une réforme contre l'avis des principaux experts en la matière et de ceux qui vont devoir la mettre en œuvre au travers de leur travail", a insisté Laurent Brun, relevant une "très forte participation de l'encadrement" - traditionnellement peu gréviste.

"Sud-Rail demande à Guillaume Pepy de présenter sa démission"


Ce vote "est un élément incontestable que le gouvernement doit prendre en compte" et la direction de la SNCF, "totalement discréditée, doit également en tirer toutes les conséquences", a résumé l'intersyndicale. Fort du score de la "vot'action", Sud-Rail a demandé au patron de la SNCF, Guillaume Pepy, "de présenter sa démission au gouvernement avant la fin de la semaine", a déclaré son porte-parole, Érik Meyer.
Cette consultation a été qualifiée de "pétition" par le gouvernement et la direction de la SNCF. Elle s'est déroulée "en dehors de tout cadre légal", sans isoloirs, ni huissiers, a commenté la direction de la SNCF, promettant par ailleurs "un dialogue social constructif" en interne.

"Modifier des bricoles"

Les quatre syndicats souhaitent également un allongement du calendrier des négociations de la convention collective nationale du transport ferroviaire, qui doit être bouclée avant la fin des embauches au statut de cheminot à la SNCF, le 1er janvier 2020. Ce calendrier serré pour "cinq accords à négocier" au niveau de la branche "démontre l'impréparation" du projet, a critiqué Érik Meyer.
Le secrétaire général de l'Unsa ferroviaire, Roger Dillenseger, a dénoncé "une réelle approximation" du gouvernement "sur tous les dossiers" de ce projet géré "dans un vrai brouillard". Unsa et CFDT ont été les seuls syndicats à proposer au gouvernement des amendements au projet de loi réformant la SNCF en vue de son examen au Sénat. Roger Dillenseger a prévenu que l'objectif n'était pas de "modifier des bricoles".
Adoptée mercredi par la commission de l'Aménagement du territoire et du Développement durable du Sénat, la réforme a reçu "des modifications substantielles", en particulier en renforçant les garanties offertes aux salariés en cas de transfert chez de nouveaux opérateurs dans le cadre de l'ouverture à la concurrence, a indiqué la commission. Il est aussi prévu, pendant une période déterminée, que les salariés réembauchés au sein de la SNCF bénéficient à nouveau du statut de cheminot.
Concernant les transferts, "on n'est toujours pas à l'objectif, on ne peut pas se satisfaire" de ce texte, même si "la priorité est donnée au volontariat", a dit Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de la CFDT-Cheminots. Et le retour des salariés au sein de la SNCF en "réintégrant le statut" de cheminot doit pouvoir se faire "à tout moment", a-t-il ajouté.  
Le texte arrivera en séance publique au Sénat à partir de mardi avant un vote solennel le 5 juin. Ces annonces ont coïncidé avec le 21e jour de grève de la mobilisation par épisode. Le taux de grévistes a chuté mercredi à 14,22 %, son plus bas niveau en semaine depuis le début du conflit, selon les chiffres de la direction. Et celui des conducteurs en grève (49,2 %) est passé pour la première fois sous les 50 %.

Dette : entre 30 et 35 milliards d'euros repris par l'État

Le rapporteur du projet de réforme ferroviaire, Jean-Baptiste Djebbari (La République en marche), a annoncé jeudi 24 mai sur LCP que l'État reprendrait "entre 30 et 35 milliards d'euros" de la dette de la SNCF. L'ardoise de la compagnie ferroviaire s'élève à 47 milliards pour SNCF Réseau et 8 milliards pour SNCF Mobilités. Jean-Baptiste Djebbari a estimé que l'intervention de l'État, qui s'accompagnera "d'investissements dans le système ferroviaire", équivaudrait à "un point et demi de PIB". "Le Premier ministre s'exprimera vendredi 25 mai sur le niveau de reprise de la dette et l'investissement dans le système ferroviaire", a ajouté le député de Haute-Vienne. Le montant des investissements prévus n'est "pas encore tout à fait arbitré", d'après Jean-Baptiste Djebbari, mais ceux-ci devraient concerner "l'infrastructure : le réseau, le fret, les voies, la signalisation", a détaillé le rapporteur du projet de loi.

Élisabeth Rolland

Jeudi 24 Mai 2018



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