La filière française des énergies marines renouvelables réclame de la visibilité


La baisse des coûts et la visibilité quant au calendrier des appels d'offres sont les priorités pour le secteur des énergies marines renouvelables. Le décret en cours d'élaboration visant à simplifier les formalités devrait aider la filière à se développer.


Les hydroliennes font partie des trois types d'EMR promues en France, avec les éoliennes offshore et les éoliennes flottantes © DCNS
Les hydroliennes font partie des trois types d'EMR promues en France, avec les éoliennes offshore et les éoliennes flottantes © DCNS
Aux Assises de l'économie de la mer, l'un des débats a porté sur l'avenir des énergies marines. Les professionnels du secteur présents ont dans leur ensemble pointé le besoin de faire baisser les coûts pour permettre à la filière de se développer et se donner une chance de parvenir au mix énergétique 100 % renouvelable que l'Ademe a imaginé pour 2050.
L'innovation permet de progresser sur cette question. Béatrice Buffon, directrice générale adjointe d'EDF EN France, évoque les fondations en béton flottant expérimentées par sa société sur le parc éolien de Fécamp, qui permettent "un acheminement par flottaison qui réduit les coûts d'installation". Pour Pierre Parvex, directeur général d'Engie Futures énergies, "la taille des engins est un enjeu majeur pour réduire les coûts, notamment d'entretien, et pour augmenter la rentabilité".
Nicolas Serrie, directeur éolien offshore France chez le constructeur Alstom, devenu General Electric il y a peu, a souligné l'existence d'"une équipe dédiée à la recherche de réduction de coûts", rappelant que "la machine constitue 40 % du coût du projet".

Raccourcir les délais

Mais la baisse des coûts paraît reposer essentiellement sur une augmentation des volumes produits. Pour cela, les industriels disent avoir besoin de visibilité sur le calendrier. Ainsi, Béatrice Buffon demande de la réactivité au gouvernement : "Il serait utile pour la filière qu'un appel d'offres sorte en 2016". Thierry Kalanquin, directeur des énergies et des infrastructures de DCNS, considère la France comme "(son) marché le plus difficile" à cause de ce manque de visibilité. Pierre Parvex estime lui aussi que "définir où sera demain l'équipement offshore de ce pays est fondamental".

"Il serait utile pour la filière qu'un appel d'offres sorte en 2016"


La question des politiques publiques rejoint celle de la lenteur administrative souvent dénoncée par le secteur privé en France. Béatrice Buffon cite "la signature de conventions d'occupation du domaine maritime qui prend trop de temps" et les "six à sept ans" nécessaires pour "casser un recours". Le projet de décret ministériel visant à simplifier les procédures administratives et à limiter les risques contentieux est bienvenu pour les acteurs de la filière.
Une première étape pour ramener le coût du Mwh produit plus près des 100 euros, seuil de viabilité admis par tout le secteur. Même si Thierry Kalanquin prévient : "Ce n'est pas pareil de comparer les coûts de l'électricité avec une centrale à charbon qui a trente ans ou une qui répond aux normes environnementales actuelles. Il faut comparer de "new built" à "new built"".

Permettre la souplesse

D'autres pistes sont évoquées pour favoriser le développement des EMR. "Laisser aux porteurs de projets la possibilité de choisir le plus tard possible les technologies employées, selon Pierre Parvex, pour ne pas risquer d'utiliser une technologie dépassée une fois le projet en place". Nicolas Serrie loue quant à lui "l'effet de masse" réussi à Ostende, "port unique pour tous les champs belges qui réunit tous les turbiniers, la maintenance, les services, les sous-traitants et la formation".
Autre problème soulevé par Pierre Parvex, "la méconnaissance des zones au moment du dépôt des offres alors qu'on nous demande de donner des coûts précis". Il milite pour que les études soient faites au préalable pour "des offres plus pertinentes, de meilleurs coûts et une meilleure acceptabilité".
La France deviendrait-elle alors le laboratoire idéal pour développer les EMR  ? Pour Hervé Moulinier, vice-président du Pôle mer Bretagne, "pour être performants à l'export, nous devons être prophètes en notre pays, démontrer d'abord nos capacités dans notre espace marin".

Franck André

Mardi 10 Novembre 2015



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