Inquiétudes sur la reconversion du site de La Mède en bioraffinerie


La reconversion du site de Total à La Mède, à Châteauneuf-les-Martigues, en bioraffinerie d’ici 2018 inquiète les associations de défense de l'environnement qui critiquent notamment l’approvisionnement de la plateforme en huiles végétales et alimentaires recyclées.


© Ortec
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Total, qui a cessé le raffinage de pétrole brut à La Mède fin 2016, a signé en février une convention de développement avec l’État, la région et la métropole Aix-Marseille pour la reconversion de sa plateforme en site de production de biocarburants, avec un investissement de 275 millions d’euros. Le nouveau complexe industriel, qui devrait démarrer son activité en 2018, prévoit de produire 500.000 tonnes par an à partir de 450.000 tonnes d’huiles végétales, 100.000 tonnes d’huiles de palme ou non alimentaires et 100.000 tonnes d’huiles alimentaires recyclées.

Des huiles certifiées

"450.000 tonnes, cela fait doubler les importations d'huile de palme en France alors qu'on cherche à les réduire", dénonce Mireille Villion, membre des Amis de la Terre, selon laquelle le recours aux huiles végétales cache un approvisionnement quasiment exclusif en huile de palme produite en Indonésie et Malaisie.
Selon le directeur du site de La Mède, François Bourasse, "toutes les huiles végétales que nous utiliserons seront certifiées selon les critères sévères mis en place par l’Union européenne, qui s’appliquent à toute la chaîne de production et de distribution des biocarburants". "Les acteurs économiques doivent être en mesure de démontrer que les critères de durabilité ont été respectés, que les informations sont fiables et qu’un contrôle indépendant des informations a été mis en œuvre", assure-t-il. "Nous traiterons 60 à 70 % d’huiles végétales - soja, colza, palme - que nous utiliserons en fonction des disponibilités sur le marché, du prix, des qualités requises et de ce qui est autorisé par la réglementation", précise-t-il.
Les Amis de la terre contestent aussi le chiffre de 100.000 tonnes d’huiles alimentaires recyclées. "C'est impossible d'atteindre cette quantité-là, Total ment", affirme Mireille Villion qui redoute l’acheminement de matières premières depuis la Chine ou les États-Unis.
"Entre le partenariat que nous avons signé avec Suez pour collecter jusqu’à 20.000 tonnes par an d’huiles alimentaires usagées et celles que nous achèterons via notre activité de trading, nous estimons pouvoir atteindre 100.000 tonnes par an en quelques années", affirme  François Bourasse.
Dans son avis sur la reconversion du site émis en février, la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal Paca) constate que "le projet est conçu de manière à limiter son impact sur l’environnement". Elle "recommande au pétitionnaire de s'engager sur la qualité environnementale des filières d’approvisionnement en huiles ainsi que sur la recherche d'une optimisation du bilan carbone global du plan d'approvisionnement de la future bioraffinerie".
Le commissaire enquêteur remettra son avis d’ici un mois au préfet, qui autorisera ou non le projet.
Total prévoit également la construction sur le site d’une ferme solaire et d’un centre de formation des métiers de la raffinerie.
"On demande que Total réfléchisse à ce qu'il fait et propose un autre projet plus fiable", affirme Mireille Villion, rappelant la résolution de l'Union européenne adoptée le 4 avril sur "l'élimination progressive dans les biocarburants d'huiles végétales, sources de déforestation, d'ici 2020".

Murielle Kasprzak

Mardi 18 Avril 2017



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