Technip tiré par la division sous-marine


Le groupe français d'ingénierie pétrolière Technip a enregistré un bénéfice net en forte progression au premier trimestre, tiré par la performance de ses activités sous-marines, et a globalement confirmé ses objectifs pour l'année.


Technip a embauché au premier trimestre © Technip
Technip a embauché au premier trimestre © Technip
Pour le premier trimestre, Technip a publié jeudi 23 avril un bénéfice net qui grimpe, tiré par l'activité sous-marine. Le groupe français estime toutefois que le ralentissement observé dans le secteur des services para-pétroliers depuis la chute des prix du brut, à la mi-2014, "va perdurer et rester significatif". Sur les trois premiers mois de 2015, le groupe a dégagé un résultat net en hausse de 28,1 % à 86,1 millions d'euros, contre 67,2 millions un an plus tôt. Ce niveau est inférieur aux attentes des analystes, dont la médiane des prévisions était de 111 millions. Le résultat opérationnel courant, ajusté pour tenir compte du changement des normes comptables intervenu l'an dernier, s'est établi à 171,7 millions d'euros contre 119,8 millions, soit une croissance de 43,3 %. Le chiffre d'affaires du groupe para-pétrolier a, lui, augmenté de 8,9 % à 2,62 milliards en données publiées et de 16,8 %, à 2,88 milliards, en données ajustées.

"Un carnet de commandes de 21 milliards d'euros"


La croissance de Technip a été portée par sa division sous-marine ("subsea"), qui a enregistré une "forte croissance" (28 %) du chiffre d'affaires ajusté, une "nette amélioration" de sa marge opérationnelle et une prise de commandes "solide" grâce à "une demande soutenue pour le développement des champs pré-salifères au Brésil" (situés sous une épaisse couche de sel). En revanche, la performance de la division "onshore/offshore", dédiée aux installations terrestres et marines, "n'a pas été satisfaisante", a estimé Thierry Pilenko, président-directeur général du groupe, avec une chute de 73 % du résultat opérationnel et une prise de commandes "plus faible" en matière d'attribution de grands contrats, a-t-il ajouté. Les clients "sont parfois lents à gérer les changements (contractuels), qui sont normaux sur des projets complexes", a aussi expliqué Julian Waldron, le directeur financier du groupe.
Pour l'ensemble de l'année 2015, le groupe a confirmé s'attendre à un chiffre d'affaires ajusté des activités sous-marines "entre 5,2 et 5,5 milliards d'euros", contre 4,88 milliards en 2014, et estimé que le résultat opérationnel courant ajusté devrait se situer "vers le haut de la fourchette indiquée de 810 à 840 millions d'euros", soit "à environ 840 millions d'euros". À l'inverse, pour l'onshore/offshore, Technip table toujours sur un chiffre d'affaires d'environ 6 milliards d'euros, contre 5,84 milliards, mais le résultat opérationnel courant ajusté devrait s'établir "autour du bas de la fourchette indiquée de 250 à 290 millions d'euros", "à environ 250 millions d'euros".
"Nous continuons de penser que le ralentissement va perdurer et rester significatif", avertit Thierry Pilenko, soulignant que "la forte baisse des prix du pétrole a eu un impact significatif sur le comportement de nos clients", qui tendent à reporter les nouveaux projets et exercent une pression "exacerbée" sur leurs fournisseurs. Dans ce contexte, Technip, qui fournit notamment des géants pétroliers comme Total, BP ou Shell, s'estime toutefois bien placé pour aider les compagnies à "réduire leurs coûts d'investissement", notamment grâce à l'alliance conclue le mois dernier avec l'américain FMC Technologies.

Pas de réduction d'effectifs

"Face à l'allongement des prises de décision des clients, Technip est très actif, en s'impliquant très en amont des projets", salue un analyste parisien. Dans l'environnement actuel, Technip nous paraît être une des sociétés du secteur des services pétroliers européens les mieux positionnées pour résister aux conséquences des faibles prix des hydrocarbures", ajoute-t-il. Après avoir réduit ses coûts commerciaux, administratifs et généraux de 69 millions d'euros, Technip les a de nouveau réduits de 11 millions d'euros au premier trimestre, a précisé Julian Waldron.
Contrairement à de nombreuses autres sociétés parapétrolières, Technip n'envisage toutefois pas de réduire ses effectifs. "Nous avons un carnet de commandes de 21 milliards d'euros. Notre première priorité est d'honorer ce carnet de commandes et, pour cela, nous avons besoin de garder nos talents, nos compétences dans le groupe", a expliqué Julian Waldron. Technip a même embauché au premier trimestre "pour être certains que nous pourrons réaliser ce carnet de commandes", a-t-il ajouté. Le para-pétrolier franco-américain Schlumberger a annoncé la suppression de 20.000 postes, soit 15 % de ses effectifs, tandis que ses deux principaux concurrents, Halliburton et Baker Hughes, dont la fusion vient d'être approuvée par leurs actionnaires, ont eux aussi annoncé des milliers de suppressions d'emplois. Après avoir perdu jusqu'à 3,3 % jeudi 23 avril suite à cette publication, l'action Technip s'est redressée dans l'après-midi pour clôturer en hausse de 0,95 % à 64,60 euros, dans un marché en baisse de 0,62 %.

Amélie Baubeau

Vendredi 24 Avril 2015



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