Maritima Ferries et Corsica Maritima prêts à fusionner


Après s'être affrontés début janvier, les nouveaux concurrents sur la desserte maritime de la Corse Maritima Ferries Corsica Maritima ont annoncé un projet de rapprochement des deux compagnies dans le cadre de l'ouverture du capital de l'ex-SNCM.


En quelques semaines, la SNCM a été liquidée, reprise et s'apprête à ouvrir son capital à Corsica Maritima © Franck André
En quelques semaines, la SNCM a été liquidée, reprise et s'apprête à ouvrir son capital à Corsica Maritima © Franck André
Les entrepreneurs corses Patrick Rocca, repreneur de la SNCM devenue Maritima Ferries, et François Padrona, à la tête de Corsica Maritima, ont enterré la hache de guerre le 27 janvier.
"On est en phase de rapprochement et d’apaisement. Aujourd’hui, il faut que nous puissions sortir de la logique d'affrontement qui génère toujours des problèmes aux Corses. C'est un dossier sensible, crucial pour l'île toute entière", a déclaré Patrick Rocca, après avoir livré aux représentants des salariés de l'ex-SNCM quelques éléments de ce rapprochement, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire à Marseille.

La Corse reprend la main

De son côté, le président du consortium d'entrepreneurs corses Corsica Maritima, François Padrona, a qualifié ce projet d'"historique". Un projet qui va permettre à la Corse de "reprendre en main son destin maritime avec une stratégie d'entreprise qui sera innovante et un impact positif et pérenne pour les salariés et le port de Marseille", souligne-t-il.
Les deux compagnies précisent que leur projet de rapprochement "permettrait aux principaux acteurs économiques corses d'assurer les liaisons" non seulement avec la Corse mais aussi avec l'Algérie et la Tunisie. "C'est une excellente nouvelle pour la Corse, annonce la déclaration commune. Ses entrepreneurs vont réaliser les dessertes maritimes dont elle a besoin".
Le 5 janvier, jour du lancement de Maritima Ferries par Patrick Rocca, choisi fin novembre par le tribunal de commerce de Marseille pour reprendre la SNCM en redressement judiciaire depuis un an, les candidats malheureux à la reprise, le groupe Berrebi et Corsica Maritima, avaient lancé une compagnie concurrente, Corsica Linea. Le roulier "Stena Carrier" battant pavillon danois affrété par ces derniers avait été empêché d'accoster à Marseille durant plusieurs jours par les marins grévistes de l'ex-SNCM qui dénonçaient une "concurrence déloyale".

Pérenniser la compagnie

Dans leur communication commune, les deux hommes d'affaires expliquent que leur rapprochement doit "répondre à deux enjeux majeurs", soit "assurer la pérennité de la compagnie et des 900 emplois sauvés, dans un contexte de baisse des subventions publiques" mais aussi "répondre aux aspirations de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), qui a lancé la réflexion sur l'avenir des dessertes maritimes entre la Corse et le continent".
La CTC avait présenté le 25 janvier à Ajaccio un protocole d'accord sur la création d'ici à l'été d'une compagnie maritime insulaire. Deux compagnies, la Corsica Linea et La Méridionale, ont répondu favorablement à ce jour, de même que le Syndicat des travailleurs corses (STC) et la CFDT de Corse.
C'est dans ce contexte que Maritima Ferries et Corsica Linea affirment aujourd'hui que leur rapprochement est "dicté par le souci de l'intérêt général (...) dans le plein respect des engagements pris devant le tribunal de commerce de Marseille, qui devra le valider".
"Dans le projet de reprise que nous avons porté devant le tribunal de commerce, 49 % du capital est ouvert à des investisseurs extérieurs", a souligné Patrick Rocca au siège marseillais de sa compagnie.
À la sortie du CE, les syndicats de Maritima Ferries se montraient plutôt satisfaits des explications données par leur PDG. "C'est une ouverture du capital de MCM (Maritima Ferries) dont l'état d'esprit dénote de l'envie d'enterrer la hache de guerre. Nous devrions avoir des précisions lors d'un prochain CE la semaine prochaine, le 5 février, a affirmé Pierre Maupoint de Vandeul, le représentant CFE-CGC officiers. "On est dans le cours normal de l'évolution du capital", a indiqué le délégué CGT des marins Frédéric Alpozzo, expliquant que c'était un moyen de sécuriser l'entreprise.

Hugues Jeanneaud et Pierre Lanfranchi

Jeudi 28 Janvier 2016



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