Les entreprises du TRM moins pénalisées par le second confinement


Les entreprises françaises de transport routier de marchandises ont, certes, souffert de la crise sanitaire, mais elles seraient moins affectées par le reconfinement qu'au printemps.


© Allili SIPA
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Dans le transport routier de marchandises (TRM), 49 % des entreprises françaises ont vu leur activité baisser lors du reconfinement. Il s'avère que les acteurs du secteur sont moins touchés qu'au printemps, selon un baromètre de la Fédération nationale du transport routier (FNTR), publié à l'issue d'un sondage réalisé entre le 16 et le 23 novembre.
Seulement 17 % des entreprises ont subi un arrêt partiel de leur activité. Les autres peuvent cependant constater des pertes d’activité. À ce stade, aucune entreprise n’est à l’arrêt total. À titre comparatif, début juin 2020, 33 % des sociétés du TRM étaient en arrêt partiel, selon la fédération.

"La moitié des entrepreneurs constatent une baisse de leur activité"


"Après trois semaines de reconfinement, les entreprises du TRM abordent mieux la situation que lors du premier confinement", témoigne la FNTR, qui a sondé 825 sociétés. La moitié (49 %) des entrepreneurs ayant répondu au sondage constatent une baisse de leur activité, celle-ci étant estimée en moyenne à 17 %. Et 5 % d'entre eux disent travailler davantage.
"Bien que les chefs d'entreprises n'envisagent pas de licenciements, il ne devrait y avoir que très peu de recrutements dans les mois à venir", avance aussi l'étude.
Les problématiques les plus fréquentes chez les entreprises du secteur pendant ce reconfinement restent la restauration des conducteurs (42 %), une pression importante sur les prix (36 %) et des difficultés de paiement de la part des clients (27 %), selon la FNTR.

Un effet de dumping sur les prix redouté

"Les transporteurs craignent un effet de dumping sur les prix, ce qui serait mortifère pour l'ensemble de la profession", relève-t-elle.
Conséquence de la pandémie, 34 % des transporteurs ont des problèmes de cas contact ou d'absentéisme. Et 15 % doivent faire appel aux heures supplémentaires. Plus d'un tiers des entreprises sont confrontées à des parcours à vide supplémentaires à cause de la crise sanitaire.
Depuis le début de l'épidémie, les trois secteurs les plus fortement touchés sont le transport de matières dangereuses, le transport conteneurisé et le transport de véhicules, constate la fédération patronale.
Il s'avère que les sociétés qui transportent des produits alimentaires, des colis, des matériaux de travaux publics, des déchets et du bois sont relativement moins touchées.
Selon le syndicat patronal, au niveau régional, la situation est également très hétérogène. Dans les Pays-de-la-Loire, 60 % des chefs d’entreprises enregistrent une stabilité de leur activité. Ce qui n'est pas le cas en Provence-Alpes-Côte d’Azur, où 64 % dirigeants constatent une baisse de l’activité. Les entreprises qui sont implantées sur tout le territoire français enregistrent une baisse plus importante de leur chiffre d’affaires que celles qui ne sont implantées que dans une région.
Le moral des chefs d’entreprises est très disparate d'un territoire à l'autre. Les transporteurs de Normandie, d’Occitanie et de Bretagne sont les plus confiants pour les trois prochains mois.
En ce qui concerne l’emploi, 3 % de conducteurs sont en chômage partiel, rapporte l'étude. Pour les trois mois à venir, trois dirigeants sur quatre envisagent une stabilité des effectifs (74 %), 19 % une réduction et 7 % une progression.

Les véhicules coûtent 6,8 % de plus

Développement des temps d’attente, désorganisation des plans de transport, détérioration du taux de parcours en charge, aggravation des délais de paiement, achats de masques et de gel...
De son côté, le Comité national routier (CNR), dans sa dernière étude portant sur l'impact du coronavirus en 2020, énumère un certain nombre de postes de surcoûts pour les transporteurs routiers pour l'année en cours.
Malgré une baisse du prix du gazole de 19,6 % en septembre 2020 par rapport à décembre 2019, la crise sanitaire a augmenté le coût d'exploitation des camions de 6,8 %, précise le Comité.
Les auteurs du document ont constaté pendant l'année une hausse de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) de 2 centimes d'euros par litre (+ 1,9 %), faisant passer celle-ci de 43,19 centimes par litre à 45,19 centimes par litre.
En marge du coût des mesures sanitaires, le CNR observe une hausse du coût du personnel de conduite de 1 %. Cette revalorisation au 1er novembre a entraîné pour l'entreprise une diminution des allègements "Fillon" (la réduction générale des cotisations patronales).
Autre surcoût généré par la Covid-19, une prime d'activité annuelle de 500 euros versée par conducteur.
En matière d'exploitation, le document chiffre à 6 % la hausse des parcours à vide pour l'année.
Pour 2021, le CNR prend à son compte des prévisions d'experts, estimant, malgré les incertitudes du moment, que le prix du baril devrait rester bas. L'étude ajoute que la TICPE devrait rester identique et que le prix des véhicules correspondant à la norme Euro 6 devrait augmenter de 1 %.
Le comité redoute le reconfinement du 30 octobre et n'est en outre pas rassuré par "l'éloignement des perspectives de croissance".

Vincent Calabrèse avec AFP

Mercredi 2 Décembre 2020



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