Inquiétude chez EADS avant la mue en groupe Airbus


L'inquiétude monte au sein du groupe d'aéronautique et de défense EADS, qui va fusionner en janvier ses activités défense et espace, dans l'attente des mesures draconiennes qui vont accompagner sa mutation en groupe Airbus.


Mardi 29 octobre, JetBlue a commandé 35 Airbus © Airbus/Christian Brinkmann
Mardi 29 octobre, JetBlue a commandé 35 Airbus © Airbus/Christian Brinkmann
EADS a annoncé fin juillet la fusion des activités d'Airbus Military, sa division basée en Espagne et qui produit les avions de transport militaire, d'Astrium, la division espace centrée sur la France, et de la division défense Cassidian, à forte majorité allemande. La nouvelle structure, rebaptisée groupe Airbus, devrait être en place à l'été 2014. "Sans des mesures draconiennes, ça ne marchera pas", a prévenu le patron du groupe Tom Enders, dans une interview publiée lundi 28 octobre par le quotidien "Süddeutsche Zeitung". "Nous ne pourrons pas éviter de nouvelles réductions des coûts et des effectifs". En clair, a expliqué un membre de la direction, les suppressions de postes sont inévitables pour que le groupe reste compétitif à l'exportation : "Nous devons nous restructurer aujourd'hui sinon il faudra plus tard tailler dans les effectifs à la hache".

Réduire la voilure

"Heureusement, près de 20 % des activités d'ingénierie au sein du groupe sont sous-traitées, ce qui permettra d'amortir les réductions de postes en interne", a-t-il ajouté. La nécessité de réduire la voilure semble être acceptée comme une évidence par le personnel dans la défense et l'espace qui dépendent de budgets gouvernementaux en peau de chagrin, contrairement à l'activité avions commerciaux en pleine croissance. "Nous partons du principe que des postes vont être supprimés", a déclaré un porte-parole du principal syndicat allemand IG Metall en Bavière, Land où sont concentrées les activités de Cassidian. "Mais il y une grosse inquiétude parce qu'on ne sait pas ce qui va se passer et qu'on n'aura pas de détails avant décembre". C'est mi-décembre que la direction devrait présenter les conséquences sociales du projet de fusion, lors d'un comité d'entreprise européen. Un comité intermédiaire, prévu en octobre, a été reporté à novembre, alimentant l'incertitude au sein du groupe. "On ne sait pas encore sur qui ça va tomber, déclare Frédéric Planche, délégué du syndicat Force Ouvrière chez Cassidian. Il va y avoir des suppressions de postes difficiles à traiter, parce que là on a déjà fait partir les volontaires et ceux qui approchaient de la retraite". La division a supprimé 800 postes dans le monde depuis l'année dernière. En Espagne, où commence la production en série du nouvel avion de transport militaire A400M, l'ambiance apparaît plus sereine. Antonio Martin, délégué du syndicat Comisiones Obreras, le premier en Espagne, fait valoir que "les activités que nous avons ici ne sont pas redondantes avec d'autres au sein du groupe".
Dans la défense, la direction a déjà esquissé quelques pistes. La vente prévue de la filiale Cassidian Test & Services, spécialisée dans les bancs de tests pour les équipements aéronautiques, a déclenché un conflit social en France ce mois-ci quand Marwan Lahoud, le directeur de la stratégie d'EADS, l'a confirmée au parlement. La direction a également annoncé aux syndicats qu'elle comptait se défaire des activités hôpitaux de campagne ou encore des ponts mobiles pour traverser les rivières, des cessions qui toucheront l'Allemagne. Pour ce qui est de l'espace, en revanche, l'information fait défaut, même dans les échelons les plus élevés. "Nos propres patrons n'en savent rien", regrette Bernard Tachoires, délégué FO chez Astrium. "Aujourd'hui on ne sait rien, on ne nous a rien présenté, nous n'avons que des objectifs financiers". Or, l'objectif déclaré de Tom Enders de porter la marge opérationnelle du groupe à 10 % en 2015 contre 6 % au début de cette année "est absurde", s'indigne-t-il. "Nous, syndicats, sommes persuadés que ça ne peut se faire aussi vite qu'en freinant voire en stoppant les investissements, en taillant dans la masse et en revendant les activités qui ne sont pas assez rentables", explique Frédéric Planche. Du reste, relève Françoise Vallin, cadre d'Airbus et représentante CFE-CGC au comité européen, on ne sait pas exactement si cet objectif de marge est pour 2015 ou 2017.

Patrick Rahir

Jeudi 31 Octobre 2013



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