Unim : les entreprises de manutention souffrent d'être en réforme depuis vingt-cinq ans


Dix ans après la réforme séparant les missions régaliennes des missions commerciales des ports, les manutentionnaires attendent avec circonspection ce qu’il va sortir de l’article 35 du projet de loi d’orientation des mobilités (LOM). Sous le poids des réformes, les manutentionnaires français clament leur amertume vis-à-vis des pouvoirs publics.


© Éric Houri
© Éric Houri
S'il existe une profession française qui semble continuer de clamer sans cesse son amertume vis-à-vis des pouvoirs publics en estimant souffrir des réformes et autres textes de loi, c'est bien la manutention. Lors de l'assemblée générale de l'Union nationale des industries de la manutention dans les ports français (Unim), qui s'est déroulée à La Seyne-sur-Mer près de Toulon le 17 mai, les entreprises sont de nouveau montées au créneau.

Christian de Tinguy, président de l'Unim © Vincent Calabrèse
Christian de Tinguy, président de l'Unim © Vincent Calabrèse
Pour son président, Christian de Tinguy, les entreprises du secteur "ne cessent depuis vingt-cinq ans d’être en réforme pour se rapprocher du modèle de leurs concurrentes" européennes. Selon lui, les manutentionnaires en France se voient malgré tout aujourd'hui "reprocher de ne toujours pas être aussi compétitifs".
Et de rappeler la première réforme de la manutention (1992), puis celle de 2008 (gouvernance), la pénibilité (2011) assortie de nouvelles cotisations, puis "une taxe sur le fuel domestique (fin 2018) et la taxe foncière". Deux derniers dispositifs qui ont constitué à ses yeux "une double peine", lance-t-il.

"Une concession de service constitue un véritable cauchemar"

Parmi les handicaps dont souffre toujours la profession figure surtout la décision "Port du Verdon", prise par le conseil d’État en 2017, ayant requalifié une convention de terminal en concession. Pour le président des manutentionnaires français, "une concession de service constitue un véritable cauchemar".
Et de s’interroger : "Pourquoi être allé chercher une directive concession puisqu’elle n’est pas adaptée au service public ?"
Se référant à l’évolution du rôle du port aménageur vers "le port entrepreneur", il indique que celui-ci n'est en réalité rien d'autre que "l’ensemble de la communauté portuaire".
Pour des entreprises de manutention qui se sont vu supprimer une exonération d’impôts locaux dont elles bénéficiaient depuis 1942, "l’heure est à l’insécurité fiscale", souligne le délégué général de l’Unim, Ronan Sevette. À ses yeux, elles se trouvent "dans un contexte d'économie instable". S'affichant moins pessimiste que son président, il estime que ces sujets pourraient se trouver inscrits au projet de loi de finances 2020.

"Le port entrepreneur n'est en réalité rien d'autre que l’ensemble de la communauté portuaire"


Aujourd'hui, dix ans après la loi sur la réforme ayant séparé les missions régaliennes et commerciales des ports, le projet de loi d’orientations des mobilités (LOM) est arrivé en première lecture au Sénat. Le sénateur Michel Vaspart a affirmé devant les manutentionnaires français qu'au Palais du Luxembourg, "on a essayé d’apporter une réponse à l’article 35". Le texte est par la suite parti en commission à l’Assemblée nationale. Mais il juge pour l’heure cependant qu’il est difficile "de savoir ce qu’il va en sortir".


Vincent Calabrèse

Lundi 20 Mai 2019



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