Très en retard, la France inaugure enfin sa première éolienne en mer


La France, qui a accumulé un retard conséquent dans le domaine, a inauguré sa première éolienne en mer, sur le port de Saint-Nazaire, où elle a été assemblée avant d'être remorquée et mise en service au large du Croisic début 2018.


Baptisée "Floatgen", cette première éolienne offshore de France a la particularité d'être flottante © Ministère de la Transition écologique et solidaire L. Bilot Terra
Baptisée "Floatgen", cette première éolienne offshore de France a la particularité d'être flottante © Ministère de la Transition écologique et solidaire L. Bilot Terra
Très en retard, la France a inauguré vendredi 13 octobre enfin sa première éolienne en mer. Baptisée "Floatgen", cette première éolienne offshore de France, de taille modeste par rapport à celles qui seront amenées à lui succéder, a la particularité d'être flottante. Une technologie encore émergente, puisqu'il n'existe aujourd'hui que six démonstrateurs à travers le monde, notamment au Japon, contre plus de 3.600 éoliennes dites "posées".
Les pales de "Floatgen", dont le diamètre atteint 80 mètres, étaient plongées dans le brouillard vendredi matin sur les quais du port où sa construction a débuté en juin 2016 après trois années d'études. Équipée d'une turbine de 2 mégawatts, elle repose sur un flotteur de forme carré et de couleur jaune, qui sera ancré au plancher marin par six câbles en nylon, une fibre synthétique élastique et non corrosive, contrairement aux chaînes habituelles.

"Floatgen sera remorquée début 2018 à 22 km du rivage"


"Les éoliennes flottantes ont pour premier avantage sur les éoliennes "posées" de pouvoir être montées à terre, plutôt qu'en pleine mer, ce qui limite à la fois les risques et les coûts", a expliqué Paul de la Guérivière, PDG d'Ideol, coordinateur de ce projet de 25 millions d'euros, porté par un consortium de sept partenaires européens. "Elles sont par ailleurs libérées des contraintes de profondeur, là où les éoliennes classiques doivent fonctionner dans des eaux relativement peu profondes, de l'ordre de 40 mètres, mais suffisamment loin des côtes, ce qui ne se trouve quasiment qu'en mer du Nord", a-t-il ajouté. "Les éoliennes flottantes peuvent être installées dans des zones où les vents sont plus forts et réguliers."
"Floatgen" sera ainsi remorquée au début de l'année 2018, en fonction des conditions météorologiques, à 22 km du rivage, au large du Croisic, sur un site d'expérimentation de 1 km2 exploité par l'École centrale de Nantes. Une fois raccordée au réseau électrique par un câble haute tension déjà en place, elle fera pendant deux ans l'objet de tests en conditions réelles. Posée sur un flotteur en béton, matériau plus léger que l'acier utilisé dans des projets concurrents, elle doit être capable de résister aux tempêtes et à des vagues de 16 mètres.

Manifestation de dockers en colère

"On trouve de l'innovation à tous les étages", a souligné Nicolas Jestin, directeur commercial de Bouygues Travaux Publics. "Ce n'est qu'un point de départ, pas une finalité. Ce prototype préfigure de ce qu'on espère devenir une filière". Très en retard sur le Royaume-Uni, l'Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark, locomotives européennes de l'éolien offshore, la France compte sur le flottant pour exploiter ses gisements de vent les plus importants, en Bretagne et en Méditerranée. Quatre projets de fermes pilotes y ont déjà été retenus, au large de l'île de Groix (Morbihan), de Gruissan et Leucate (Aude) et de Faraman (Bouches-du-Rhône).
"Nous sommes en retard, c'est une évidence. Parmi tous les obstacles rencontrés, il y a le problème d'acceptabilité des projets par les riverains, les militants, les syndicats", a déclaré Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, alors qu'une centaine de travailleurs portuaires opposés à la taxe carbone ont fait face aux CRS toute la matinée à proximité du site de l'inauguration.
"Nos procédures sont trop longues, nos règles trop opaques", a également admis Sébastien Lecornu, appelant à une "simplification" et à une "meilleure concertation en amont". L’État, qui a contribué à "Floatgen" à hauteur de 9 millions d'euros dans le cadre de son programme d'investissements d'avenir, doit lancer un nouvel appel à projets pour des éoliennes flottantes, "avenir de l'éolien en mer", selon les différents acteurs de cette première française.

Sébastien Duval

Lundi 16 Octobre 2017



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