L'éolien en mer attendu comme le Messie en Haute-Normandie


À quand les premières éoliennes en mer au large des côtes françaises ? La Haute-Normandie, qui a de grandes ambitions en la matière, pousse le gouvernement à accélérer ses décisions pour créer une véritable filière de l'éolien offshore.


© Areva
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La ministre de l'Écologie, du Développement Durable et de l'Énergie, Ségolène Royal, va devoir trancher prochainement sur les deux derniers parcs non encore attribués aux industriels et ainsi donner une véritable impulsion à l'éolien en mer en France. Les premiers projets de parcs éoliens offshore, pour lesquels les appels d'offres ont déjà été attribués, sont au nombre de quatre : deux en Normandie, dont un en Haute-Normandie, un en Bretagne, et un dans les Pays de la Loire. Il reste au gouvernement à prendre sa décision sur deux autres projets, l'un au large du Tréport (Seine-Maritime/Haute-Normandie) et l'autre des îles d'Yeu et de Noirmoutier (Vendée/Pays de la Loire). Un investissement de 4 milliards d'euros. L'ensemble des six parcs représentera quelque 540 éoliennes, pour une puissance combinée de 3.000 mégawatts. Les premières éoliennes en mer doivent être en place pour 2020, peut-être avant dans les parcs normands de Fécamp (Seine-Maritime) et de Courseulles-sur-Mer (Calvados).
Le choix de l'un ou l'autre des groupements industriels en compétition pour les deux derniers parcs non encore attribués est attendu avec impatience dans une région industrielle qui lutte contre la désindustrialisation. Tout en restant officiellement neutre, la Haute-Normandie préférerait la désignation du groupement GDF-Suez/Areva à celle de son concurrent EDF/Alstom, qui a déjà remporté trois des quatre premiers appels d'offres mais dont les bases industrielles sont extérieures au territoire haut-normand. Fin mars, la Commission de régulation de l'énergie (Cre) a donné un avis favorable au premier consortium, selon des informations de presse. Mais le gouvernement n'est pas tenu de le suivre.
Une douzaine de parlementaires et d'élus socialistes, dont le président de la région, Nicolas Mayer-Rossignol, viennent donc d'écrire à Ségolène Royal pour "solliciter audience dès que possible". "Première région énergétique de France par l'activité économique et l'emploi, la Haute-Normandie a une ambition stratégique : devenir l'une des premières Éco-régions de France", peut-on lire dans cette lettre.

Cinq usines au Havre

Le développement de l'éolien dans cette région va concerner notamment Fécamp et Le Tréport pour les parcs éoliens, Dieppe et Le Tréport pour la maintenance, Rouen pour la recherche et développement et surtout Le Havre. Le deuxième port français va compter pas moins de cinq usines consacrées à l'éolien, pour Areva et ses principaux sous-traitants. Le géant du nucléaire, qui ne produit jusqu'ici que des éoliennes offshore en Allemagne, pour le marché allemand, va implanter au Havre son hub industriel destiné au marché français et anglais, a-t-il annoncé de longue date. "Le choix du Havre par Areva a résulté de discussions très poussées mais nous l'avons emporté sur d'autres villes (Brest, Cherbourg, Dunkerque, NDLR) grâce au fort appui des collectivités locales, des chambres de commerce", rappelle Édouard Philippe, le maire UMP de la ville, dont le rôle a été important également, étant lui-même un ancien cadre d'Areva. L'éolien offshore va représenter pour Le Havre la création de 1.500 à 2.000 emplois directs, selon les estimations couramment admises.
Areva, qui a déjà un pied dans l'éolien offshore français puisqu'il a remporté avec le producteur et distributeur espagnol d'électricité Iberdrola l'appel d'offres de Bretagne, au large de Saint-Brieuc, serait évidemment encouragé à accélérer son implantation havraise, s'il devait remporter les parcs du Tréport et de Noirmoutier. "Cela permettrait un rééquilibrage à trois parcs pour chacun des constructeurs d'éoliennes (Areva et Alstom, NDLR)", estime Frédéric Lanoë, directeur pour la France d'EDP Renouvelables, société membre du consortium GDF-Suez/Areva, et par ailleurs président de l'association France Énergie Éolienne. "D'ailleurs, il faudra bien, dès l'année prochaine, lancer un troisième appel d'offres et il y a de la place pour tout le monde", ajoute-t-il.
Mais, quels que soient les acteurs industriels retenus, la Haute-Normandie se prépare activement : soutien à des projets de sites d'essais et de formation à terre et en mer, sensibilisation aux métiers de l'éolien en partenariat avec l'Éducation nationale et Pôle emploi, site internet dédié, parmi bien d'autres initiatives.

Hervé Lionnet

Lundi 14 Avril 2014



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