Une centaine de postes de pilotes maritimes à pourvoir d’ici cinq ans


Entre 2020 et 2025, la Fédération française des pilotes maritimes prévoit de doubler ses recrutements. Le maintien d’un pavillon français fort est l’une des conditions du succès de cette prochaine campagne. La réforme des retraites et l’avenir du régime des marins sont suivis avec vigilance tout comme le développement des navires dits "autonomes".


Christophe Reux, secrétaire général, et Jean-Philippe Casanova, président de la FFPM  © Érick Demangeon
Christophe Reux, secrétaire général, et Jean-Philippe Casanova, président de la FFPM © Érick Demangeon
Lors du 105e congrès de la Fédération française des pilotes maritimes (FFPM) du 14 au 16 mai à Paris, deux sujets sociaux ont alimenté les débats dont l’évolution de la pyramide des âges des pilotes maritimes en métropole et en Outre-Mer. "Les besoins en recrutement de la profession augmenteront et seront autour de 100 pilotes entre 2020 et 2025. Une seconde vague est attendue entre cinq et dix ans après", déclare Jean-Philippe Casanova. Sur la première période, le président de la fédération prévoit le recrutement d’une vingtaine de pilotes par an, soit le double qu’actuellement. "Pour satisfaire ce besoin, il est essentiel d’avoir un vivier d’officiers et de maintenir un pavillon français fort. Toute perte de filière maritime est préjudiciable pour le pilotage" sachant que, pour prétendre au concours de la profession, un minimum de 72 mois de navigation effective est exigé.

Réforme des retraites

Avec la même acuité, la réforme des retraites vers un régime universel inquiète les pilotes. À l’instar de tous les marins, ils sont soumis au régime ENIM qui prévoit une limite d’âge légale de départ à la retraite à 55 ans. "Ce régime tient compte de la pénibilité du travail et des métiers en mer", rappelle Jean-Philippe Casanova. "Avec l’ensemble des marins, nous plaidons pour que cette pénibilité soit intégrée à la réforme. La fédération demeure à la disposition du haut-commissariat chargé de la mener (HCRR), du Conseil des gens de mer (CSGM), des organisations représentatives et de toutes les parties prenantes pour travailler ensemble et en amont". Pour témoigner des spécificités de leurs activités, la FFPM a réalisé un film et une plaquette présentant, notamment, les opérations d’embarquement et de transfert. Il y est montré par exemple la dangerosité et les responsabilités des pilotes appelés à intervenir H24, 365 jours par an, quelles que soient les conditions de mer et climatiques. "Peu de personnes savent que 50 % de nos interventions se déroulent la nuit. Ce film et cette plaquette visent à montrer la réalité de notre métier".
 
Navires autonomes

Dans le cadre des travaux menés au sein d’instances européennes, comme l’EMPA, et internationales, comme l’IMPA et l’OMI, le congrès a été l’occasion également d’aborder les questions liées au développement des navires autonomes. "Nous sommes vigilants sur les évolutions réglementaires en la matière et sommes convaincus que le concept de navire autonome n’aura pas notoirement d’intérêt pour tous les navires comme par exemple les méga-porte-conteneurs ou les vraquiers".

"La pénibilité des métiers des gens de mer doit être reconnue et intégrée lors de la réforme sur les retraites"


Saluant la reconnaissance en droit français de l’obligation de signalement des anomalies relatives à la sûreté portuaire*, les pilotes ont déposé une demande auprès de la Direction des affaires maritimes visant à leur délivrer un brevet de capitaine illimité STCW avec des formations adaptées. Sans avoir été consultés, ils déplorent par ailleurs que leur profession ait été citée, "avec des chiffres erronés ou vagues", comme un critère d’amélioration de la compétitivité des Grands Ports maritimes dans un rapport paru en mars**. "Voir le pilotage comme un frein au développement économique des ports est un non-sens". La FFPM compte d’ailleurs le démontrer au sein des groupes de travail créés en vue d’élaborer la nouvelle stratégie nationale portuaire annoncée lors du dernier Cimer.

* via le décret n°2019-178 du 8 mars 2019 portant diverses dispositions relatives aux ports et au transport fluvial
** "La Transformation du modèle économique des Grands Ports maritimes", réalisé par l’Inspection générale des finances (IGF) et le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD)

Baisse du volume piloté

Sous la nouvelle norme qualité ISO 9001:2015 délivrée l’an passé, les trente stations de pilotage métropolitaines et ultra-marines emploient 331 pilotes et 360 personnels salariés. En 2018, elles ont réalisé 105.184 opérations (+ 0,6 %) : 91.859 en métropole (+ 0,6 %) et 13.325 en Outre-Mer (étale). Cette activité s’accompagne d’une baisse du volume piloté de 1,7 % qui repasse sous la barre des 4,6 milliards de m3. Le volume moyen des navires pilotés dans les GPM s’établit à 45.900 m3 et à 40.000 m2 dans les autres ports. Avec des évolutions à la baisse ou à la hausse selon l’évolution annuelle des trafics, le chiffre d’affaires du pilotage maritime s’élève à 100 millions d’euros environ en France.


Érick Demangeon

Mardi 21 Mai 2019



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