Umep : "Nous sommes à la croisée des chemins"


Malgré les bons chiffres du port du Havre pour le premier semestre 2017, le président de l’Union maritime et portuaire du Havre, Michel Segain, prône à nouveau l’urgence à réaliser des investissements et fédérer les énergies.


Michel Segain, président de l'Umep © Éric Houri
Michel Segain, président de l'Umep © Éric Houri
Le 11 septembre, l'Union maritime et portuaire du Havre (Umep) signait une convention de partenariat avec un membre associé, Synerzip-LH. Cette association regroupe quelque 80 établissements (dont seize sites Seveso) et partenaires institutionnels mobilisés autour du développement économique et les risques technologiques de la zone industrialo-portuaire du Havre.
Objectif de la convention : "Promouvoir l’émergence de pratiques collaboratives au bénéfice des acteurs du territoire". Thématiques retenues pour le territoire havrais et l'axe Seine : la sûreté/sécurité, la circulation des biens et des personnes, l'échange d'offres et de demandes d'emplois, l'échange d'information à caractère promotionnel.
 
32.000 emplois

Voilà bien l’action menée par l’Union maritime et portuaire du Havre : échanger, rassembler, mutualiser. Et, bien sûr, "chasser en meute". Ce leitmotiv, cela fait deux ans, depuis qu’il préside l'Umep, que le transitaire Michel Segain n’a de cesse de le répéter. Inlassable, et sans crainte de lasser. Alors il pousse les portes, rencontre les élus et les professionnels, envoie des courriers, interpelle, invite les candidats à la présidentielle à venir au Havre visiter les installations portuaires. Avec une obsession : renforcer le poids de l’axe Seine, inscrit au sein du corridor Atlantique (RTE-T) et celui de la place portuaire havraise qui, assure-t-il chaque fois, "représente au total 32.000 emplois salariés". Pour "chasser en meute", l’Umep a élargi son conseil d’administration aux associations des transporteurs routiers et s’est fédérée avec les unions patronales de l’axe Seine en créant, en 2016, la Fédération des communautés portuaires de l’axe Seine (FCPAS) qui "regroupe près de 60.000 salariés".
 
"Task force" à Bruxelles

Depuis deux ans, le président de l’Umep n’a eu de cesse également de critiquer l’absence de représentativité de la place portuaire auprès des instances européennes. Il a rappelé "la nécessité d’avoir une meilleure connaissance des appels d’offres européens et de récupérer des subventions qui nous manquent fortement, en comparaison de celles qui sont décernées aux ports nord-européens". Pour faire du lobbying à Bruxelles, des groupes de travail se sont tenus, une "task force" vient d'être mise en place, délégation mutualisée comprenant une dizaine de collectivités et d’acteurs de l’économie régionale. L’Umep vient de lancer le recrutement d'un collaborateur dédié.

"C’est maintenant, alors que le trafic va mieux, qu’il faut investir !"


Côté développement économique, la fédération qui regroupe 600 entreprises travaille sur le développement de la filière GNV et a lancé début 2017 la première plateforme mutualisée pour le traitement des grumes. Suite à l’interdiction du ministère de l’Agriculture d’exporter des grumes traitées chimiquement et de délivrer de certificat phytosanitaire, l’Umep et la FCPAS ont mis en place un traitement des grumes par solution thermique. Opérationnelles depuis fin janvier, les nouvelles unités de désinfection ont traité 2.000 conteneurs. Le trafic de grumes est estimé au Havre à 45.000 EVP par an.
 
"On manque de courage"

Et pourtant. Malgré les bons chiffres affichés par le port pour ce premier semestre, qui montrent que Le Havre confirme sa croissance et reconquiert des parts de marché sur le range Nord, Michel Segain ne décolère pas : "On manque de courage et on n’est plus crédible à force de ne plus oser ! Nous sommes à la croisée des chemins. C’est maintenant, alors que le trafic va mieux, qu’il faut investir !" Et, à nouveau, l’Umep estime urgentes, pour Port 2000, la création d’un accès fluvial direct et la mise en service de deux nouveaux postes à quai. Des travaux que Michel Segain estime respectivement à hauteur de 100 millions d’euros et 1 milliard d’euros. "C’est peu si l’on regarde les fonds européens tels que les 500 milliards d’investissements prévus dans les plans Junker à l’échéance 2020 et 630 milliards dès 2022".

Natalie Castetz

Lundi 18 Septembre 2017



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