Écotaxe : les transporteurs posent leurs conditions



Écotaxe : les transporteurs posent leurs conditions
Les principales fédérations de transporteurs routiers ont fait part mercredi 30 octobre de leurs revendications pour accepter le maintien de l'Écotaxe, suspendue par le gouvernement pour laisser plus de temps à la concertation avant sa mise en œuvre. "Les solutions retenues devront être justes. Elles devront tenir compte des entreprises du transport routier, dont l'activité doit s'inscrire dans un cadre de concurrence loyale", ont insisté les représentants des transporteurs. La Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR), l'Union des entreprises de transport et de logistique (TLF), l'Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles (Unostra) et la Chambre syndicale du déménagement (CSD) se sont accordées sur leurs revendications, en vue des négociations à venir avec le ministère des Transports. Dans la version négociée jusqu'alors, l'Écotaxe devait s'appliquer à tous les véhicules de plus de 3,5 tonnes circulant sur les 15.000 km du réseau routier non concédé. Les transporteurs soumis à cette taxe devaient obtenir des compensations grâce à la majoration mandataire de leurs prix, votée à l'Assemblée.
Concrètement, les transporteurs demandent que la loi de majoration soit préservée pour accepter le maintien du dispositif. À l'heure où une exonération du transport de produits agricoles et agroalimentaires est envisagée, après les manifestations contre la taxe en Bretagne, les professionnels veulent également garantir "l'égalité de traitement entre compte propre et compte d'autrui" dans ce domaine. "Nous voulons maintenir l'égalité de traitement entre les entreprises agricoles et agroalimentaires qui ont leur propre flotte et qui transportent leur propre production, et les entreprises de transport routier qui agissent pour le compte d'un client", a expliqué Nicolas Paulissen, le délégué général de la FNTR. Les transporteurs réclament également la mise en œuvre d'un "plan d'urgence" en faveur de leur secteur. "Qu'il y ait à terme Écotaxe ou pas, les incertitudes et les vicissitudes du dossier pèsent lourdement sur la vie des entreprises et pénalisent gravement leur économie". Si ces trois revendications ne sont pas satisfaites, les transporteurs affirment qu'ils militeront pour une suppression pure et simple de l'Écotaxe.

Alsace : l'Écotaxe méritait d'être portée jusqu'au bout

Le président du Conseil régional d'Alsace, Philippe Richert, a estimé mardi que l'Écotaxe aurait due être portée jusqu'au bout. Le président de la région Alsace s'est dit "perplexe" face à l'annonce du gouvernement. "Ce n'est pas une question d'être de droite ou de gauche mais d'œuvrer pour l'intérêt général des citoyens", a lancé le sénateur du Bas-Rhin. Philippe Richert a accusé le gouvernement d'avoir fait "marche arrière" sur un projet qui "faisait désormais consensus et recueillait l'unanimité des parlementaires". L'ancien ministre des Collectivité territoriales du gouvernement Fillon a rappelé que l'idée d'une taxe poids lourds était partie d'Alsace et que ce projet devait répondre à la taxe poids lourds instaurée en Allemagne qui avait provoqué un report massif du flux de camions sur les axes alsaciens.
La Fédération nationale des travaux publics (FNTP) appelle le gouvernement à rechercher des solutions de substitution. "Il ne faut pas s'y tromper, on est en train d'hypothéquer gravement le financement des infrastructures dans notre pays , déplore le président de cette fédération, Bruno Cavagné. Il demande à "être reçu sans délai par Frédéric Cuvillier et Pierre Moscovici pour rechercher des solutions" et prévient que sans compensation, cette suspension aurait pour conséquence "la dégradation de la qualité des réseaux d'infrastructures et mettrait un peu plus en danger le secteur des travaux publics". Le secteur affiche déjà une baisse de son activité de 3,4 % depuis le début de l'année et a vu la destruction de 6.200 emplois ouvriers permanents, selon la FNTP. "L'Écotaxe devait représenter en 2014, 20 % des ressources de l'Afitf (Agence de financement des infrastructures de transports de France). Ainsi, son report sine die remet directement en cause 500 millions d'euros de travaux prévus l'année prochaine dans le domaine des infrastructures", souligne Bruno Cavagné.

AFP

Mercredi 30 Octobre 2013



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