76 % des opérations de logistique menacées par la pénurie de main-d'oeuvre

Ont été interrogés des directeurs supply chain de neuf pays européens dont la France (150 directeurs et responsables supply chain), du Canada et des Etats-Unis, classés dans trois domaines d’activité différents : fabricants, distributeurs et revendeurs, et transporteurs et prestataires de services logistiques.

Crédit photo Institut Descartes
Une étude menée auprès de 1 000 décideurs de la logistique par l’éditeur de solutions logicielles Descartes Systems Group et l’institut d’étude Sapio révèle que 76 % des opérations logistiques souffrent de la pénurie de main-d’œuvre. Des chiffres qui affectent toute la supply chain, plus ou moins selon les domaines d'activité. En ressort un défi pour les acteurs de la filière : atténuer cette pénurie, grâce à la technologie et en recrutant de ce fait différemment.

L’Institut Descartes Systems Group, éditeur de solutions logicielles et de solutions SaaS (software as a service) sur mesure pour les acteurs de la logistique et l’Institut d’étude Sapio ont tenté de répondre à cette question : "Pénurie de main-d’œuvre : quels défis pour les chaînes d’approvisionnement ?" en menant une enquête mondiale auprès des décideurs de la supply chain.

Atténuer les défis de cette pénurie de main d'œuvre. Depuis la crise du Covid le monde a changé et a fait bouger les lignes, mais pas forcément comme on aurait pu le penser : "Le ralentissement économique et la fin de la crise Covid avaient fait naître l’idée, dans le monde la logistique, que les pénuries de main d'œuvre de ces dernières années allaient s'atténuer. Mais ça n’a pas été le cas, constate Mounir Zaïdi, Senior Sales Account Executive chez Descartes. Les entreprises de la supply chain continuent d'avoir du mal à embaucher les collaborateurs dont elles ont besoin pour se développer. Leurs performances étant liées à la fois à la quantité et à la qualité de leurs ressources, les responsables supply chain doivent repenser non seulement leurs stratégies d’embauche et de fidélisation mais aussi la façon dont la technologie peut contribuer à atténuer les défis de cette pénurie de main d'œuvre". 

Sur quel panel et quels critères. Ont été interrogés des directeurs supply chain de neuf pays européens dont la France (150 directeurs et responsables supply chain), du Canada et des Etats-Unis, classés dans trois domaines d’activité différents : fabricants, distributeurs et revendeurs, et transporteurs et prestataires de services logistiques. Sur la base des études précédentes ont été examinés quatre critères déterminants :

  • les performances financières des entreprises ;
  • leur croissance ;
  • la vision de la direction sur l’importance de la supply chain et de la logistique dans la stratégie globale de l’entreprise ;
  • le turnover des équipes.

Constat et chiffres. 76 % des répondants déclarent subir des pénuries de mains-d’œuvre, importantes, voire sévères dans 37 % des cas. Les secteurs les plus affectés sont :

  • le transport, pour 68 % ;
  • les missions d’inventaire et de planification et distribution, pour 57 % ;
  • la planification du transport, pour 55 %.

Quant aux postes les plus touchés, ce sont :

  • les chauffeurs, pour 23 % des interrogés ;
  • les travailleurs hautement qualifiés pour 19 % ;
  • les responsables supply chain pour 18 % ;
  • les magasiniers pour 15 %.

Des ressources essentielles. Globalement, 55 % des responsables supply chain expérimentent une difficulté à recruter des travailleurs qualifiés. En effet, l’étude pointe que les ressources intellectuelles deviennent essentielles dans un secteur logistique qui s’appuie de plus en plus sur la technologie et les données.

Causes et conséquences. A la base du problème une concurrence généralisée pour les ressources logistiques, et ce sont les domaines du transport (pour 61 %) et de l’entreposage (pour 56 %) qui en font les frais, surtout dans les domaines où les opérations sont reconnues comme pénibles. En découlent :

  • une incidence sur les performances financières des entreprises ;
  • un impact négatif sur les performances du service client, pour 58 % des entreprises et pour 35 % des Français interrogés.

Comment les entreprises ont-elles réagi ? Près de la moitié des entreprises françaises (46 %) ont investi dans la technologie, taux le plus bas de l’étude parmi les pays sondés afin d’optimiser :

  • la gestion d’entrepôts (35 %) ;
  • les opérations de transport (34 %) ;
  • la planification de transport (31 %).

48 % ont investi dans le suivi automatisé des expéditions en temps réel pour retenir leurs travailleurs qualifiés et améliorer la productivité. Pour ce faire, les entreprises ont aussi :

  • assoupli les horaires de travail (79 %) ;
  • autorisé le travail en temps partiel (77 %) ;
  • la formation des équipes (85 %) ;
  • les hausses de salaires (78 %).
  • elles ont aussi tenté de mutualiser les flottes et opérations de transport avec d’autres sociétés de transport.

Pour connaître plus précisément tous les tenants et aboutissants de de cette étude, il est possible de la télécharger. Celle-ci conclut que les supply chain du monde entier et la productivité des entreprises dépendent de la quantité et de la qualité de leurs équipes. Les responsables logistiques sont contraints de faire évoluer et repenser leurs stratégies d’embauche et de fidélisation des employés et de reconsidérer la manière dont la technologie peut les soutenir dans cette problématique de recrutement à laquelle ils sont confrontés aujourd’hui et demain.

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