Algérie : mandat d'arrêt contre un ancien ministre de l'Énergie



© Sonatrach
© Sonatrach
Les autorités algériennes ont annoncé lundi 12 août qu'un mandat d'arrêt international avait été lancé contre neuf personnes, dont l'ex-ministre de l'Énergie Chakib Khelil, dans le cadre d'un scandale de corruption touchant le poumon de l'économie, l'entreprise publique des hydrocarbures Sonatrach. Ces mandats d'arrêt, visant également l'épouse de Chakib Khelil, ses deux enfants, son ancien chef de cabinet Redha Hamche et un de ses hommes de confiance Farid Bedjaoui, ont pris effet il y a deux semaines, a annoncé le procureur général près la Cour d'Alger, Belcacem Zeghmati.
Farid Bedjaoui a été largement cité dans la presse ces dernières semaines, tant algérienne qu'italienne, car il est considéré comme l'intermédiaire dans le versement de commissions pour l'obtention de contrats pétroliers en Algérie au profit de l'italien Saipem, filiale du géant Eni. Le parquet de Milan a d'ailleurs aussi lancé un mandat d'arrêt international contre Farid Bedjaoui. La presse italienne a récemment indiqué que la justice chercherait à saisir 123 millions de dollars (92,6 millions d'euros) déposés sur des comptes à Singapour et Hong Kong contrôlés par Farid Bedjaoui. Ce dernier serait installé à Dubaï et détenteur d'un passeport français.
Selon la juge italienne Alfonsa Ferraro, citée par le "Corriere della Sera", Saipem a obtenu en Algérie sept contrats d'une valeur totale de 8 milliards d'euros. Pour obtenir ces marchés, le groupe a payé 197 millions de dollars de pots-de-vin qui ont été présentés comme étant des frais d'intermédiation de la société "Pearl Partners Limited", une société de Hong Kong contrôlée par Farid Bedjaoui. Mais "Pearl Partners et Bedjaoui sont la même chose" et "Bedjaoui a dit clairement qu'il donnait l'argent au ministre de l'Énergie Khelil", aurait indiqué un responsable de la Saïpem aux magistrats italiens.
Le ministre algérien de la Justice, Mohamed Charfi, avait déclaré début juillet devant le parlement algérien que l'enquête pour corruption impliquant la Sonatrach avait révélé "un véritable réseau de corruption internationale". Il avait ajouté que ce réseau avait des tentacules s'étendant "à tous les continents" et qu'il "suçait la sève de Sonatrach grâce à des mécanismes financiers complexes". "La matrice de ce réseau est en train d'être progressivement" découverte, "grâce à la coopération des magistrats des pays saisis par la justice algérienne", avait-il ajouté, rappelant qu'Alger avait saisi en 2012 les autorités judiciaires françaises, suisses et italiennes sur cette affaire. Le parquet d'Alger avait ordonné le 10 février une enquête sur une éventuelle corruption liée à des contrats entre Eni et Sonatrach. Le ministre de l'Energie, Youcef Yousfi, avait prévenu qu'il serait "inflexible" envers toute personne impliquée. Youcef Yousfi a succédé au controversé Chakib Khelil, démis de ses fonctions fin mai 2010, après avoir occupé le portefeuille de l'Énergie durant dix ans, en raison d'accusations de corruption touchant son équipe. Et auparavant, Chakib Khelil avait dirigé la Sonatrach. Une série de scandales de corruption touchant la Sonatrach, qui assure 95 % des exportations de l'Algérie, avaient éclaté dès janvier 2010 après le limogeage de son PDG Mohamed Meziane. Ce dernier, qui avait dirigé la société durant sept ans, a été condamné en appel en décembre 2011 à deux ans de prison dont un ferme pour malversations, suivi d'autres condamnations de responsables de l'entreprise étatique dans le cadre de ce qu'on considère désormais comme le scandale de la Sonatrach I. L'affaire en cours d'examen depuis quelques mois est considérée comme celle de la Sonatrach II. La Sonatrach, l'une des compagnies pétrolières importantes, assure près de 98 % des recettes en devises de l'Algérie. En 2011, elle a réalisé un chiffre d'affaires à l'exportation de 72 milliards de dollars.

AFP

Mercredi 14 Août 2013



Lu 408 fois



Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 24 Novembre 2016 - 15:56 Grèce : les marins en grève contre l'austérité €

Mardi 22 Novembre 2016 - 13:20 40.000 Nigérians demandent des comptes à Shell €


     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse