Un "objectif" : le maintien des activités d'Alstom à Belfort



Alstom a annoncé mercredi 7 septembre l'arrêt de la production de locomotives à Belfort © LGE
Alstom a annoncé mercredi 7 septembre l'arrêt de la production de locomotives à Belfort © LGE
François Hollande a fixé lundi 12 septembre comme "objectif" le maintien des activités ferroviaires d'Alstom à Belfort, lors d'une réunion de crise à l'Élysée sur l'avenir du groupe, a déclaré le ministre de l'Économie, Michel Sapin, à l'issue de cette réunion. "C'est à cet objectif-là que nous allons travailler avec les élus, les organisations syndicales, la direction d'Alstom et l'ensemble de ceux qui, en capacité de passer un certain nombre de commandes en France, peuvent permettre d'assurer le plan de charge qui permettra de sauver les activités ferroviaires d'Alstom à Belfort", a-t-il enchaîné. Toujours selon le ministre de l'Économie, ce "début de semaine sera décisif en termes de rencontres, de concertations, de décisions pour l'avenir du site de Belfort d'Alstom". "Un objectif et un seul", selon lui : "redonner de l'espoir aux salariés mais pas d'espoir pour l'espoir, pour la réalité des choses, du travail pour ceux qui aujourd'hui sont inquiets pour leur avenir". Lors de cette brève déclaration, Michel Sapin a de nouveau condamné la façon "inadmissible" avec laquelle la direction d'Alstom a annoncé la fermeture de son site de Belfort, berceau historique du groupe. Autour de la table pour cette réunion d'une heure environ, outre le chef de l'État qui la présidait, étaient présents le Premier ministre, Manuel Valls, Michel Sapin, le secrétaire d'État à l'Industrie, Christophe Sirugue, et le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies. Le commissaire aux participations de l'État, Martin Vial, y participait également, l'État étant un actionnaire minoritaire d'Alstom. "Nous n'allons pas nous contenter de faire une analyse du caractère brutal de la décision mais nous pencher sur tous les aspects du dossier", avait prévenu Michel Sapin quelques minutes avant le début de la réunion. Le chef du gouvernement, Manuel Valls, avait déjà dénoncé dimanche 11 septembre la méthode "inacceptable" employée par le groupe, assurant que le gouvernement pouvait "encore sauver Alstom, à condition que les dirigeants de l'entreprise jouent pleinement leur rôle".

Des élus locaux très remontés

L’annonce de l’arrêt de la production d’Alstom Transport à Belfort a créé un choc dans la ville, berceau du groupe. Si les salariés et les syndicats ne se montrent pas excessivement surpris, les réactions les plus indignées viennent des élus locaux. Ils estiment s’être fait berner par les propos jadis rassurants du groupe quant à l’avenir du site.
"Consterné", le député-maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, dénonce une "décision qui n’est pas conforme aux promesses faites", lui qui avait entendu un discours bien différent de la direction d’Alstom Transport lorsqu’il l’avait rencontrée l’an dernier.
L’ancien maire et ministre Jean-Pierre Chevènement, fondateur du MRC (Mouvement républicain et citoyen), parle d’une décision "scandaleuse", expression d’un "mépris inadmissible pour le tissu industriel française", dont il exige la remise en question. "On ne peut pas laisser disparaître comme ça une usine créée au lendemain de la guerre de 1870, qui fabrique les locomotives dont nous avons besoin et dont nous continuerons à avoir besoin dans le futur", déclare-t-il au quotidien régional "L’Est républicain".
Député UDI du Territoire de Belfort, Michel Zumkeller décrit un "véritable mensonge" au sujet des engagements du gouvernement et d’Alstom de "faire du site de Belfort une véritable réussite".
L’affaire prend aussi une tournure plus politique. Le sénateur belfortain Cédric Perrin (LR) dénonce la "passivité du gouvernement" alors que l’État est actionnaire d’Alstom. Plusieurs élus de droite taclent Emmanuel Macron, qui avait proclamé son engagement en faveur du site lors d’une visite médiatique l’an dernier, suite à la cession de la branche énergie à General Electric.

Mathieu Noyer

Lundi 12 Septembre 2016



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