La décision de Trump fédère le monde autour de la défense du climat


La décision des États-Unis de renoncer à l'accord de la Cop21 a suscité une réprobation mondiale dans les milieux politiques, civils et économiques. Paradoxalement, elle semble avoir resserré les rangs à travers le monde autour de la question climatique.


© ExxonMobil
© ExxonMobil
La levée de bouclier a été immédiate après la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l'accord de Paris sur le climat. Il faut dire que le monde y était largement préparé depuis son élection en novembre dernier.
Partout, chefs d'États, ONG et entreprises ont souhaité montrer leur opposition à la nouvelle politique américaine, y compris aux États-Unis mêmes. À tel point que cette annonce semble avoir fait naître une solidarité inédite autour de la sauvegarde du climat.
Plusieurs dizaines de villes et d'États américains ont ainsi immédiatement organisé la résistance, promettant qu'au niveau local l'Amérique continuerait d'avancer vers une économie verte. Les gouverneurs démocrates des puissants États de New York, de Washington et de Californie, qui représentent un cinquième de la population américaine, ont ainsi décrété une "alliance pour le climat". Ensemble, ils sont "déterminés à atteindre l'objectif américain de réduction de 26 à 28 % des émissions de gaz à effet de serre" par rapport à 2005, a promis le gouverneur de New York, Andrew Cuomo.

Aux villes de prendre les rênes

Face aux réserves de Donald Trump quant au changement climatique, les collectivités préparent déjà le terrain depuis quelques temps. Une trentaine d'États ont par exemple fixé des normes forçant les compagnies d'électricité à fortement accroître leur part d'énergies renouvelables dans la prochaine décennie. Et les initiatives dépassent les traditionnels bastions démocrates pour s'étendre jusque dans des États républicains, comme l'Ohio, le Texas ou l'Iowa.
Mais l'annonce officielle du 1er juin a brutalement matérialisé les craintes, faisant sortir de leurs gonds de nombreux responsables politiques. Le maire démocrate de la ville de Pittsburgh, érigée par Donald Trump en exemple de sa priorité donnée aux Américains, s'en est ainsi frontalement pris au milliardaire, devenant le symbole de la résistance locale. "Les États-Unis rejoignent la Syrie, le Nicaragua et la Russie, en décidant de ne pas participer à l'accord mondial de Paris. C'est maintenant aux villes de prendre les rênes" de l'économie verte, a écrit Bill Peduto en réplique au président américain, qui a expliqué avoir été "élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris".
L'organisation Mayors National Climate Action Agenda, qui regroupe 61 maires représentant quelque 36 millions d'Américains – fondée par le maire de Los Angeles Eric Garcetti –, a aussi juré jeudi d'"adopter et de tenir les engagements envers les objectifs de l'accord de Paris".

Les industriels veulent poursuivre leurs efforts

Le monde économique aussi a réagi de manière véhémente. De l'industrie pétrolière à l'automobile, plusieurs multinationales américaines ont exprimé leur déception après l'annonce du retrait des États-Unis de l'accord de Paris et leur détermination à poursuivre leurs efforts pour réduire les émissions de CO2.
Patron emblématique du constructeur de véhicules électriques de luxe Tesla, Elon Musk a dénoncé la décision de Donald Trump et claqué la porte des différents cénacles qui conseillent le président. Le numéro un américain de l'automobile, General Motors, a, de son côté, assuré toujours défendre l'action sur le climat et le patron de General Electric a exhorté les milieux d'affaires à prendre la tête du combat, pour pallier l'inaction des autorités.

"Le combat climatique, un souci d'image autant que de rentabilité"


Même les majors pétrolières américaines, qui auraient a priori le plus à perdre de la transition énergétique, ont fait entendre leur désapprobation et apporté leur soutien à l'accord de Paris. ExxonMobil continue ainsi de défendre cet accord signé en 2015 par 195 pays qui constitue "un important pas en avant pour relever le défi mondial de la réduction des émissions". Son rival Chevron campe sur la même ligne.
Sans surprise, les entreprises du secteur technologique, traditionnellement très engagées sur le climat, ont, elles aussi, critiqué la décision, assurant qu'elle "scellait un revers pour le leadership américain dans le monde", selon l'expression de l'Information Technology Industry Center (ITI), qui regroupe notamment Apple, Ebay ou Yahoo.

L'économie a déjà amorcé sa mutation

La finance n'est pas en reste. Lloyd Blankfein, le PDG de la banque d'affaires Goldman Sachs, a affirmé que "la décision est un revers pour l'environnement et pour le leadership des États-Unis dans le monde". Plusieurs anciens dirigeants de la banque font pourtant partie de l'équipe économique de Donald Trump.
Après avoir pendant des années freiné les négociations sur le réchauffement, les grandes entreprises américaines se sont ainsi lentement converties au combat climatique, dans un souci d'image autant que de rentabilité. La donne économique a, de fait, radicalement changé. De grands investisseurs se détournent des énergies fossiles et les entreprises sont pressées de toutes parts d'adapter leur modèle de croissance à un monde délesté du carbone. "Les entreprises s'engagent davantage sur le climat sans tenir compte de la décision parce que cela leur permet d'économiser de l'argent, de réduire les risques et surtout parce que ça leur ouvre des opportunités massives", selon Kevin Moss, de l'organisation environnementaliste World Resources Institute.

AFP

Vendredi 2 Juin 2017



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