Le train Duisbourg-Chongqing, "nouvelle route de la soie"


Le port allemand de Duisbourg, importante plateforme logistique, accueille de plus en plus de trains de marchandises chinois grâce à une ligne ferroviaire parmi les plus longues au monde, "nouvelle route de la soie" saluée samedi 29 mars par le président chinois.


Le train Duisbourg-Chongqing, "nouvelle route de la soie"
À l'occasion de sa première visite en Allemagne, Xi Jinping a choisi de découvrir cette cité du nord-ouest du pays, premier port intérieur au monde, situé dans le bassin industriel de la Ruhr. Accompagné d'une importante délégation chinoise et du ministère allemand de l'Économie, Sigmar Gabriel, il a accueilli en grande pompe un convoi de conteneurs chargés d'articles électroniques parti environ seize jours plus tôt de Chongqing, mégalopole de plus de 30 millions d'habitants au cœur de la Chine. La ligne de fret qui relie les deux villes "est un exemple impressionnant du dynamisme des relations commerciales entre nos deux pays", a estimé Hannelore Kraft, ministre-présidente de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. La Chine est le premier partenaire commercial de l'Allemagne en Asie, et l'Allemagne, le premier de la Chine en Europe. Leurs échanges commerciaux ont atteint l'an passé 161,5 milliards de dollars.

"Le train est deux fois plus rapide que le transport maritime"


Le tracé Duisbourg-Chongqing, baptisé "Yuxinou" lors de sa création en 2011 par plusieurs sociétés ferroviaires, traverse le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie et la Pologne, et autant de climats et paysages différents. Avec ses quelques 11.000 km, il est plus long que le Transsibérien mais plus court de 2.000 km qu'une ligne passant plus au nord, entre la métropole chinoise de Shanghai et Duisbourg. "Cette liaison ferroviaire, qualifiée en Chine de "nouvelle route de la soie", n'a pas juste une valeur symbolique", estime Julian Böcker, porte-parole du port. "Elle a trouvé sa place dans le marché grâce à sa fiabilité et à une fréquence allant jusqu'à trois trajets par semaine", affirme-t-il.
Le groupe informatique américain Hewlett Packard en est l'un des utilisateurs réguliers pour acheminer en Europe ses ordinateurs produits à Chongqing, à 1.500 km des côtes et donc bien loin des grands ports commerciaux chinois et de leurs porte-conteneurs géants.

Deux fois moins cher que le fret aérien

La voie maritime, qui avait progressivement supplanté il y a plusieurs siècles la "route de la soie" - un réseau de routes commerciales entre l'Asie et l'Europe -, domine encore à plus de 95 % le transport de marchandises entre ces deux régions, selon Burkhard Lemper, expert du cabinet de logistique ISL. La part de marché du ferroviaire reste infime. Le Yuxinou représente "un complément des moyens de transport de marchandises existants", souligne Maria Leenen, directrice de la société d'études de marché SCI Verkehr. Mais "le train est deux fois plus rapide que le transport maritime, et deux fois moins cher que le fret aérien", fait valoir Erich Staake, le patron de la société publique qui gère le port de Duisbourg.
Selon l'experte de SCI Verkehr, "les deux partis en tirent avantage". "L'Europe peut ainsi répondre à une hausse soudaine de la demande dans l'industrie ou le commerce, par exemple dans le domaine du textile, tandis que la Chine atteint plus rapidement ses marchés". Et la ligne facilite le désenclavement de provinces chinoises à l'intérieur des terres. "Ce mode de transport n'en est qu'à ces débuts, et il peut avoir un bel avenir si les conditions sont réunies, à savoir la sécurité, le respect des délais et une situation politique stable", juge Maria Leenen. D'autant que d'autres groupes d'électronique, comme le sous-traitant taïwanais Foxconn, fournisseur d'Apple, ou le fabricant d'ordinateurs Acer, mais aussi des constructeurs et équipementiers automobiles et des entreprises de machines-outils possèdent des usines à Chongqing.
Le port de Duisbourg espère une montée en puissance de ce tracé ferroviaire après la visite du président chinois. "Nous voulons plus de clients dans les deux directions", explique Julian Böcker. Car l'enjeu est aussi d'équilibrer le trafic pour mieux le rentabiliser. "Sur ce parcours, il y a beaucoup plus de produits transportés vers l'Europe que l'inverse, c'est un gros problème", juge Maria Leenen. Ainsi, il n'est pas rare que des trains du Yuxinou, qui peuvent compter jusqu'à 50 conteneurs, arrivent pleins à Duisbourg mais repartent à vide vers la Chine.

Estelle Peard

Lundi 31 Mars 2014



Lu 354 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse