Vallourec mise sur le gaz de schiste aux États-Unis


Le fabricant de tubes sans soudure Vallourec mise sur l'essor du gaz de schiste aux États-Unis pour y doubler ses ventes et faire oublier au plus vite les dépassements de budget de la construction de sa nouvelle usine de Youngstown.


© Vallourec
© Vallourec
Vallourec a inauguré mercredi 12 juin une nouvelle usine à Youngstown, en Ohio. "Avec cette usine, nous doublons pratiquement notre capacité de production en la faisant passer de 400.000 à 750.000 tonnes et notre ambition est d'en faire autant avec nos ventes au fil du temps", a affirmé le président du directoire de Vallourec, Philippe Crouzet. "Cette inauguration est une étape majeure pour nous, compte tenu de la dimension du marché américain du pétrole et du gaz et compte tenu des bouleversements qu'il vient de connaître avec l'explosion des hydrocarbures non conventionnels", a-t-il indiqué.

Une usine d'un milliard de dollars

Le fabricant français, dont les capacités étaient "saturées" aux États-Unis, mise sur l'usine de Youngstown pour "bénéficier d'une dynamique favorable aux États-Unis, premier marché mondial du pétrole et du gaz", où il réalise 29 % de son chiffre d'affaires, a-t-il déclaré à l'occasion de l'inauguration. L'usine fabriquera des tubes en acier d'un diamètre réduit, tout particulièrement adaptés aux forages horizontaux. Ces forages, couplés à la technique controversée de la fracturation hydraulique, permettent d'extraire le gaz de schiste du sous-sol. Elle est de plus située à proximité d'importants gisements de gaz de schiste. Le patron de Vallourec prévoit que la nouvelle usine, construite aux côtés d'une autre plus ancienne, "monte en régime très rapidement. Le marché est là et il est très actif. Il y a un besoin", s'est-il félicité. Le groupe français compte sur l'essor du marché des hydrocarbures non conventionnels aux États-Unis pour faire oublier au plus vite le coût de cette usine qui s'est élevé à 1 milliard de dollars, contre 650 millions prévus dans le projet initial lancé en 2010, un an après l'arrivée de Philippe Crouzet à la tête du groupe.
"Le contexte était particulier à l'époque. Le marché américain venait de s'écrouler brutalement, mais nous avions la conviction que ce marché allait exploser", a-t-il expliqué, admettant que le premier budget était "assez grossier". Du coup, Vallourec, qui n'avait pas construit d'usine depuis les années 70, s'est retrouvé avec deux projets coûteux sur les bras : le premier au Brésil où il a inauguré l'an dernier une nouvelle usine à proximité de Belo Horizonte après y avoir investi 1,5 milliard de dollars et celui de Youngstown. Le président du directoire a admis que la construction de ces deux sites et les dépassements de budget ont été "lourds" pour Vallourec. "Nous avons connu deux exercices qui ont supporté des frais particulièrement lourds. Cette année, ces frais vont être beaucoup moins importants que l'an dernier et ils vont complètement disparaître l'année prochaine", a-t-il affirmé, convaincu que "tout ça est effectivement assez largement derrière nous". Philippe Crouzet espère désormais que les deux usines permettront au groupe de faire passer son chiffre d'affaires sur l'ensemble du continent américain de 50 à 60 % du total.
Le site de Youngstown, situé à proximité de Pittsburgh, la capitale de l'acier américain, dans une région qui a vu son industrie décliner, a fait la Une de l'actualité américaine il y a deux ans quand le président Barack Obama s'y est rendu pour la donner comme exemple de la réindustrialisation du pays. "Cette usine est la preuve que les emplois peuvent revenir dans cette région où les usines ont disparu du jour au lendemain", s'est félicité le maire de Youngstown, Chuck Sammarone, lors de l'inauguration. "Si l'on travaille en équipe, on peut les faire revenir", a-t-il ajouté. Aux États-Unis, Vallourec emploie 2.900 personnes sur 22 sites industriels. La nouvelle usine de Youngstown disposera d'une aciérie et de deux laminoirs.

Antonio Rodriguez

Mercredi 19 Juin 2013



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