La raffinerie de LyondellBasell définitivement condamnée


LyondellBasell a annoncé mercredi 16 avril l'échec des négociations de reprise de sa raffinerie de Berre-l'Étang, dans les Bouches-du-Rhône, scellant le sort de cette usine qui avait échappé fin 2011 à la fermeture après une grève de ses 370 salariés, dans un secteur en crise.


Outre la raffinerie de LyondellBasell, le complexe inclut un vapocraqueur ainsi que des unités de polypropylène et de polyéthylène © Franck André
Outre la raffinerie de LyondellBasell, le complexe inclut un vapocraqueur ainsi que des unités de polypropylène et de polyéthylène © Franck André
En sursis depuis deux ans, la raffinerie de LyondellBasell est définitivement condamnée. Depuis début 2012, elle était "sous cocon", c'est-à-dire arrêtée, mais entretenue pour être prête à redémarrer en cas de reprise. Si moins de vingt salariés y travaillent encore, les syndicats craignent que sa fermeture "mette en péril" l'ensemble du complexe pétrochimique de la société américaine, qui y emploie 900 personnes.
Au cours de ces deux dernières années, plusieurs groupes ont manifesté leur intérêt pour la raffinerie, comme le libyen Tamoil, l'indonésien Pertamina ou encore le financier américain Gary Klesch. Mais une seule société a "soumis une offre engageante pour la reprise de la raffinerie", le monégasque Sotragem Sam. Le ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, avait salué en mars un projet industriel "solide", avec plus de 200 emplois à la clé. Il "démontre qu'il n'y a donc pas de fatalité dans la série de fermetures de sites de raffinage en France et qu'un acteur de taille plus modeste, spécialisé dans le "trading" de produits pétroliers, est en mesure de remonter la chaîne de valeur vers le raffinage et de soutenir l'emploi local sur un site industriel stratégique", avait-il relevé.

Aucune condition commerciale acceptable

Las, les discussions entamées à l'automne 2013 ont avorté. "Après une analyse rigoureuse", l'offre de Sotragem "ne présente pas de conditions commerciales acceptables et ne présente aucune garantie pour un redémarrage effectif de la raffinerie et une reprise viable de ses activités", explique LyondellBasell. La fin des négociations met "ainsi un terme au processus" de recherche de repreneurs "entamé en juin 2011", souligne le groupe qui "entend poursuivre, avec le même esprit de responsabilité, les prochaines étapes concernant la raffinerie, en concertation avec les institutions représentatives du personnel, les autorités de l'État et les élus locaux".
Retour au point de départ donc pour l'usine, dont la fermeture avait été initialement annoncée en septembre 2011, faute déjà de repreneur et au motif de "lourdes pertes". La forte mobilisation des salariés de l'ensemble du pôle avait alors permis d'obtenir un sursis au terme de deux semaines de grève et de blocage (mais plus de 300 salariés avaient dû partir dans le cadre d'un plan social).

"Consternation" de Bercy

Du côté de Bercy, la nouvelle a été accueillie "avec consternation". "Cette décision unilatérale est jugée incompréhensible alors qu'il y avait une offre sérieuse, et avantageuse pour l'économie locale et le vendeur lui-même", a-t-on commenté au ministère, appelant LyondellBasell à "s'engager sur la dépollution et la reconversion du site". "Je ne laisserai pas Berre-l'Étang devenir une friche industrielle polluée et à l'abandon", a insisté Arnaud Montebourg. Réunis en assemblée générale, les employés ont fait part de leur "déception" et "inquiétude" pour l'avenir du site. "Il a été décidé de continuer le combat", a relaté Patrick Sciurca, délégué CGT, promettant "des actions pour essayer de se faire entendre".
Outre la raffinerie, le complexe inclut un vapocraqueur ainsi que des unités de polypropylène et de polyéthylène, et s'étend sur près de 1.000 hectares au bord de l'étang de Berre. Dans cette zone, sont installées trois autres raffineries, assurant le tiers du raffinage français. La France est passée en quatre ans de douze à huit raffineries actives : outre le cas de LyondellBasell, celle de Petroplus à Petit-Couronne (Seine-Maritime) a mis la clé sous la porte en avril 2013. Total avait lui arrêté sa raffinerie près de Dunkerque en 2010 et Petroplus avait fermé un site à Reichstett (Bas-Rhin) l'année suivante. Le secteur souffre de l'érosion de la consommation de carburants, d'une compétitivité érodée et d'une concurrence internationale accrue, provenant des États-Unis, d'Asie et du Moyen-Orient.

Anne Béade

Jeudi 17 Avril 2014



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