La LGV Tours-Bordeaux, vitrine de Vinci


Les premiers rails seront posés en juillet sur la ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV) entre Tours et Bordeaux, dont l'ouverture est prévue mi-2017, et dont le constructeur Vinci veut faire sa vitrine pour remporter des contrats à l'étranger.


© Lisea
© Lisea
Les panneaux "déviation" ont envahi les abords de la future LGV. Pelleteuses et autres engins de chantier sont au travail, entre Saint-Avertin, au sud de Tours, et Ambarès-et-Lagrave, au nord de Bordeaux, sur les quelque 302 km de la future ligne, qui n'est encore qu'une longue bande de terre. "La LGV Tours-Bordeaux est une vitrine pour Vinci", explique le président de Lisea (filiale de Vinci chargée du projet), Laurent Cavrois. Le groupe de BTP se verrait bien construire des lignes grande vitesse en Russie, aux États-Unis, en Amérique latine ou encore en Grande-Bretagne. La liaison est la première ligne ferroviaire, et à ce jour la seule en France, à être réalisée dans le cadre d'un contrat de concession. Les trois autres en cours de construction le sont via un partenariat public-privé simple, c'est-à-dire que l'entreprise privée construit l'infrastructure, et touche ensuite un loyer, généralement pendant une trentaine d'années. Dans le cas d'un contrat de concession, l'entreprise qui construit la ligne est ensuite en charge de son exploitation. Ainsi, Vinci, via Lisea, en sera concessionnaire pendant cinquante ans, jusqu'en 2061. Concrètement, la société sera chargée de la commercialisation des sillons, ces créneaux horaires attribués pour le passage des trains, un rôle qui revient à Réseau ferré de France (RFF) sur le reste du réseau ferroviaire français. Les opérateurs ferroviaires qui l'emprunteront, dont la SNCF, lui verseront en échange une redevance. Les 7,8 milliards d'euros du projet sont financés par l'État et les collectivités locales à hauteur de 3 milliards d'euros, par RFF pour 1 milliard, et le reste par Lisea.

Bordeaux à deux heures de Paris

Un peu plus de deux ans après le démarrage du chantier, les travaux de terrassement touchent à leur fin, et l'installation des traverses, rails, du ballast et des caténaires devrait débuter au mois de juillet. "Le planning qu'on s'était fixé sera tenu, à savoir une mise en service en juillet 2017", assure Gilles Godard, directeur de Cosea, groupement d'entreprises dédié à la construction de la ligne, et piloté par Vinci. Bordeaux ne sera alors plus qu'à deux heures de Paris, contre 3 h 15 aujourd'hui - seule la partie entre Tours et la capitale étant actuellement à grande vitesse. Aucune gare nouvelle ne sera créée, la ligne sera raccordée aux stations existantes, Tours, Châtellerault, Poitiers, Angoulême, et Bordeaux. Plus de la moitié des quelque 500 ponts, viaducs, estacades, sont déjà construits, et il a fallu dévier, en plusieurs endroits, l'A10, en construisant des portions provisoires, pour percer les tunnels nécessaires au passage de la future voie. Près de Poitiers, le tracé surplombe l'Auxance, un petit cours d'eau, et passe en lisière d'une zone Natura 2000. "Il y aura des remises en état conséquentes à faire au sol après le chantier", détaille Gaëtan Vigneras, l'un des responsable des ouvrages d'art pour la construction de la ligne.
La construction a mobilisé, au plus fort du chantier à l'été 2013, plus de 8.000 personnes, dont 2.000 embauches locales, souligne Lisea, qui fait état d'un chiffre d'affaires, à mars 2014, de plus de 720 millions d'euros pour les entreprises sous-traitantes locales. Ce projet va en outre ouvrir la voie au développement de la grande vitesse dans le Sud-Ouest. Dans le prolongement de Tours-Bordeaux, la LGV Bordeaux-Toulouse, prévue pour 2024, mettra la quatrième ville de France à 3 h 10 de Paris, puis Bayonne à 3 h 25 en 2027. En seconde phase, une ligne nouvelle entre Dax et la frontière franco-espagnole, pourrait être mise en service en 2032.

Julie Chabanas

Mardi 22 Avril 2014



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