Petroplus fait les frais de la crise


Le premier raffineur indépendant en Europe, Petroplus, qui s'est vu retirer un crédit jugé "indispensable" au bon fonctionnement de ses opérations, a indiqué le 27 décembre qu'il ne disposait que de quelques jours pour sécuriser le fonctionnement de ses cinq raffineries.


La raffinerie de Coryton en Grande-Bretagne © PORT OF LONDON AUTHORITY
La raffinerie de Coryton en Grande-Bretagne © PORT OF LONDON AUTHORITY
Petroplus, qui opère sur un marché sinistré en raison des importantes surcapacités existant en Europe, a annoncé qu'une ligne de crédit d'environ un milliard de dollars avait été gelée par ses banques. "Nous ne pouvons actuellement plus acheter de pétrole, alors que nous en achetons normalement 500.000 barils par jour", a averti le directeur financier du groupe, Joseph Watson. "Nous avons un sérieux problème". "Pour maintenir nos activités, nous avons besoin de toutes nos lignes de crédit, celles qui sont déjà contractées et celles qui vont l'être", a-t-il poursuivi. Le groupe dispose encore d'une ligne de crédit de 1,1 milliard de dollar, mais a besoin du milliard restant pour mener à bien ses activités.
"L'annonce est un sérieux problème", estime l'analyste de la banque Vontobel, Andreas Escher, en recommandant aux investisseurs de rester à l'écart du titre "jusqu'à ce qu'un financement durable puisse être restauré". Faute de trouver une solution, "il va y avoir un impact sur nous assez rapidement", a indiqué pour sa part le responsable des relations aux investisseurs de Petroplus, Fredrik Olsson. "Si nous n'avons que la moitié de la ligne de crédit de disponible, il y aura un impact direct sur nous", a-t-il insisté, précisant que le problème devait "être résolu dans les prochains jours" et non dans les prochaines semaines.
Pour y parvenir, le groupe entend poursuivre les négociations avec les banques, soulignant que "toutes les options" étaient étudiées. Il devra toutefois convaincre les banques, devenues frileuses en raison de la crise de la zone euro. Petroplus ne donne pas les raisons qui ont poussé les établissements bancaires à geler une partie de la ligne de crédit qui lui était habituellement accordée. "Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons divulguer", a déclaré M. Olsson, relevant toutefois les difficultés que connaît le secteur bancaire en Europe actuellement et la volonté des banques de réduire les risques. "Nous avons discuté avec les banques pour leur fournir l'occasion de réduire leur risque. Mais pour ce faire nous avions demandé du temps. Mais, malheureusement, elles n'ont pas été d'accord sur ce point", a-t-il ajouté.

Cinq raffineries en Europe

L'annonce n'est pas de bon augure pour les 2.500 collaborateurs du groupe qui dispose de cinq raffineries en Europe : Petit-Couronne près de Rouen, ainsi que Coryton (Grande-Bretagne), Anvers (Belgique), Ingolstadt (Allemagne) et Cressier (Suisse). Ces cinq usines ont une capacité cumulée de traitement de 667.000 barils de brut par jour. À Petit-Couronne, en Seine-Maritime, 120 des 550 emplois sont déjà menacés. Le groupe avait justifié ses intentions fin octobre par "les lourdes pertes d'exploitation subies par ce site depuis 2009". "Pas de crédit, pas de brut, pas de brut, pas de production et c'est la mort", s'est inquiété Nicolas Vincent, délégué CGT à Petit-Couronne. "Il faut arriver à dégager très rapidement une solution car nous ne disposons que de quelques jours de stocks", a ajouté Laurent Patinier, délégué central CFDT.
Petroplus, qui s'était développé ces dernières années en reprenant les installations de "majors" pétrolières, comme Shell ou BP, a notamment fermé fin juin son site de Reichstett, dans le Bas-Rhin. Revenant sur la situation du raffinage européen, M. Olsson l'a jugée "très difficile" alors que "la demande a été mise sous pression en raison des difficultés financières du continent tandis que le nombre de raffineries est resté le même". "Donc il s'agit d'un contexte très difficile pour les marges", a-t-il fait valoir.

Agnès Pedrero

Mercredi 28 Décembre 2011





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