Ufip : l’obligation de pavillon passe mal


Le texte de loi adopté par le Parlement, les armements maritimes et l'industrie pétrolière négocient désormais les modalités d'application de l'obligation de pavillon. Enjeu structurel pour les ports et leurs trafics d'hydrocarbures, l'Ufip prévoit de nouvelles restructurations dans le raffinage sur le territoire national.


Francis Duseux, président de l'Ufip © Ufip
Francis Duseux, président de l'Ufip © Ufip
Malgré l'opposition renouvelée le 10 mars par l'Ufip, la réforme de la loi du 31 décembre 1992 sur les approvisionnements stratégiques est en marche. Adopté par l'Assemblée nationale et le Sénat, l'article 16 bis du projet de loi sur la transition énergétique prévoit que tous les acteurs économiques mettant des produits pétroliers à la consommation devront justifier d'un recours à une capacité de transport maritime sous pavillon français. Si l'extension à tous les produits pétroliers "évite de pénaliser le seul raffinage national", salue Isabelle Muller, la déléguée générale de l'Ufip souligne que cette mesure est "sans équivalent dans les autres États membres". Arguant que le pavillon maritime français serait moins compétitif en Europe, son obligation "représentera un surcoût pour l'industrie pétrolière française", estimé à un million d'euros par an et par navire. Loin de partager le risque évoqué sur les approvisionnements énergétiques nationaux au regard de l'offre de transport maritime actuelle, Isabelle Muller s'interroge dès lors sur une autre dimension de la mesure visant "à soutenir financièrement la filière maritime sous pavillon français". Arbitrées par les pouvoirs publics, les négociations sur ce point entre Armateurs de France et les représentants du secteur pétrolier se déroulent désormais autour des modalités d'application du fameux article 16 bis. "Lesquelles ne sont pas tranchées", confie la déléguée générale.

Surcapacité dans le raffinage

Observée dans la majorité des ports depuis le milieu des années 2000, la baisse de la demande française en produits pétroliers se confirme dans le même temps. À hauteur de 74 millions de tonnes, elle a une nouvelle fois reculé de 2,2 % l'an passé. Commune à toute l'Europe, "cette tendance impose la poursuite des ajustements dans le raffinage", déclare Francis Duseux. Selon le nouveau président de l'Ufip, le taux d'utilisation des raffineries en France comme en Europe ne s'élèverait qu'à 79 %. Dans ce contexte, le site de Lyondelbasell "ne rouvrira pas". Relayant les propos du groupe Total sur une perte de 200 millions d'euros dans le raffinage français dont 150 millions sur sa seule unité phocéenne, Francis Duseux anticipe de nouvelles fermetures à court ou moyen terme sur le territoire national qui compte aujourd'hui neuf raffineries, Lyondelbasell incluse...

"Les capacités de raffinage s'ajustent à la baisse de la demande en France et en Europe"


Cette perspective concerne directement les Grands Ports maritimes français et va bien au-delà de leurs projets stratégiques 2014-2018 qui prévoient déjà une baisse ou, au mieux, une stabilisation de leurs trafics d'hydrocarbures. Ce mouvement structurel est d'ailleurs indirectement soutenu par le projet de loi de transition énergétique qui fixe à 30 %, l'objectif de réduction de la consommation des énergies fossiles d'ici 2030.

Refonte logistique

Dans une approche plus globale, toute la supply chain nationale des produits pétroliers est confrontée aux enjeux de restructuration de la filière, depuis les ports jusqu'aux stations-service en passant par les dépôts terrestres. Le nombre de ces derniers est passé sous la barre des 200 en France supposant une refonte des schémas de transport. En parallèle, le parc de distribution français dédié aux carburants routiers a encore perdu 120 stations-service en 2014 sur fond de stabilité de la consommation (+ 0,3 %). Si la grande distribution avec une part de marché de 61 % maintient encore quelques ouvertures, ce parc s'élève désormais à 11.356 stations-service.

Érick Demangeon

Mercredi 11 Mars 2015



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