GNL : la Baie de Seine se veut un laboratoire d’étude des carburants marins de demain


Les ports de la Baie de Seine ont étudié les carburants alternatifs en termes de diminution des rejets polluants du transport maritime. Le gaz naturel liquéfié (GNL) semble l’une des solutions les plus prometteuses.


Brittany Ferries a suspendu son projet de construction d’un navire à propulsion GNL, Pegasis (Power Efficient Gas Innovative Ship) en collaboration avec les chantiers STX ©  Brittany Ferries
Brittany Ferries a suspendu son projet de construction d’un navire à propulsion GNL, Pegasis (Power Efficient Gas Innovative Ship) en collaboration avec les chantiers STX © Brittany Ferries
Quels seront les carburants marins de demain ? Telle est la question à laquelle a tenté de répondre le  «laboratoire d’études» que veulent être les ports d’Haropa (Le Havre, Rouen et Paris), les Ports normands associés (PNA ou Caen-Ouistreham et Cherbourg), le syndicat mixte du port de Dieppe et le Département de Seine-Maritime lors de la conférence du 16 décembre au Havre : le projet «Safe Seca»* est destiné à développer les carburants alternatifs dans le but de diminuer les rejets polluants du transport maritime. Plus d’un an d’études, d’un coût d’environ 1 million d’euros financé à 50 % par l’Europe, et une conclusion : le gaz naturel liquéfié semble l’une des solutions les plus prometteuses.

"Une solution innovante et ambitieuse"


Ce travail tient compte d’un nouvel environnement, rappelé par Haropa. En effet, les nouvelles normes deviennent de plus en plus contraignantes sur les émissions polluantes : pour les navires opérant en mer Baltique, mer du Nord, Manche (zone Seca), la teneur en soufre dans les carburants marins (convention internationale Marpol Annexe VI) est passée de 1 à 0,1 % depuis le 1er janvier 2015. À partir de 2020, elle sera à 0,5 % dans les eaux européennes hors Seca. «Deux stratégies s’offrent aux armateurs, a résumé Victor Gibon, du bureau d’études Marine Assistance : soit garder la propulsion au fuel lourd, mais en lavant les gaz d’échappement, soit changer pour un combustible propre, comme le GNL».  
Pour Brittany Ferries, le GNL est «une solution innovante et ambitieuse» : dès 2010, la compagnie avait lancé le projet de construction d’un navire à propulsion GNL, Pegasis (Power Efficient Gas Innovative Ship), en collaboration avec les chantiers STX. Mais Arnaud Le Poulichet, directeur technique, le reconnaît, le projet est «en sommeil». Et, moins coûteuse, l’option de l’installation de scrubbers (filtres à fumées) sur six ferries de la flotte (90 millions d’euros) a été préférée. Pour la propulsion au GNL, «nous sommes en veille technologique. Le facteur décisif sera le prix du navire».

Attentisme des armateurs

Résultat, les armateurs sont «dans l’attentisme, résume Victor Gibon, une position renforcée par l’instabilité des cours de l’énergie, notamment le cours du pétrole divisé par deux». Car «le prix du combustible reste le facteur le plus important».  Aujourd’hui, le GNL est encore plus cher que le fuel lourd mais les capacités de production devraient significativement augmenter dans les prochaines années.
«Vous êtes précurseurs en France mais le chemin est encore long», a lancé Richard Ferrer, de l’agence européenne INEA (Innovation  and  Networks Executive Agency). En attendant les premiers clients et les investissements dans les infrastructures, les ports de la vallée de la Seine veulent se préparer, en termes de formation et de réglementation : 42 personnels portuaires impliqués dans les opérations d’avitaillement au GNL ont été formés par l’Institut portuaire d’enseignement et de recherche (Iper) du Havre. En attendant, la Norvège compte déjà de nombreux dépôts côtiers de GNL et les ports du range Nord, de leur côté, investissent : ainsi Zeebrugge, le grand hub européen pour le gaz naturel, rappelle Victor Gibon, va s’équiper en 2016 d’un navire de soutage de GNL, opéré par Engie. En 2017, Rotterdam va accueillir un souteur GNL, opéré par Shell. En attendant que les grands ports français puissent eux aussi être prêts à accueillir leurs premiers avitailleurs GNL.

* Safe : Study for Alternative Fuels and Experiment in Seine and Channel Area. Seca : Sulphur Emission Control Area

Natalie Castetz

Mardi 22 Décembre 2015



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