La mairie de Nice veut restructurer le port de commerce


La municipalité niçoise a présenté un projet de reconversion du port, qui suscite l'adhésion des riverains. La taxe sur les cars ferries qui l'accompagne pourrait faire perdre à Nice le trafic vers la Corse et, au-delà, sa vocation de port de commerce.


"C’est un port qui doit continuer à jouer un rôle économique mais la façon dont il a végété ces dernières années ne correspond pas à ce que nous en attendons. Nous lançons une étude pour savoir s’il doit garder sa dimension marchande, ou s’il doit se tourner vers du yachting, de la plaisance ou de la pêche". En dévoilant ses propositions de réaménagement du port, Christian Estrosi, président de la Métropole Nice-Côte d'Azur, propriétaire depuis 2017 d’une infrastructure gérée par la Chambre de commerce et d'industrie locale, a jeté un pavé dans la mare.

Le maire de Nice observe que l’organisation du port est désuète et que les professionnels s’inquiètent de l’état des équipements. Mais cela confirme sa volonté de faire lentement évoluer le port industriel vers une infrastructure consacrée au tourisme.

Pollution et congestion routière

Le projet consiste à réorganiser les activités en faveur du grand yachting, de la plaisance, de la pêche et des petites unités de croisières, de moins de 140 mètres de long. Parmi les aménagements envisagés figurent le confortement de la digue du Port pour y aménager une grande promenade piétonne jusqu’au Phare de Nice. Christian Estrosi propose la création d’un véritable Yacht Club avec une piscine de 50 mètres et une criée pour la pêche professionnelle – il ne reste que deux pêcheurs professionnels à Nice.

"On aurait pu demander aux compagnies maritimes d'en faire plus"


Dans le collimateur du maire l’activité ferries, coupable de polluer et de saturer la circulation automobile autour de ce port urbain. L'édile précise que les 180 escales annuelles de ferries, génèrent le passage de 150.000 véhicules, dont 40 % seulement proviennent du département et que cela se traduit par l'émission de 2 tonnes de dioxyde de carbone par escale alors que les navires de croisière émettent 2,5 tonnes de CO2 par heure. L’activité des ferries serait transférée sur le quai du Commerce, où sont traités les navires cimentiers.

Corsica Ferries circonspect

La majorité municipale souhaite imposer pour le trafic avec la Corse une taxe carbone de 60 euros sur chaque véhicule et exiger "zéro émission de soufre" sous trois ans tout le long du littoral jusqu’à 3.000 mètres des côtes pour les ferries et les paquebots.
Pierre Matteï, le PDG de Corsica Ferries, reconnaît que cette taxe remet en cause le maintien de l’escale niçoise. Nicolas Plumion, pilote du port et président de l’Union Maritime 06, confirme que personne n’acceptera de payer 60 euros de plus que dans un autre port. "On aurait pu demander aux compagnies maritimes d'en faire plus", avoue-t-il.

Le débat est ouvert mais c’est l’avenir du port de commerce qui se joue sans solution de remplacement sur un autre site. La CCI n’a pas encore réagi. Et les riverains, également électeurs, vont peut-être mettre un terme aux activités commerciales du port de Nice.

Michel Bovas

Mardi 12 Octobre 2021



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